Sloe gin, une recette pour les libations

Sloe Gin, le « rescue remedy » de la sorcière

Le sloe gin est la version traditionnelle campagnarde du « rescue remedy », le remède des premiers secours (ndlt : du même nom que le fameux remède de secours des Fleurs de Bach) […] Il n’existe pas une unique recette de ce puissant élixir.

Les prunelles mûrissent en Octobre après la première gelée, mais ce processus peut être accéléré en plaçant les fruits au congélateur pendant quelques heures après leur cueillette.

Sloe Gin

  • 1 bouteille de gin
  • 170 grammes de prunelles sauvages
  • 115 grammes de sucre cristallisé

Videz la bouteille de gin dans un récipient et réservez. Piquez le pourtour des prunelles à l’aide d’une grosse aiguille à repriser et placez-les dans la bouteille. Recouvrez-les avec le sucre puis versez dessus le plus de gin possible. Rebouchez la bouteille, retournez-la pour dissoudre le sucre puis laissez reposer. Répétez l’action tous les jours pendant deux mois ; puis laissez le contenu reposer pendant trois jours et décanter dans une autre bouteille.

Le sloe gin est la boisson idéale du toast que porte la sorcière pendant la fête du Solstice d’Hiver. Et si nous sommes dehors dans les bois, dans les profondeurs de l’hiver, une petite flasque de ce breuvage qui réchauffe est la parfaite libation.

Extrait du livre Traditional Witchcraft for the Woods and Forests, A Witch’s Guide to the Woodland with Guided Meditations and Pathworking par Mélusine Draco. Traduit et adapté par Lune.

Rituels de passage à l’âge adulte pour les garçons et les filles

Rite de passage. Passage à l’âge adulte pour les garçons et le filles.

Passage à l’âge adulte : âge 13 ans –> âge 20 ans

A 13 ans, on devra expliquer à l’enfant qu’il commence un voyage de 7 années vers le plein âge adulte. Ceci est le point de départ et ses 20 ans seront le point final. A 16 ans, il y aura une pause dans ce voyage, pour prendre le pouls, repenser les choses, etc.

On expliquera à l’enfant que chaque année, à partir de maintenant jusqu’à ses 17 ans, lors de son anniversaire, lui seront accordés de nouveaux privilèges et responsabilités. Chaque privilège et chaque responsabilité l’entraîneront à devenir adulte et le définiront comme adulte. A 18 ans, il sera un adulte selon la loi – toutes responsabilités, tous privilèges seront siens. Mais, ce ne sera pas avant l’anniversaire de ses 20 ans qu’aura lieu un rituel pour officialiser la fin de ce voyage.

  • Rituel à 13 ans :

Il s’agit d’un rituel où-l’on-passe-la-nuit-tout-seul. Un adulte restera à proximité, mais sinon l’enfant restera seul toute la nuit, soit pour camper en pleine nature ou rester seul à la maison. (Si nécessaire, vous pouvez lui installer une tente dans le jardin pour la nuit ou dans une chambre chez quelqu’un d’autre).

Dites à l’enfant, quelques semaines à l’avance, qu’il passera leur nuit seul à confectionner une boîte à cadeau (une capsule temporelle) pour ses 20 ans. Encouragez-le à choisir un thème pour cette capsule historique, un objectif.

La nuit de ses 13 ans, demandez-lui de rassembler ses idées et de prendre avec lui tous les objets qu’il souhaite mettre dans la boîte, ainsi que la boîte elle-même bien sûr. Donnez-lui de quoi décorer la boîte. Il devra également écrire durant cette soirée une liste de questions à mettre dans sa boîte pour son « lui » plus vieux. Dites-lui qu’il devra chercher également un guide spirituel/totem/ange gardien, peu importe ; une force, un esprit ou une déité pour l’aider au cours du voyage de 7 années vers l’âge adulte. Vous devriez accomplir un court rituel de renvoi avec la famille, les amis et le parrain et la marraine du gamin.

Vous devriez offrir à l’enfant les outils que ses parrain et marraine lui ont confectionné pour son baptême ; il peut les utiliser désormais et notamment lors du rituel de cette fameuse nuit. Demandez aux dieux de bénir l’enfant et de l’aider dans ses premiers pas de ce voyage de 7 années.

Ensuite, demandez à tous d’accompagner l’enfant avec son sac de couchage, panier de pique-nique, objets pour la boîte, etc. (pas de walkman, ni de jeux électroniques, rien de tout ça !). Dites bonne nuit et laissez l’enfant se retrouver ! Que quelqu’un reste à proximité, afin qu’en cas de problème l’enfant puisse appeler (ou peut-être un beeper?)

Au matin, allez récupérer le gamin. Célébrez au petit-déjeuner et donnez à l’enfant ses nouveaux privilèges et responsabilités. Puis rangez en lieu sûr la boîte à cadeaux (capsule temporelle) afin de le donner à l’enfant dans 7 ans.

Remarque spéciale : tout juste après ce rituel, vous devriez encourager votre enfant, si vous ne l’avez pas fait avant, à dresser son propre autel dans sa chambre (ou à le changer à présent qu’il possède de nouveaux outils et un nouveau gardien). Aidez-le à trouver d’autres outils pour compléter les deux autres et un symbole ou une image pour représenter son guide spirituel/divinité/totem récemment trouvé.

  • Rituel à l’âge de 16 ans :

Trouvez un adulte que l’enfant respecte, admire et aime ; son oncle ou sa tante favorite, un ami ou un professeur. Arrangez-vous pour que cet ami l’emmène avec lui et un groupe d’amis, pour un week-end de voile, de randonnée, d’équitation, de canoë-kayak ou juste pour passer du temps tranquillement quelque part au loin.

Cette retraite devra avoir un THÈME et un BUT. Le THÈME devra avoir du sens et une connexion avec tout ce qui est important dans la vie de l’enfant, tout ce qui provoque chez lui embarras ou confusion. Le BUT est de construire, faire, créer ou accomplir quelque chose (comme réaliser une couverture quiltée, modeler une statuette, ou quoi que ce soit d’autre). Dans cet esprit, demandez à l’ami d’emmener l’enfant et ses meilleurs amis pour un week-end de rituels, discussions et pour « se retrouver ».

Remarque spéciale : vous pourriez demander à l’enfant d’employer ce week-end à trouver un nouveau nom d’adulte pour lui-même et à son retour, il recevrait ce nom lors d’un rituel spécial – en conclusion du week-end entier.

  • Rituel à l’âge de 20 ans :

Invitez les amis et la famille, servez du champagne, FAITES LA FÊTE ! Disposez la boîte sur l’autel, donnez-la à l’adulte pour qu’il le ramène à la maison et ouvre son cadeau à lui-même, de félicitations pour son passage à l’âge adulte. Présentez-le à nouveau aux dieux ; il/elle se tient dans le rang des adultes à présent, pleinement, et complètement, et ce voyage vers la Maturité arrive à son terme. Un nouveau voyage commence tout juste. Levez un cône de pouvoir afin de lui souhaiter bonne chance pour le futur.

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Ce sont MES opinions concernant les rites de passage à l’âge adulte dans le contexte de notre époque moderne, avec nos lois modernes et notre connaissance moderne de la manière dont le corps et l’esprit se développent. Ce que je crois être l’élément le plus important dans la réussite de ces rituels : que les parents prennent au sérieux ce qu’ils signifient. Vous ne pouvez pas accomplir ces rituels et ensuite revenir en arrière en traitant votre gamin de la même manière dont vous le traitiez auparavant. C’est avant tout une question de privilèges/responsabilités annuels.

Les types de privilèges/responsabilités peuvent être : que votre enfant possède son propre téléphone (ou s’il partage une chambre avec un frère ou une sœur plus jeune, sa propre chambre. Son intimité et la vôtre font partie de ce que nous identifions avec l’âge adulte), ou donnez-lui son propre budget vêtement. Dites-lui de faire les magasins pour s’acheter ses vêtements à partir de maintenant. Vous pourriez lui dire que désormais, c’est sa responsabilité de faire sa lessive ou s’il est plus âgé, de payer ses propres factures (ce qui inclut la facture de téléphone). Et alors que vous lui donnez ces responsabilités et privilèges, traitez-le un peu différemment, davantage comme un adulte : le respecter, le considérer en égal, le consulter pour les affaires de la famille, etc., mais aussi lui demander d’agir en adulte.

Article extrait du site wiccan4life-deal.tripod.com et traduit par Lune.

La volonté des Dieux

La volonté des Dieux. Par Evan John Jones, traduction & adaptation Tof.

Note du traducteur : Evan John Jones était dans les années 60 un proche de Robert Cochrane et un membre du Clan de Tubal Cain, il est l’auteur de « Sacred Mask Sacred Dance » ; de « The Roebuck in the Thicket » (dont est tiré cet extrait) et de « Witchcraft : A Tradition Renewed » (avec Doreen Valiente) sur la tradition de Robert Cochrane.

Question : Quand une sorcière n’est-elle pas une sorcière ?

Réponse : Lorsqu’elle est païenne.

C’est probablement la première leçon que nous a enseignée Robert Cochrane lorsque nous avons rejoint son groupe. Pendant tout le temps où j’ai travaillé avec lui, il a fait du mieux qu’il a pu pour faire passer ce message, malheureusement avec bien peu de succès. Ce n’est pas qu’il se battait contre le paganisme, mais il le prenait pour ce qu’il était, quelque chose de différent de la wicca, même si dans le passé ils ont partagé des racines communes.

