Le Pouvoir

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Le pouvoir est latent dans le corps, il peut en être extrait et être utilisé de différentes manières par des personnes expérimentées. Mais à moins d’être confiné dans un cercle, il se dissipera rapidement. D’où l’importance d’un cercle correctement construit.

Le pouvoir semble exsuder par la peau et, sans doute, par les orifices du corps, c’est pourquoi tu dois être bien préparé. La moindre saleté gâche tout, ce qui montre l’importance d’une propreté minutieuse. L’état d’esprit produit un très grand effet, ainsi œuvre uniquement dans un esprit de révérence.

Boire un peu de vin, à plusieurs reprises si nécessaire, au cours de la cérémonie aide à produire du pouvoir. D’autres boissons fortes ou des drogues peuvent être consommées, mais il est nécessaire de rester très modéré, car si tu as l’esprit confus, même légèrement, tu ne pourras pas contrôler le pouvoir que vous susciterez.

La manière la plus simple est de danser et de chanter des mélopées, tout d’abord lentement puis en accélérant le rythme graduellement jusqu’à l’étourdissement. Les appels peuvent ensuite être utilisés, ou même des cris sauvages et dépourvus de sens qui produisent du pouvoir. Mais cette méthode enflamme l’esprit et rend difficile le contrôle du pouvoir, même si le contrôle peut s’acquérir avec la pratique.

Le fouet est un bien meilleur moyen, car il stimule et excite à la fois le corps et l’âme, et on en garde quand même facilement le contrôle.

Le Grand Rite est de loin la meilleure méthode. Il libère un pouvoir énorme, mais les conditions et les circonstances font qu’il est difficile pour l’esprit de maintenir le contrôle dans un premier temps. C’est encore une question de pratique et de force naturelle de la volonté de l’opérateur, et à un degré moindre, de celles de ses assistantes. Si, comme jadis, de nombreuses assistantes formées étaient présentes et que leurs volontés à toutes étaient correctement harmonisées, des miracles se produiraient.

Les magiciens cérémoniels utilisaient principalement le sacrifice du sang ; et alors que nous tenons cela pour une chose mauvaise, nous ne pouvons nier que cette méthode est très efficace. Le pouvoir jaillit du sang fraîchement versé, au lieu d’exsuder lentement selon notre méthode. La terreur et l’angoisse de la victime en augmentent l’intensité, et même un petit animal peut tout à fait générer un immense pouvoir. La grande difficulté pour l’esprit humain est de contrôler le pouvoir de l’esprit inférieur de l’animal. Mais les magiciens cérémoniels prétendent qu’ils possèdent des méthodes pour y parvenir et que, plus l’animal utilisé est grand, plus la difficulté diminue, et lorsque la victime est humaine, elle disparaît complètement. (Cette pratique est une abomination, mais c’est ainsi.) Les prêtres le savent bien ; et avec leurs autodafés, avec la douleur et la terreur des victimes (les feux agissant sensiblement comme des cercles), ils obtenaient beaucoup de pouvoir.

Jadis, les Flagellants évoquaient certainement le pouvoir, mais comme ils n’étaient pas confinés dans un cercle, une grande partie était perdue. La quantité de pouvoir levée était si grande et continue que quiconque possédant les connaissances pouvait le diriger et l’utiliser ; et il est fort probable que les sacrifices classiques et païens étaient utilisés de la même manière. Il se murmure que lorsque la victime humaine se sacrifiait volontairement, avec son esprit tourné vers le Grand Œuvre, avec des assistantes hautement qualifiées, des miracles en résultaient, mais de cela, je ne peux en parler.