Quelle différence y a-t-il entre eux ? Selon la définition de Cochrane, le paganisme est une religion panthéiste où la nature est une réflexion dans la Main de Dieu, et où la nature de Dieu est totale et complète. Alors qu’avec la sorcellerie nous sommes en présence d’une science occulte avec ses propres tradition et philosophie. Malheureusement à ses degrés inférieurs la wicca peut et est souvent confondue avec le paganisme. A des degrés plus élevés il n’y a pas plus de trace de paganisme que de, par exemple, de Christianisme ou de Satanisme.

Si nous prenons les voyelles sacrées de la tradition alors elles deviennent l’Arbre sacré du Nord, qui est en lui-même lié aux mystères de la sorcellerie dans son opposition au paganisme. En prenant les choses un peu autrement, ceci nous amène vers une tradition magique commune basée sur un Dieu transcendant ; un Dieu qui n’est pas un Dieu du soleil ou des champs, mais un Dieu qui dépasse l’esprit transcendent de l’humanité, la déité inconnue. Pour les juifs c’était un blasphème d’écrire le nom sacré de Dieu et il en est de même pour les sorcières. Au lieu de cela elles lèveraient cinq doigts, que l’on traduit par le chant « Eeee… Aaaa… Iiii… Oooo …. Uuuu » .

Je suppose si on devait définir la vraie nature d’une sorcière, l’image la plus précise serait celle d’une personne qui pratique les mystères de la sorcellerie, mais l’on ne rencontre que très peu de groupes aujourd’hui ayant une tradition longue et ininterrompue. Ceci naturellement entraîne la question – Comment les sorcières s’appellent-elles elles-mêmes ? Ils s’appellent par le nom de leurs dieux. Comme Robert Cochrane, je me considère comme « membre du Peuple de Goda, le clan de Tubal Cain » puisque avec nous vit l’esprit des anciens…

Pour citer Cochrane : « En d’autres termes, il n’y a qu’une seule manière de trouver une sorcière, la juger par ses travaux et son silence – à moins qu’il n’y ait besoin de parler. Si quelqu’un prétend être une sorcière et peut accomplir des actes sorciers c.-à-d. évoquer l’esprit et avoir des présages ; pouvoir guérir et maudire, et surtout, décrire le labyrinthe, alors vous avez une sorcière. Maintenant comment est-ce que je me qualifie ? Je ne le fais pas, mais sorcière est un mot aussi bon qu’un autre. Fou pourrait être un nom encore meilleur, parce que je suis l’enfant de Tubal Cain, le chevelu »

Contrairement à Cochrane qui était « du sang », le chemin que j’ai suivi m’a été proposé et finalement je suis devenu l’héritier de cette tradition. Cette tradition, aussi loin qu’on puisse l’établir provient des régions de Straffordshire / Warwickshire où son arrière-grand-père était le Grand Maître des sorcières se réunissant dans le Straffordshire. D’après ce qu’on m’a dit, sa famille était sorcière au moins depuis le 17è siècle. La maison où est né son père est toujours à la frontière des deux régions, ce qui permet de passer d’une région à l’autre en évitant une arrestation.

Par aversion vis à vis de certains de leurs oncles et tantes, ses grands-parents ont décidé de renoncer aux anciens Dieux et à la sorcellerie et sont devenus Méthodistes. L’arrière-grand-père ayant appris cela les a maudits. Vraie ou non, une chose est certaine, la famille de Cochrane du côté de son père fut décimée aux cours des années. Le pire fut atteint au cours de la seconde guerre mondiale où le père de Cochrane a enterré la plupart de ses frères. Lorsque Cochrane est né, la première des choses que son père (un ancien sergent major) a dit fut : « argh ; le vieux bâtard est de retour » et il a rapidement fait promettre à son épouse de ne jamais dire à l’enfant la terrible vérité au sujet de son héritage spirituel.

Lorsque son père est mort, sa mère lui a parlé de cet héritage et l’a encouragé à rencontrer sa tante Lucy, que Cochrane décrit comme une « vielle femme terrible » et c’est elle qui lui a enseigné les cinq arts et la tradition. Elle lui a aussi parlé de la foi de la Sorcellerie Traditionnelle, qu’il faut avoir le sang sorcier pour être écouté des Dieux. Ce sang sorcier n’apparaît que toutes les deux ou trois générations et avec la même physionomie. En bref, en citant encore Cochrane : « Seules des sorcières peuvent engendrer des sorcières et ne pas posséder cet héritage est la pire des choses qui puisse arriver à une sorcière. C’est littéralement une lente torture. Personnellement, je préfèrerais faire n’importe quoi plutôt que de revire ces treize ans de sauvagerie. Mais seule une sorcière peut comprendre cela ».

Mais il est fort possible que la tante de Cochrane ait eu tort. Si elle avait raison, alors sa tradition serait morte avec Cochrane car il n’y avait pas d’autre membre de sa famille pour reprendre le flambeau. A cause de la tournure qu’ont prises les choses, certaines personnes ont refusé cela et ainsi, la tradition s’est transmise. Peut être pas par le droit du sang, mais il n’en reste pas moins que les rites de Tubal Cain continuent d’exister longtemps après la mort de Cochrane. Même maintenant où ils sont en train de passer dans d’autres mains qui, je l’espère, porteront la flamme pour 40 ans de plus. Et nous savons que, si Cochrane avait raison, un de ses descendants entendra l’appel et viendra réclamer ce qui, après tout, lui appartient de par sa seule naissance.

Puisqu’il s’agit de la tradition de Cochrane autant le citer directement : « Maître est le terme que nous utilisons, et nous l’utilisons souvent, je suis moi-même le maître d’un petit clan, le « Diable » en fait ». Un titre qui est toujours utilisé lors de certains rituels comme alternative à Maître. Si vous le rencontrez face à face, et que vous vous apprêtez à appréhender ce qu’il appelle de la « magie grise », vous en arrivez à l’impression qu’il était votre cheville ouvrière réelle Ceux d’entre nous qui étaient réellement proches de lui savaient que, même s’il était le « diable » d’un petit clan, derrière lui il y avait d’autres personnes plus importantes que lui et dont l’autorité était acceptée sans discutions et que cette autorité, une fois acceptée, était absolue quoi que nous fassions.

Cochrane acceptait aussi que les expressions de haut adepte ou adepte physique ne sont pas des termes que l’on associe facilement à une sorcière. « Maître » était l’ancien mot pour cette fonction particulière que chaque sorcière doit pouvoir remplir. Son emploi était de former, d’organiser, de dicter les lois du clan, et de rendre la justice selon les règles du clan lorsqu’on le lui demandait. Même aujourd’hui, ce n’est pas une tâche aisée puisque la fonction du Maître est de faire régner la discipline, de maudire aussi bien que d’élever. Une totale allégeance est due au Maître et à la Dame du clan, alors qu’ils doivent cette allégeance au Maître, ou plutôt à la loi qu’il représente. Les fonctions de la Dame et du Maître sont celles qu’elles ont toujours été: former les nouveaux membres à certains concepts, développer les pouvoirs cachés de chacun et leur apprendre à manipuler différentes allégories.

Cochrane pensait aussi que son groupe était, parmi les groupes sorciers modernes, le dernier à pratiquer de manière traditionnelle, nous défendons toujours les anciennes valeurs et nous espérons que les autres font de même. Finalement, et peut être est ce le plus important si l’on considère ce qu’il disait, Cochrane reconnaissait « une autre autorité dont le mandat était bien plus ancien que nous, et nous devons une totale allégeance à cette autorité dont la fonction est de nous former et de travailler avec nous. J’ai eu la chance d’être « du sang » c’est pourquoi j’ai leur écoute ». Et il en est toujours ainsi.

Lorsqu’on parle des principes de base de ses croyances et de son enseignement, tout d’abord nous voyons la Déesse sous ses trois aspects de Déesse Mère, de Vierge et de Mère et la Femme Sage compatissante qui existent indépendamment de l’inconscient personnel Là où nous sommes différents des autres c’est dans la croyance qu’il n’y a pas d’autre aspect de la Déesse. Pour nous, comme le disait Cochrane dans ses lettres à Bill Gray, « la Déesse Blanche agit pour le bien et est aussi Noire lorsqu’elle agit pour les ténèbres, pourtant toutes les deux sont compatissantes, la compassion n’est qu’un paravent pour la cruauté d’une Vérité totale et absolue. La Vérité est un autre nom pour le divin ». Ce qui est vraiment important n’est pas de savoir ce qui est bon ou mauvais, ce qui est blanc ou noir, mais d’accepter la Volonté des Dieux » – accepter la vérité qui est opposée à l’illusion.

Lorsqu’on s’éloigne de cette recherche de la vérité, ce que nous faisons n’est rien et notre vie est comme le vent de l’hiver, froide et morte. Quoi que nous fassions, nous ne pouvons échapper à la Vérité, elle nous suivra toujours et nous parlera, quels que soient les remparts que nous avons dressés pour nous en protéger et quelles que soient les histoires que nous nous racontons. La Vérité parlera toujours d’elle-même en dehors de tout système et de croyances religieuses avant et dans la tombe.

Comme le disait Cochrane, tous les grands visionnaires, comme Ste Bernadette, Jeanne d’Arc ou même les premiers révolutionnaires étaient tous des humains qui ont d’une façon ou d’une autre provoqué la perception d’une petite parcelle de Vérité et qui en ont fait quelque chose. Quelle que soit l’interprétation qu’on fait les autres de ces « visions », l’explication ne peut venir que de la personne qui ont vu ou ressenti la présence de la « Vérité » dont chacun de nous possède en lui a une petite particule. En tant qu’humains nous allons de l’avant, selon la « volonté des Dieux » grâce à elles. Nous sommes sortis de la boue et du limon de l’évolution et les étoiles se sont retournées dans leur course pour nous aider. Même de nos jours ces étoiles brillent intensément et nous rappellent ce qui fut.

Si l’on croit les lettres de Cochrane à Bill Gray, ne faire plus qu’un avec la Vérité induit la mort. Travailler dans ce sens vous condamne irrémédiablement. La race humaine dans son ensemble ne souhaite pas la Vérité mais plutôt une illusion confortable jusqu’à ce que la Vérité se présente et chasse cette illusion. Nous sommes comme des nourrissons tétant un sein dont le lait est poison. La Vérité, quelle que soit la manière dont on l’interprète, nourrit le démon tout comme elle nourrit le saint.

Dans une analyse finale, Cochrane, comme beaucoup d’autres, a peu à peu commencé à croire au mythe qu’il a créé derrière son nom. Il n’était plus le « Maître » qui doit son pouvoir et son statut de la « Volonté de Dieux ». Il a commencé à se voir comme un « Maître » absolu de son propre chef et ce qu’il décrétait était la loi, et tant pis si quelqu’un n’était pas d’accord, c’est ainsi qu’étaient les choses.

A la fin, comme d’autres ayant suivi la même voie, son monde s’est écroulé et il a tout perdu. Pourtant la tradition a eu pour lui de la compassion et dans sa mort Cochrane est allé dans un endroit que ses ancêtres et nous-mêmes avons contribué à créer et à perpétuer. Il est allé en cet endroit et y restera jusqu’à ce qu’il soit temps pour lui de renaître. On n’arrive à rien si on ne fait rien et ce que l’on fait maintenant va créer le monde dans lequel nous existerons demain. Il en est de même pour la mort. Ce que nous créons ici, ne l’avons aussi créé dans une autre réalité. Ainsi Cochrane est en sécurité dans le Château avec sa Déesse et attend que nous le rejoignons. Certains affirment que son décès fut une grosse perte pour la Sorcellerie et sur de nombreux points, je suis d’accord avec eux – mais il y a toujours le soupçon que ce fut la « Volonté des Dieux » qui ont leurs propres bonnes raisons, mais je dois encore trouver quelles furent ces raisons.

La Sorcellerie selon Jack Parsons

La Sorcellerie. Par Jack Whiteside Parsons, traduction et adaptation Tof. In « Freedom is a two edged sword. »

Lorsque l’homme est né, nous étions là. Nous avons chanté sa première berceuse. Nous avons soigné la première blessure, nous avons apaisé le premier affolement. Nous avons été les Gardiens contre l’Obscurité, les Assistants de la Voie de la Main Gauche. Les dessins sur les rochers dans les Pyrénées, et les petites statues d’argile, faites pour d’antiques raisons lorsque le monde était encore jeune nous le rappellent. Nous avons bâti les anciens cercles de pierre, le menhir, le dolmen, planté le chêne du druide. Nous avons chanté les premiers chants de chasse, et fait les premières récoltes; lorsque l’homme était nu devant les Puissances qui l’ont fait, nous avons chanté le premier chant de terreur et d’étonnement. Nous avons côtoyé les Pyramides, regardé la grandeur et la chute de l’Égypte, nous avons été les Rois Mages et avons dirigé la Chaldée et Babylone. Nous avons pris part aux assemblées secrètes d’Israël et aux danses farouches et majestueuses des bosquets sacrés de Grèce.

En Chine et au Yucatán, au Kansas et au Kurdistan nous sommes un. Toutes les organisations nous ont connus, aucune organisation ne procède de nous; nous partons lorsqu’il y a trop d’organisations. Nous sommes du côté de l’homme, de la vie et de l’individuel. Ainsi, nous sommes opposées à la religion, à la morale et au gouvernement. Ainsi notre nom est Lucifer. Nous sommes du côté de la liberté, de l’amour, de la joie, du rire et de l’ivresse divine. Ainsi notre nom est Babalon.

Parfois nous nous allons ouvertement, parfois en silence et en secret. Pour nous, nuit et jour ne sont qu’un, calme et tempête, saisons et cycles de l’homme, tout cela n’est qu’unes ces choses ne sont qu’une, car nous sommes à la racine. Implorants nous nous tenons devant les Puissances de Vie et de Mort, et elles nous entendent et nous servent. Notre voie est secrète, la direction inconnue. Notre voie est celle du Serpent dans les broussailles, notre savoir est dans les yeux du bouc et des femmes.

C’est notre force qui, parfois, fait se déplacer les spirales ornées de joyaux […] les puissantes ailes sur la poitrine de l’homme; notre Puissance ne fait qu’une avec la Puissance qui pousse Dieu à germer dans la graine, et le germe à devenir fleur et fruit ; et chaque fois qu’un homme et une femme sont unis en une seule chair, notre puissance est cette chair.

Merlin était des nôtres, et Gauvain et Arthur, Rabelais et Catulle, Gille de Retz et Jeanne d’Arc, Jacques de Molays, John Dee, Cagliostro, Francis Hepburn et Gellis Duncan, Swinburn et Eliphas Levi, et bien d’autres bardes, mages, poètes, martyrs connus et inconnus qui ont porté nos bannières contre l’ennemi multiforme et omniprésent, l’Église et l’État. Et lorsque cette vermine de l’Enfer que l’on nomme christianisme soumettait tout l’Occident dans l’esclavage du péché, de la mort et de la terreur, nous, et nous seuls, avons apporté l’espoir dans le cœur de l’homme, en dépit de la prison et de la potence.

Nous sommes la Sorcellerie, et bien que l’on ne puisse tous se connaître, nous sommes unis par un lien indestructible. Et lorsque le cri puissant et sauvage de l’aigle dans votre esprit, sachez que vous n’êtes pas seuls dans votre désir de liberté. Et lorsque le hurlement du loup résonne dans les forêts de vos nuits, sachez qu’il y a ceux qui rôdent aussi. Et lorsque les coutumes de vos compagnons envers vous semblent stupides et de la folle, sachez qu’il en est aussi d’autres qui ont vu et jugé – et agi.

Maintenant sachez que le pouvoir que nous servons réside dans le cœur de chaque homme et de chaque femme comme l’arbre vit dans la graine. Et pour être avec nous, vous n’avez qu’à invoquer cette Puissance, et vous êtes comme l’un des nôtres. Et lorsque notre Puissance et notre Allégresse seront venues à vous, vous pourrez vous en aller et faire ce bon vous semble parmi les hommes, et personne ne vous dira non. Et si vous le voulez, vous agirez secrètement, et si vous le voulez, vous agirez visiblement, à votre guise.

Donc, élevez vos cœurs en disant : « Je suis un homme » ou « Je suis une femme et la Puissance de Vie est mienne » ! Et dans la Puissance de Vie vous vivrez et aimerez, n’admettant aucune limite et ne donnant aucune limite, librement et donnant librement. Et peut être que dans la générosité de la vie vous voyez l’amour de la vie briller dans les yeux d’un autre, le désir de vie brûler sur son front, et alors vous serez heureux ensemble. Et il se peut que par chance vous trouviez le bon numéro; et partagiez votre joie en de fêtes secrètes et en jouissant de toutes les manières de l’amour et des festivals. Il se peut aussi que, selon votre volonté, dans le péril et le danger et vous enseigniez la puissance joyeuse aux hommes.

Et ce sera ainsi aussi longtemps que vous vous rappelez d’une chose. Il ne peut y avoir de limite. La Puissance de Vie n’est pas limitée; elle connaît son propre chemin, mais personne ne connaît ce chemin. Ainsi, en vous-même, pratiquez tout don et prise de liberté qui en rapport avec la vie, car uniquement par cette voie vous resterez heureux.

La Douleur existe. La Terreur existe, la défaite, la solitude et l’agonie du cœur et de l’esprit, même dans la Mort. Car ceci est la Porte du Royaume de Pan.

Notre voie n’est pas faite pour tous les hommes. Il y a ceux qui sont si coincés et malades qui ne peuvent penser librement, et ceux qui sont mauvais; et asserviraient tous les hommes. Et ceux-là vous devez les éviter, ou même les détruire, vous saurez le faire, car ça aussi est votre lot.

Ne pensez pas non plus que la Puissance de Vie doive se manifester à ceux qui ne connaissent ni trouble ni tourment, car ils ne peuvent n’être que stupides ou ignorants. Mais la Puissance se montre le plus souvent dans les colères guerrières, puisque de tous temps, et particulièrement au sein d’une civilisation fausse, la voie doit être conquise. La capitulation est un désastre. L’autre côté de la pièce est un chant sous le soleil et une danse à la lumière de la lune, là où toute brume est dissipée. Mais la voie doit être conquise.

Sur la théologie wiccane [partie 9]

Sur la Théologie Wiccane (Partie 9). Par Rene Delaere et le Dr. David L. Oringderff © 2002, traduction Artus.

  • Conclusion :

A travers le concept des quatre niveaux et de leur interaction, la Wicca unit des concepts de monothéisme, bi-théisme, polythéisme, panthéisme et animisme. Au niveau polythéiste, la Wicca utilise des panthéons non spécifiques et non hiérarchiques et peut être utilisée comme une « méta religion ». En structurant le triple Multivers du « haut », du « bas » et du « milieu » la Wicca intègre toute la « création », « organise » le Divin de Niveau IV (comme les « organes » organisent le corps), et devient une vraie religion de la nature. Pour que ce système reste stable, les principes suivants sont importants :

  1. le principe éthique « fais ce que tu veux mais ne blesse personne. « 
  2. le principe de « faillibilité » : les déesses et les dieux de Niveau III sont des champs morphiques liés à des parties de la psyché humaine. Et donc ils sont « faillibles », c’est-à-dire qu’ils ne sont pas « parfaits », pas tout puissants, pas omniscients, pas entièrement bons, etc. (tout comme les archétypes Divins et les mythes sont imparfaits, etc.)
  3. le principe « non hiérarchique » : toutes les déesses et les dieux de Niveau III sont sur le même pieds d’égalité. Ils ne sont pas de différents rang ou statut.
  4. le bi-théisme orienté sur le genre du Niveau II. La « Déesse » et le « Dieu » du Niveau II ne peuvent être identifiés par aucun des archétypes du Niveau III polythéiste.
  5. le principe du triple Multivers, structurant le Niveau IV donne à la Wicca sa dimension écologique ou le royaume végétal, animal, minéral, et humain, sont reliés comme des enfants de la Grande Déesse et du Cornu.

La capacité de conceptualiser et de travailler avec un paradigme multidimensionnel du Divin libère la Wicca des chaînes d’un dogme à une seule dimension. De nouveau, il doit être précisé que nous utilisons le terme de « Niveaux » comme une convention purement illustrative, et non une hiérarchie linéaire. Pour démontrer cet effet de libération, une illustration spatiale pourrait être utile. Nous ne rentrerons pas en détails dans la cosmogonie dans cet article, mais nous devons énoncer quelques principes pour que l’illustration suivante ait du sens. Ces principes sont assez universels dans l’étude des religions, et peuvent être tissés à la plupart des systèmes religieux (incluant les religions Abrahamiques et les Traditions Orientales).

  1. Il existe dans l’Univers une Présence Divine (puissance, force, ou entité) qui est responsable de sa création. Que la Création ait lieu en sept jours ou qu’elle ait suivie une évolution naturelle qui a pris des milliards d’années n’a pas d’importance.
  2. Il existe au sein de l’humanité une envie instinctive de comprendre et de communier avec cette Présence Divine.
  3. Toute la Création contient en elle une part de cette Présence Divine, et à certains niveaux réfléchit l’étincelle de Présence Divine dans L’Univers. Les êtres humains réfléchissent aussi cette Présence Divine. Les êtres humains remplissent de nombreux rôles ou fonctions dans la vie. Il est donc logique que la Présence Divine remplira de nombreux rôles ou fonctions dans l’Univers.
  • Le Modèle Spatial : Quadrature du cercle

Imaginez un cercle, alors imaginez vous, vous tenant précisément au centre. Vous êtes entouré par la circonférence de ce cercle. De votre position au centre, vous pouvez librement toucher chaque point de la circonférence, et vous déplacer parmi eux, et revenir au centre de nouveau, en fonction de vos besoins. Maintenant, développons un peu plus cette analogie.

Nous, en tant que Wiccans, nous nous tenons au centre de gravité de ce cercle, entourés par les quatre dimensions du Divin, une à chaque quadrant du cercle.

Maintenant considérez que nous avons besoin et attendons des choses de nos Dieux et Déesses, et que ces besoins changent au cours du temps et selon les circonstances.

  • Est : Air, mental, concepts abstraits.

Parfois nous avons seulement besoin de nous sentir « Un » avec la Présence Divine. Nous pouvons nous déplacer vers ce quadrant à l’Est, représentant le Niveau I, la Dimension Monothéiste, faire un exercice du Pilier du Milieu, ou toute méditation similaire, et recevoir ce dont nous avons besoin de notre Divinité de ce niveau.

  • Sud : Feu, feu de la création et procréation, intuition.

A d’autres moments, nous avons besoin de travailler avec la polarité basée sur le genre du Dieu et de la Déesse, alors, nous nous déplaçons au quadrant Sud, représentant le Niveau II, ou la dimension Bi-théiste. De nouveau, nous recevons ce dont nous avons besoin de notre Divinité.

  • Ouest : Eau, la gamme des émotions.

A d’autres moments, nous pouvons avoir besoin d’un aspect spécifique du Divin, un Dieu qui se promène avec un gros marteau en faisant des éclairs de feu, ou un Dieu qui est Seigneur de la Forêt ; une Déesse qui est sensuelle et séduisante, ou une Déesse qui est sage et de bon sens. A ces moments, nous pouvons nous déplacer librement vers le quadrant de l’Ouest, représentant le Niveau III, la Dimension Polythéiste, et travailler avec l’aspect spécifique de la Divinité dont nous avons besoin en ce moment.

  • Nord : Terre.

Vient le moment où nous avons simplement besoin de nous harmoniser et de communier avec l’Esprit Divin qui est émanant dans toute la nature. Parfois nous avons besoin de sentir l’esprit d’un arbre, ou d’entendre chanter les pierres dans un ruisseau, ou d’écouter le vent qui remue les maïs. Alors nous nous déplaçons vers le quadrant du Nord représentant le Niveau IV, la Dimension Panthéiste ou Animiste, et nous y trouvons ce dont nous avons besoin de notre Divinité.

Ce paradigme multidimensionnel nous libère du confinement dogmatique du Divin à une dimension et nous permet de pleinement ressentir la Présence Divine sur tous les niveaux de l’existence. C’est pour cela que la Wicca est placée à part de la majorité des autres systèmes religieux.

Sur la théologie wiccane [partie 8]

Sur la Théologie Wiccane (Partie 8 ). Par Rene Delaere et le Dr. David L. Oringderff © 2002, traduction Artus.

  • L’éthique de la Wicca : « fais ce que tu veux, mais ne blesse personne ».

La culpabilité et la honte au service de la personne sont de la moralité, la culpabilité et la honte au service d’un état sont de la tyrannie (ndt : Je ne suis pas d’accord avec cela, la culpabilité et la honte, même au service de l’être sont des freins spirituels dont il faut se libérer pour s’épanouir. Cela n’empêche en rien d’avoir une attitude morale, bien au contraire. C’est beaucoup plus sain de ne pas faire de mal aux autres, parce qu’on a constaté personnellement que plus on cultive le négatif plus on baigne dans le négatif, que par culpabilité de ne pas suivre aveuglément une règle écrite par Gardner, un disciple de Jésus, ou n’importe quel autre leader spirituel).

On ne peut souligner assez l’importance de la différence entre la moralité de la Wicca et la moralité des bi-théismes basés sur l’éthique. Les bi-théismes éthiques ont toujours des concepts comme la « malédiction », la « culpabilité » et la « repentance », là où la Wicca utilise presque exclusivement le principe de « dommage ».

Observons quelques exemples typiques.

Un chrétien s’est fait gifler et se trouve face au choix de gifler en retour, expliquant que son geste est le « bon » choix en se référant au texte de l’Ancien Testament disant « œil pour œil, dent pour dent ». Ou il tendra l’autre joue, également en expliquant que c’est le « bon » choix en se référant au texte du Nouveau Testament. Les deux approches sont extrêmement inefficaces. La dernière approche ne contribue en rien à minimiser le dommage, au contraire, elle invite l’autre à le doubler, et elle est habituellement plutôt préconisée que mise en pratique. La première approche cherche également à doubler le dommage, quoique avec l’ancienne victime dans le rôle du persécuteur, et vice versa. Même d’un point de vue Bouddhiste, les deux méthodes conduisent simplement à doubler le « mauvais karma ». De plus, les exemples montrent la complexité des textes utilisés par les bi-théismes éthiques en s’efforçant d’incorporer toutes les situations possibles et ainsi, permettant à l’individu « rusé » de toujours trouver une explication qui justifie pourquoi sa réaction est la « bonne ». L’individu présenté avec un choix d’actions doit chercher dans les « saintes écritures » pour trouver la « bonne » réponse qui lui permettra d’éviter la « malédiction ». Cela implique généralement de demander conseil à d’autres personnes spécialisées dans l’interprétation des « saintes écritures ».

Regardons un autre exemple. Dans la plupart des cas, les « saintes écritures » d’un bi-théisme éthique contiennent un clause comme « tu ne tueras pas » qui d’un premier regard parait raisonnable. Mais que faire quand quelqu’un menace de mort votre famille, ou menace votre pays, et comment traiter les cas d’auto-défense ? La règle « simple » d’origine a besoin d’être détaillée par un groupe de sous-règles du « bon » moyen de réagir à toutes ces circonstances exceptionnelles. Et alors il y a l’exception de l’exception, etc.

Le Rede Wiccan au contraire dit juste « fais ce que tu veux, mais ne blesse personne », ni plus, ni moins. Et « personne » signifie simplement « personne » ; pas même vous, ni un autre des nombreux Enfants de la Déesse. Si A essaye de tuer B en présence de C, le problème pour C est : quel champ d’action conduira au dommage minimal pour tout ceux impliqués. Il y a un risque qu’aucun champ d’action ne conduise à aucun dommage, et le temps pour réfléchir peut être extrêmement court. Mais plus l’on arrive à transformer le Rede Wiccan en une sorte de réflexe, plus grande sera la probabilité que le plan d’action choisi soit celui qui conduira au dommage minimal qui puisse être fait. Il devrait être évident que si A est un tueur professionnel, et que l’action entreprise par C conduit à la mort de A, la probabilité que davantage de « dommage » soit fait à la société humaine sera dans l’ensemble grandement réduite. De plus, toujours en considérant que A est un tueur professionnel, si A est appréhendé, cela n’a pas de sens que A soit « puni » par la société pour avoir essayé de tuer B, pour être « maléfique », pour être « maudit ». Ce qui importe est l’action qui est prise pour empêcher A de continuer à causer plus de dommages. Comment ? Et bien par un moyen qui en toute honnêteté et en toute modestie, ce que la meilleure société peut proposer est la peine de mort pour A. Ceci est regrettable, mais en le relâchant, ou même en l’éloignant de la vie, cela peut créer plus de dommage, en incluant A. Le Rede Wiccan n’offre pas de solution de « facilité », juste une perspective différente. Le « bien » et le « mal » sont vrais dans notre perception personnelle, mais sont un mauvais critère pour des sujets religieux ou moraux. Du temps de la reine Victoria, une loi a été établie, faisant des comportements homosexuels un délit criminel. Pourquoi ? Parce que c’était un « péché ». Bien entendu, quand un jeune garçon est violé par un homme adulte, ceci ne devrait pas être pardonné, non pas parce que ceci est un « péché », mais parce que cela cause un « dommage ». La société a graduellement, mais sans vraiment le reconnaître explicitement, est passé du concept de « péché » au principe du « dommage ». Reconnaître ouvertement le concept de « dommage » comme critère principal pour nos systèmes légaux augmenterait énormément leurs efficacités.

Le principe du « dommage » accentue également la responsabilité individuelle. Quand A cause un accident mettant B pour cinq ans dans une chaise roulante, c’est un non-sens que A pense « j’ai une bonne assurance, mon assurance paiera B et j’ai donc déjà payé pour mon « péché ». Pas question : A a causé un dommage, donc A devrait essayer de « réparer » le « dommage ». En vérifiant que le montant payé par l’assurance était « raisonnable », en payant un séjour à B, en « assumant » le dommage et en faisant tout ce qui est possible pour « réparer » le « dommage », en n’ayant pas de répit tant que l’on n’est pas sûr que l’on ne peut rien faire d’autre pour le réparer ou le réduire au minimum (aller plus loin ne serait pas une aide pour B mais commencerait à causer des dommages à A et donc serait inefficace).

  • Structurer le multivers de Niveau IV

En regardant plus précisément au Niveau IV, ce niveau du Divin est basé sur l’hypothèse « en bas, comme en haut » ou plus précisément, « en bas comme en haut et au milieu ».

  • Exemple 1 :

Le Taureau, le taureau, et le taureau. Le Taureau est le Taureau dans le ciel. Il est représenté par une constellation appelée Taureau, ou plutôt par le concept astrologique du signe zodiacal du Taureau. Cependant, ce Taureau dans le ciel (en haut) est représenté par de nombreux taureaux sur terre (en bas). Chaque « taureau » est lié au « Taureau ». Chaque « taureau » est une ombre du « Taureau ». Ceci est aussi proche que possible de Platon, pur et non dilué. Mais nous savons aussi que d’après l’astrologie, le « taureau » est également un groupe de qualités dans la psyché humaine : des choses comme le besoin de défendre son territoire, mais aussi la tendance à la paresse. Il est peu important que le Taureau ou le taureau ait été le « premier ». Il se peut que le champ morphique ou la force divine de Taureau, cherchant à se manifester, ait employé les motifs de l’évolution pour créer l’excellents taureaux. Donc, on peut dire que chaque « taureau » est une manifestation et une représentation du « Taureau ». Cependant, l’inverse est également vrai : l’existence des « taureaux » crée un champ morphique ou une énergie divine qui peut être appelée « Taureau ». Nous trouvons la conscience de l’existence de ce motif d’énergie divine au travers de nombreux taureau ailés dans la Mésopotamie ancienne. Dans les fresques sur le murs du palais de Chronos en Crête, et dans le mythe du Minotaure. Dans les peintures rupestres de la culture des Cro-Magnons magdaléniens. Nous trouvons le lien entre « taureau » et « Taureau » dans le concept de la chasse : le « vrai » chasseur cherchera le contact visuel avec le taureau et avant de le tuer demandera à l’animal de donner sa vie pour la survie de la tribu. Ensuite, autour du feu, il chantera l’esprit du « taureau » pour le « Taureau » des étoiles. S’il ne faisait pas cela, l’énergie du champ morphique du Taureau s’affaiblirait lentement, et les taureaux sur la terre se développeraient moins, pour finalement s’éteindre.

En plus du Taureau et du taureau, il y a aussi le taureau : certaines personnes ont le Taureau comme animal totem ou sont nées sous le signe du Taureau. Et d’une manière générale, chaque être humain a dans sa psyché des « qualités » qui sont liées au Taureau. Donc nous avons le Taureau au ciel (en haut), le taureau sur terre (en bas) et le taureau du royaume intermédiaire de la psyché humaine. Et chacun de trois est lié aux autres, chacun ne peut exister sans les autres.

  • Exemple 2 :

Le Bouleau, le bouleau, et le bouleau. Dans la Wicca Greencraft, les trois nations ont chacune leur place dans l’Arbre de Vie et le Bouleau est sur le chemin de la Lune (l’inconscient) vers le Soleil (le conscient). Donc le Bouleau représente le pouvoir de devenir conscient des « choses » qui peuvent être là depuis longtemps, mais qui ont été mises de coté dans l’inconscient. Le Bouleau peut ramener cela à la conscience. Ceci est réalisé en faisant le lien entre le « bouleau » par le « bouleau » avec le « Bouleau ». Le « Bouleau » est le champ morphique coulant entre ce qui est inconscient et ce qui est conscient. Le « bouleau » est une famille d’arbres. Le « bouleau » est une capacité dans la psyché humaine. L’idée même du niveau IV de la divinité est que les êtres humains, en ouvrant leur esprit, en « contactant », « touchant », « chantant pour », « communiquant avec » un représentant de la famille du bouleau, un « bouleau », peuvent au travers de ce bouleau entrer en contact avec le champ du Bouleau et activer le bouleau dans leur propre psyché.

Le défi d’une vraie religion de la « nature » est de structurer ce triple Multivers des royaumes du Haut, du Bas et du Milieu, le cosmos, la terre et la psyché (ndt : dans une perspective chamanique, le monde d’en haut est effectivement lié au cosmos, mais celui du milieu à la terre et celui du bas à la psyché). Les preuves que nous avons de l’existence des calendriers-arbres Celtiques et de la vénération des arbres, les preuves que nous avons que les tribus qui ont fondé Rome à l’origine avaient chacune leur propre animal de pouvoir, tout comme les tribus de l’ancienne Irlande, démontrent une conscience du besoin de structurer ce multivers. La tradition Celtique des arbres est probablement le modèle le plus structuré pour cela.

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Sur la théologie wiccane [partie 7]

Sur la Théologie Wiccane (Partie 7). Par Rene Delaere & Dr. David L. Oringderff © 2002, traduction Artus.

  • La Wicca en tant que polythéisme non hiérarchique

Comme les prêtres et prêtresses de la Wicca ne forment pas de castes dédiées à une divinité spécifique, il n’y a pas de « compétition » entre les castes de prêtres et donc il n’y a pas besoin de hiérarchie entre les dieux et déesses. À coté de cela, il serait assez étrange de créer et d’imposer une relation hiérarchique entre Isis et Gaïa, ou entre Artémis et Cerridwen qui sont originaires de différents panthéons. Le véritable sens de la religion dans un contexte de Niveau III est de relier ou rétablir la résonance entre une partie de notre moi intérieur et une partie du champ morphique que nous appelons, pour le meilleur et pour le pire, « Rhiannon », « Thor », « Gaïa », etc. Chacun de ces champs a ses propres caractéristiques, mais ne connaissent pas de rang ou de hiérarchie. De plus, le panthéon Celte est l’un des plus utilisés dans la Wicca, et les mythes Celtes montrent rarement de liens hiérarchiques entre leurs personnages. En fait, une telle relation surgirait si le nom d’un archétype polythéiste était utilisé à un niveau bi-théiste. Maintenant, il y a, au travers des nombreux dieux et déesses de Niveau III un Dieu et une Déesse particuliers qui peuvent prétendre à cela. Les deux ont un caractère messianique.

Tout d’abord, Aradia est mentionnée par Charles Leland dans « évangile d’Aradia » (NdT : ce texte a été traduit pour les Portes du Sidh par Véro, voir ce lien ici), où elle est décrite comme la fille de la Déesse de la Lune, Diane, envoyée sur terre par sa Mère Divine comme une sorte de messie féminin. Ce mythe Lui donne une position très spéciale et privilégiée vis-à-vis des autres divinités de Niveau III : Elle est cet aspect de la Déesse qui montre sa « compassion à l’humanité » et « descend » pour enseigner à ses « enfants cachés » les « secrets de la magie ». Ceci fait qu’il est logique que les sorcières appellent Son esprit « quand elles ont besoin de quelque chose », car Elle est dédiée à cette tâche. Cela ne fait pas d’Elle LA Déesse de Niveau II. Elle reste UN aspect de la Déesse.

De la même manière, Cernunnos/Karnayna/Kernwn joue un rôle spécial dans l’émancipation des prêtres. De la même manière qu’Aradia montre aux « filles de la Lune » comment elles peuvent être « libres », Cernunnos, le Cornu, peut enseigner aux prêtres comme ils peuvent être « libres », « cornus » et « sauvages ». Cernunnos est la porte de l’émancipation masculine, pour redécouvrir le véritable rôle de la masculinité.

Pendant les rituels, la Grande Prêtresse dira généralement « aux noms du Dieu et de la Déesse, de Karnayna et d’Aradia ». Elle s’adresse d’abord « au Dieu et à la Déesse », qui sont le Niveau II Divin, et ensuite, « Karnayna et Aradia » qui sont les « aides » principales dans le panthéon Alexandrien de Niveau III. Si des néophytes sont présents, elle omettra généralement de mentionner « Karnayna et Aradia » en tant que divinités de Niveau III, parce que les néophytes doivent dans au cours de leur formation, se concentrer uniquement sur le niveau bi-théiste de la Wicca, avant d’apprendre les archétypes plus spécifiques du Niveau III. Parmi cela, Karnayna et Aradia ont la priorité, sans pour autant que cela implique un statut ou un rang plus élevé : toutes les divinités de Niveau III devraient être traitées avec un niveau « égal », bien que l’on puisse être attiré davantage par un archétype particulier qu’un autre.

  • La Wicca en tant que méta religion

C’est devenu à la mode de nos jours de parler de religions « ethniques ». Par cela, on entend en général une religion païenne d’une ethnie spécifique ou d’un groupe culturel avec un panthéon spécifique de divinités de Niveau III. Les religions Grecques, Égyptiennes, Sumériennes, Celtiques, Nordiques, etc. peuvent être considérées comme de religions « ethniques ». Mais également, les religions rescapées Amérindiennes, Polynésiennes et Africaines, peuvent être considérées comme des religions « ethniques ». En Europe, ces religions se sont virtuellement éteintes, et aujourd’hui, font partie d’un mouvement revival qui est souvent associé à un mouvement nationaliste qui utilise partiellement cela pour définir une identité nationale. On peut trouver un exemple excellent de ce fait en Lithuanie et dans les mouvements Lithuaniens pour l’indépendance vis-à-vis de l’ancienne Union Soviétique.

Le paganisme en lui-même n’est pas une religion, mais peut être vu comme une collection ou un ensemble de toutes les religions ethniques.

Comme la Wicca n’a pas de panthéon de niveau III spécifique, et utilise librement les divinités de niveau III de différents panthéons « ethniques », la Wicca représente un concept de « méta » religion, et nous pouvons décrire cela schématiquement comme il suit :

Wicca Romaine Grecque Nordique Hindou Celtique etc.

Tandis que chaque religion « ethnique » a son propre panthéon, spécifique à sa culture, la Wicca empruntera à chacun d’eux quand cela correspondra à nos besoins. Ceci est un concept plutôt libérateur, car il ne cloisonne pas les Wiccans à une Divinité ou un panthéon spécifique.

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Sur la théologie wiccane [partie 6]

Sur la Théologie Wiccane (Partie 6). Par Rene Delaere & Dr. David L. Oringderff © 2002, traduction Artus.

  • Formes hiérarchiques et non hiérarchiques de polythéisme

L’étude du paganisme Occidental et Moyen-Oriental et des religions du passé mène à la conclusion que la religion des Égyptiens, des Grecs, des Romains, des Germains et d’autres religions incluant même la religion Catholique, sont des formes de polythéisme hiérarchique ou tendent à évoluer vers cela (leur Niveau III est, ou, devient hiérarchique). Dans la plupart des polythéismes hiérarchiques, le Niveau III est dominé par une ou deux entités (généralement on trouve une « paire » de divinités, un dieu et une déesse) qui tentent de faire passer la religion dans une situation de niveau II. De ce point de vue, le polythéisme hiérarchique tel quel est fondamentalement instable. La Wicca, d’un autre coté à un Niveau III qui est non hiérarchique.

1) Les panthéons Égyptien, Grec et Nordique

La plupart des polythéismes ont des castes de prêtres qui sont spécialisés dans une des entités de Niveau III. Les rivalités entre les castes de prêtres spécialisés dans une divinité spécifique du panthéon, conduisent généralement à ce qu’une caste prenne l’avantage. En bas, comme en haut, et la rivalité sur terre est généralement codifiée par des mythes expliquant la rivalité dans les cieux. Ainsi, en Égypte, le temple d’Amon (c’est-à-dire les prêtres) et donc Amon lui-même sont devenus si puissants qu’ils sont devenus une menace pour l’état (représenté par le pharaon). Akhenaton a tenté de rompre le pouvoir des prêtres d’Amon en construisant une nouvelle capitale où Aton était le dieu suprême. Il a finalement payé de sa vie et après un coup porté à la supervision des prêtres d’Amon, la suprématie d’Amon a été restaurée, ce qui s’est reflété dans le nom du pharaon suivant : Tout Ankh Amon dont le tombeau et le sarcophage ont été découverts au 20e siècle par Howard Carter et Lord Carnarvon.

Dans une phase plus tardive de son évolution le culte principal s’est tourné de plus en plus vers Isis et Osiris (Isis et Osiris ont toujours été importants, particulièrement pour le pharaon, mais le culte d’Isis s’est développé en culte à mystères pour initiés, et a été ainsi importé à Rome).

En Grèce, Zeus a évolué, au départ en étant une divinité secondaire, pour devenir un chef du peloton. Ceci a été traduit en mythe où le couple Divin d’origine, Ouranos (le Ciel) et Gaïa (la Terre) ont été remplacés d’abord par Chronos (Saturne), et Rhéa et finalement Zeus et Héra. Héra était au départ une déesse principale par elle-même, avant d’être mariée (de force) à Zeus. Le couple Zeus/Héra (Jupiter/Junon à Rome) a gagné graduellement, pratiquement une position de Niveau II. Et à la fin de la période classique, il y avait deux autres candidats pour la position de patron, d’un coté Hermès, et collectivement, d’un autre coté, Apollon (le Soleil) et Artémis (la Lune).

A Rome, dans les derniers jours de la République, et ensuite dans l’Empire Romain, les divinités de Niveau III, sous l’influence des Grecques, ont été anthropomorphisés alors qu’a l’origine ils étaient vus comme des forces abstraites vraiment très similaires à notre concept présent de champs morphiques. Nous pouvons déduire cela par exemple d’invocation du Jupiter que l’on a retrouvé, ou la formule rituelle affirmait spécifiquement « ou par le nom que vous préférez l’appeler », et même « du sexe que vous préférez être ».

Dans le mythe nordique, on peut voir à la fois Odin/Freyja et Thor en compétition pour la position de tête, à travers la rivalité entre les castes des guerriers contre la caste des fermiers. Thor est plus un héros populaire de type le Hercules, alors qu’Odin est le chef des guerriers Aesirs. Il y a de nombreuses références de guerre entre les deux familles de divinités, les Aesir contre les Vanir, qui se sont terminées par une sorte d’échange d’otages où Freyr et Freyja qui étaient à la base des divinités Vanir, ont rejoint les Aesir au Valhalla. À ce sujet, une recherche universitaire de Stein Jarving fait partie de la liste des lectures recommandées de cette section. La publication est disponible auprès de Sacred Well, et est distribuée avec la permission et la bénédiction de l’auteur. Des parallèles de ce genre de mélange peuvent être trouvés en Inde avec l’invasion des Aryens, et en Grèce avec l’invasion des Achéens.

Nous pouvons voir à partir de ces exemples divers, que dans les formes de polythéismes hiérarchiques de Niveau III, il y a une instabilité inhérente qui répond au besoin d’un Niveau II qui tend à être basé sur le genre : un couple de divinités « suprêmes » de Niveau III qui développe des aspects de Niveau II. L’avènement de la Chrétienté n’a pas permis de voir ce que le stade final d’une telle évolution aurait donné. Mais il semble évident que la ou les « nombreuses » divinités polythéistes remplissent chacune un besoin spécifique de souhait/espoir/peur pour quelqu’un, les gens ont besoin d’une divinité de Niveau II quand ils veulent adresser un besoin non spécifique : « je veux juste parler à Dieu, pas le dieu de la chasse ou de la guerre, ou du mal de dents, juste Dieu » ou « j’ai besoin de parler à la Déesse, la Elle éternelle ». Seulement le Niveau II peut permettre cela. Il semble que les druides chez les Celtes étaient conscients de cela (au moins à un niveau « philosophique ») et savaient que « toutes les déesses et tous les dieux étaient un dieu » et pouvaient avoir conscience du Niveau II et peut-être même du Niveau I (c’est certainement ce que les Chrétiens « celtiques » affirmaient).

2) Le panthéon Catholique

Comme chaque religion suit de près l’évolution de la société dans laquelle elle grandit et se développe, le Niveau III de la religion Chrétienne s’est développé en tant que polythéisme hiérarchique selon deux différents chemins.

Les anges et les démons.

Déjà dans la religion Judaïque, différentes divinités de Niveau III (el-ohim) ont été réduites au statut « d’anges » après le retour d’exil (la réforme Zoroastrienne). Le nom de ces anges se termine généralement en –el (ce qui à l’origine signifie « dieu » en Hébreu), comme Rapha-el, Micha-el, Gabri-el, Uri-el, etc., ce qui nous permet de retrouver leurs identités originales de divinités de Niveau III.

La société en Europe médiévale était organisée en système féodal dans lequel les rois étaient assistés (ou défaits) par des ducs, des comtes, des barons, etc. tout cela organisé selon des règles hiérarchiques strictes. Ce n’est donc pas surprenant que cela se reflète dans la Chrétienté médiévale. Les deux divinités de Niveau II, IHVH et Satan utilisaient toutes sortes d’archanges, d’anges, de séraphins, de chérubins, archi-démons et démons inférieurs, pour se combattre.

Dans les écrits médiévaux basés sur des concepts Kabbalistiques comme les Clefs Inférieures de Salomon, ces hiérarchies étaient décrites dans de minutieux détails. Certains démons avaient le rang de « ducs », d’autres étaient « archiducs », « princes », ou même « président ». Ils étaient caractérisés par des odeurs qu’ils diffusaient ou des insectes comme des mouches ou autres vermines qu’ils semblaient attirer.

Pour le magicien médiéval, c’était quelque chose de très sérieux, et il n’y avait pas matière à rigoler. Si votre ennemi vous envoyait un démon extrêmement déplaisant et nocif, vous vouliez savoir s’il s’agissait d’un gars avec le rang de duc que vous pourriez contrer par un sort, en envoyant en retour au moins la même chose, voir un archiduc encore plus puant. S’il vous avait envoyé un archiduc, d’un autre coté, répondre avec un duc aurait été ridicule, vous auriez eu besoin au moins d’un prince (le rang de président dans cet ordre des choses semble un peu incertain). Ces structures ont été élucidées par le Dr. John Dee, Astrologue de la Court de la Reine Victoria, à travers le Système Enochien, channelé par assistant, Edward Kelly. Vous pouvez trouver plus d’informations sur ce système dans Model 91 of the Magician’s Companion (Whitcomb, 1993).

Les Saints.

Le second chemin est l’invention des « saints ». Dans de nombreux cas, ces saints n’étaient rien d’autre que des entités païennes de Niveau III, déguisés avec une apparence chrétienne. L’église, dans un premier temps, essayait généralement d’éradiquer le culte des entités païennes de Niveau III. Si cela ne fonctionnait pas, la politique admise était de les intégrer sous l’apparence de « saints », par cette tactique le culte était légitimé et pouvait être plus ou moins contrôlé par l’église. C’était une solution élégante pour les gens qui avaient un besoin spécifique, par exemple de guérison. Il y avait un saint pour chaque affection possible, du mal de dents (St. Apollonia, anciennement connue sous le nom d’Apollon), de la colique (St. Cornélius, anciennement connu sous le nom de Cernunnos). Même la production de lait des vaches ou la croissance des porcs pouvaient être grandement améliorées en choisissant le saint approprié.

La Chrétienté à la fin du moyen-âge avait développé une faune et une flore polythéiste de Niveau III dont la richesse avait grandement surpassé tout ce que ces prédécesseurs païens avaient pu offrir. Toutefois, la « distance » entre le Niveau II et III dans la Chrétienté est toujours restée plus importante que dans la plupart des religions païennes, et cela pour deux raisons, l’une étant que le saints Chrétiens étaient des dieux plus « inférieurs » que la normal dans le Niveau III, l’autre que les couples Divins dirigeant les autres divinités dans le panthéon Grec, Romain et Germain, n’ont jamais vraiment atteint le statut de Niveau II.

La position du magicien dans l’environnement Chrétien pendant le moyen-âge et la renaissance.

Fondamentalement, le magicien de ces époques était très pragmatique. Il peut être comparé au marchand d’armes d’aujourd’hui qui n’a pas de scrupules à faire affaire avec les deux camps d’un conflit armé. Le magicien « Chrétien » était convaincu de la victoire finale des forces de IHVH, mais il semblait que la victoire était loin. En attendant, pourquoi ne pas utiliser à la fois les anges et les démons pour ses propres projets. Bien entendu, certains préféraient jouer la sécurité (spécialement du point de vue de l’Inquisition) et chaque invocation de démon était scrupuleusement terminée par la phrase « au nom du Père, du Fils, et du Saint Esprit ». Comme un marchand d’armes moderne, le magicien avait à faire face à une rude compétition et devait connaître dans les détails tous les rangs, toutes les odeurs, et toutes les habitudes des démons et des sphères d’intérêts des différents saints. Alors, comme maintenant, il n’y avait pas véritablement de magiciens « noirs » ou de magiciens « blancs », chaque magicien était « blanc » à ses yeux, et « noir » aux yeux de ses compétiteurs. En haut comme en bas, et donc la Guerre dans les cieux tout comme les guerres sur terre continuaient pour toujours et c’était une bonne époque pour le magicien moyen du moment s’il pouvait rester éloigné de l’Inquisition.

Comme chaque Wiccan le sait, cependant, il y a un moyen simple de distinguer la magie « blanche » de la « noire », plutôt que de chercher à distinguer les magiciens « blancs » des magiciens « noirs ». On n’arrive pas à cela en se demandant si le magicien combat du côté du « Bien » ou du « Mal » (comme nous l’avons dit plus tôt, même les Satanistes sont convaincus que leur coté est le « Bon » coté). On réalise plutôt la distinction en se demandant si un acte magique spécifique est en accord avec le Rede Wiccan, et respecte le principe de « dommage ».

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Sur la théologie wiccane [partie 5]

Sur la Théologie Wiccane (Partie 5). Par Rene Delaere et le Dr. David L. Oringderff © 2002, traduction Artus.

  • La réalité du bien et du mal

Ceci nous conduit à la question ultime, ou paradoxe. Le « bien » et le « mal » existent-ils vraiment ? Comme nous l’avons vu, tous les bi-théismes éthiques sont par nature destructeurs ; une force ou entité cherche à dominer et détruire l’autre. Les bi-théismes éthiques sont par définition, autodestructeurs et donc instables. Le but est qu’une force domine finalement l’autre et l’élimine ; ceci, alternativement, élimine le Niveau II et réduit leur religion à une forme de monothéisme de Niveau I. Nous voyons cela également dans la Chrétienté moderne, ou de nombreux Chrétiens « new-age » trouvent l’idée même de la Guerre sans fin et des horreurs de l’enfer et de la damnation qui l’accompagnent, si répulsive, qu’ils essaient d’effacer l’existence du « Diable » de leur religion. Ils œuvrent pour une forme de Chrétienté où le « Diable » n’est plus vraiment « réel » ; mais où il est plutôt simplement une illusion ou une métaphore. On observe ceci dans certaines branches d’autres religions, incluant le paganisme, où l’ombre ou le sombre ne sont pas reconnus. Les beautés de la nature sont exaltées, son impressionnante capacité de destruction est ignorée. Quand l’aspect sombre de n’importe quel dieu ou déesse est ignoré, les résultats peuvent être désastreux. Cela peut conduire, dans un contexte new-age, à la négation de la réalité du « mal » à l’échelle humaine. Quand une personne nie l’Ombre de sa propre psyché, les résultats sont au mieux des illusions hypocrites, au pire des problèmes psychopathologiques. On devrait être conscient que la Wicca ne nie pas le « mal ». Quelque soit le système à travers lequel nous les percevons, le bien et le mal font partie de notre réalité expérimentale. Qui n’a jamais souffert de l’injustice, ou de la malchance, ou d’un traumatisme non mérité ? Aucune de ses choses ne sont « mauvaises » intrinsèquement, mais elles nous permettent de faire une remarque. Aucun de nous ne peut nier que de « mauvaises » choses peuvent arriver.

La Wicca ne nie pas la réalité du « bien » et du « mal ». La Wicca n’est simplement pas d’accord avec le concept de « bien absolu » et de « mal absolu » postulé par les bi-théismes éthiques. La Wicca soutient plutôt que, comme dans le concept chinois de Yin et de Yang, il est impossible de régler la question du « bien » ou du « mal » à une dimension de Niveau II. Ceci nécessiterait la suppression du point blanc de la zone noire, la rendant totalement noire, et vice-versa. Ceci est non seulement « impossible », mais c’est également extrêmement destructeur au niveau Divin, tout autant qu’au niveau de la psyché humaine.

De nombreux anthropologistes pensent qu’il y a eu une période sans « démons » dans le développement humain. Cela semble être évident que ceci doit avoir eu lieu avant le patriarcat et le développement des bi-théismes éthiques. La Wicca ne connait pas non plus de « démons », au sens Chrétien du terme. La morale de la Wicca n’est pas réfléchie au Niveau II Divin. Elle est fermement basée au niveau humain sur le principe de « dommage ». Ce sujet est détaillé dans la section éthique du Rede Wiccan.

  • Le futur de la Chrétienté

Il y a des raisons de penser que dans la deuxième moitié du vingt-et-unième siècle, la Chrétienté, en tant que religion basiquement bi-théiste, arrive à un virage dans son histoire. Tout d’abord, dans l’Europe Occidentale, l’âge de l’intégrisme Chrétien appartient au passé. Le temps où la doctrine chrétienne a essayé d’influencer et régir la vie des gens minute par minute est révolu. Certaines personnes n’acceptent pas cela gracieusement. Ce sont les plus dangereux car ils se battent pour une cause perdue, ils s’attachent à un pouvoir qui appartient au passé. Ces fondamentalistes, Chrétiens « régénérés » sont les plus dangereux en raison du caractère destructif, potentiellement extrême, d’un bi-théisme éthique « frustré ». Ils n’hésiteraient pas à réinstaurer l’ère des bûchers si on leur donnait la moitié d’une chance.

D’un autre coté, un grand nombre de personnes dans les pays qui ont encore nominalement une majorité Chrétienne, on atteint une version « presque monothéiste » du Niveau II de la Chrétienté. Sans pour autant nier la réalité de « l’enfer », de la « damnation éternelle », et du « diable », ils essaient d’éviter la question, même s’ils croient toujours en eux. Ils peuvent encore croire en eux, mais cela n’a plus de conséquences pratiques. Ils s’efforcent à faire le « bien », sachant que, n’étant pas parfaits, ils peuvent échouer. Ils acceptent leur propre faillibilité et imperfection, et donc la faillibilité et l’imperfection des institutions comme l’église et les autorités religieuses. Ceci permet de nouveaux développements. La possibilité d’un clergé féminin est devenu une réalité pour certain, une question de temps pour d’autres. Ils sont plus tolérants, et moins hostiles envers les autres religions. Ceci les rend de moins en moins « patriarcaux », de moins en moins hostiles envers le sexe, envers les femmes et envers la nature. Ces formes de Chrétienté peuvent coexister paisiblement avec des formes de bi-théismes basés sur le genre. Bien sûr, les fondamentalistes considéreront les Chrétiens les plus libéraux comme sectaires et « des traîtres de la foi » ; et du point de vue d’un bi-théisme purement basé sur l’éthique, ils le sont en effet. Il reste le danger inhérent qu’ils se “rétractent” si les fondamentalistes gagnent du pouvoir et de l’influence et les réformateurs libéraux pourraient être forcés à « retourner dans le moule ». Le champ morphique d’un bi-théisme basé sur le genre a tellement gagné en force cependant, pour la première fois depuis le dernier millénaire, il semble qu’il y ait une réelle possibilité de dialogue entre, au moins, certains Chrétiens et la communauté païenne et Wiccan.

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Sur la théologie wiccane [partie 4]

Sur la Théologie Wiccane (Partie 4). Par Rene Delaere et le Dr. David L. Oringderff © 2002, traduction Artus.

  • Le caractère arbitraire de « l’éthique » dans un bi-théisme orienté sur l’éthique

Tout bi-théisme orienté sur l’éthique est arbitraire par nature. Comment peut-on être sûr que l’une des deux divinités qui s’opposent est la « bonne ». Prenons comme exemple le christianisme. Sur quel critère peut-on baser sa décision que IHVH est le « bon » gars ? Ce problème est le paradigme central dans la religion des Cathares, des Yezidis et des Satanistes.

Les cathares. Dans le gnosticisme, le concept Platonique abstrait de « sophia » (tempérance) conduit ultimement au concept de Sophia comme une entité divine, en tant que Déesse. Comme la « tempérance » peut être le seul critère ultime par lequel on peut définir le « bien » et le « mal », Sophia doit être le « Bien » suprême. Cependant, le dieu créateur de l’Ancien Testament, IHVH, doit être un dieu « mineur », le démiurge et donc le « Mal ». Même Salomon parle de Tempérance (Sophia) dans les Proverbes, Chapitre 8, il écrit qu’avant la création, Elle était. IHVH, est alors le créateur de l’univers matériel, le Rex Mundi, le Roi du Monde, et donc la création elle-même est « corrompue » par son « mal ». Le bi-théisme Cathare d’origine, orienté sur l’éthique, a donc évolué en bi-théisme orienté sur le genre, dans lequel la Déesse Sophia est le « Bien » et IHVH est le « Mal ». La partie orientée sur le genre introduit la douce Déesse, ce qui explique la nature « douce » par essence des Cathares qui ont été persécutés et assassinés avec brutalité par leurs voisins Chrétiens. La partie orientée sur l’éthique avec l’inhérente « corruption » de la création, transforme les Cathares en personnes qui étaient hostiles à la continuation de la création (par IHVH) et la pro-création. Ils étaient partisans de la fin de la procréation comme seul moyen pour arrêter le travail maléfique du démiurge. Ils s’abstenaient donc d’avoir des enfants, tentant ainsi d’arrêter la prolifération du « mal » créé par IHVH. Ce qui est si remarquable au sujet des Cathares est en fait que le bon gars est Une. Cela montre comment dans un autre environnement strictement patriarcal, le champ morphique de « la Déesse » peut survivre. En effet, il devint assez puissant pour conduire à une expansion de la religion Cathare dans une grande partie de l’Europe, avant d’être éradiquée par les Chrétiens patriarcaux. En fait, en analyse finale, en ce plaçant d’un point de vue Cathare, les Cathares ont eu raison sur la base de leur propre extermination. Mais le champ morphique de la Déesse surgit de nouveau dans la religion Catholique patriarcale à travers le personnage de Marie, qui a accumulé de plus en plus d’attributs « divins » bien que sans jamais lui accorder le statut divin officiel : des dogmes ont été promulgués l’appelant la « mère de dieu » et la « médiatrice de toute grâce ». Il y a aussi les dogmes de son « immaculée conception » et de son « ascension au paradis ».

Il y a un exemple de curieux phénomène de Niveau II dans la chrétienté primitive. Bien qu’étant essentiellement un bi-théisme éthique avec « Dieu » et le « Diable » en tant que divinités antagonistes, la Chrétienté, dans son développement primitif, introduit un concept de Niveau II pour son « Dieu » qui était supposé être l’entité de Niveau I. Ils ont inventé la Trinité du « Père », du « Fils » et du « Sain Esprit » en tant que trois « personnages » de l’entité de Niveau I (qui est fortement patriarcale, tous les trois étant vus comme « masculins »). La chrétienté orientale, qui était d’une orientation très philosophique, voyait le Père comme l’entité de Niveau I, et le Fils et l’Esprit comme deux entités de Niveau II, aspects ou émanations de ce Père, entité de Niveau I. Dans leur conception, IHVH de l’Ancien Testament était le « Fils » en tant que créateur matériel, alors que « l’Esprit » était le créateur spirituel. Jésus était alors vu comme un humain, incarnation du « Fils ». Le schisme précoce au sein de l’Eglise Romaine entre la partie Orientale et Occidentale de l’Empire a été causé par l’incident de « filioque ». L’église Romaine Occidentale voulait inclure le mot « filioque » dans le texte latin du Credo, affirmant que le Saint Esprit était issu du Père ET du Fils (« qui ex patre filioque procedit »). Pour les théologiens Orthodoxes Orientaux, ceci était un non-sens flagrant : comment l’Esprit pouvait simultanément être une extension du « père » et du « fils » (fécondant la vierge Marie) et « être issu » du « père ET du fils ». Pourtant, dans le l’église chrétienne occidentale, le prophète Jésus a été vu progressivement comme le Fils (plutôt que l’incarnation du Fils) et l’entité IHVH de l’Ancien Testament a été vue comme le Père. Le personnage du Père a été perçu comme menant au Fils, qui à son tour conduit à l’Esprit.

Les trinités sont également communes dans de nombreuses religions païennes. Il s’agit cependant généralement de trinités féminines. Elles représentent un niveau intermédiaire entre le Niveau II et le Niveau III. C’est le cas, par exemple de la Wicca avec la Triple Déesse : quand on se concentre sur l’un des « aspects » de la Triple Déesse, on se rapproche du Niveau III, alors que lorsqu’on se concentre sur « l’unité » essentielle des trois aspects, on monte au Niveau II.

  • Les Satanistes

A l’origine, le Sataniste était un Chrétien qui re-lisait avec révolte l’histoire du « Jardin de l’Eden » dans l’Ancien Testament et l’histoire du « Discours sur la Montagne » dans le Nouveau Testament. Il se révolte, pensant que les Juifs et les Chrétiens ont choisi le mauvais côté, celui du « Mal ». Il voit IHVH jaloux, tyrannique et comme une force oppressive, bloquant le chemin du développement et de l’évolution humaine, alors que le Serpent est vu comme un stimulant de ce développement et évolution. Comme les Chrétiens identifient le Serpent à Satan, évidement, celui nommé IHVH doit être « l’Homme du Mal » et Satan doit être le « Seigneur du Bien ». De la même façon dans le Nouveau Testament, ils voient cela confirmé par leur croyance du Darwinisme Social. La raison dicte que la « survie du plus adapté » peut mieux être traduite par « béni soit le fort ». N’importe qui affirmant « béni soit le faible » va à l’encontre de l’évolution et est condamné à perdre la Guerre. Donc le prophète Jésus doit être un défenseur du « perdant », « l’Homme du Mal ». Et si les Chrétiens considèrent la « modestie » comme une vertu, ils concluront que la vraie vertu doit être « l’orgueil ». Ceci souligne encore la nature destructive d’un bi-theisme éthique. Les Satanistes ont de la haine et du dédain pour les Chrétiens et le Juifs, et vice versa. Essayer d’obtenir la modestie « ultime » peut seulement être la preuve d’un « orgueil » malade. Comment être respecté par les autres sans se respecter soi-même, cela en soi demande une certaine quantité « d’orgueil ». L’effort pour réduire la « modestie » ou « l’orgueil » dans leur forme ultime « pure » et cristalline, conduit inévitablement au syndrome Jekyll/Hyde. Les Chrétiens, bien entendu, verront Jekyll comme le bon gars, alors que les Satanistes admireront Hyde. Même les Chrétiens concéderont que n’importe quelle vertu poussée à l’extrême devient un vice. Le Satanisme en tant que Nouveau Mouvement Religieux sera étudié en détails dans une autre section.

Depuis le développement de la psychologie dans notre culture, il y a une tendance à souligner les aspects du Divin de Niveaux II et III. Cependant certaines personnes tenteront d’expliquer le Divin en terme de Niveau II et III seulement. Certains Satanistes affirmeront être « athées », en disant que Satan n’est rien d’autre qu’une partie de leur propre psyché. Certaines écoles de pensée orientale, les hédonistes, et même environ un quart des païens modernes disent la même chose, au moins pour ce qui concerne la forme sous laquelle Dieu existe. Philosophiquement, « la matière est une illusion, seulement l’esprit existe ». Ou plus fonctionnellement, illustré par la fiction de Robert Heinlein, l’Eglise de Tous les Mondes : « Je suis Dieu, Tu es Dieu, Dieu existe seulement en moi et en toi ». Il serait plus correcte de dire qu’ils considèrent le Niveau I comme hors de propos, et réduisent le Niveau II à des proportions strictement humaines.

  • Les Yezidis

Les Yezidis, tout comme les Satanistes, sont généralement et injustement vu par la société dominante, comme des « adorateurs du mal ». Leur religion est née au Kurdistan, à la fois sur l’influence du Christianisme et de l’Islam. « L’Homme du mal », que les Chrétiens appellent « Satan », et les Musulmans « Iblis », est appelé « Jazid » par les Yezidis (Ndt : je ne sais pas où les auteurs ont trouvé cette information, généralement le nom qui lui est donné est Taus-Melek, Aus-Melek ou encore Auz-Melek). Cependant, dans leur croyance, la Guerre entre « Dieu » et Jazid se termine par une réconciliation. Finalement, Jazid, comme n’importe quel être, veut seulement le « bien » (comme nous l’avons démontré auparavant), il se repent et est pardonné. Ensuite, « Dieu » se retire de l’univers créé et place le gouvernement dans les mains de Jazid et six autres anges. Jazid est adoré en tant que « Roi-paon », le « Fier ». Les Yezidis sont uniques dans le fait qu’ils résolvent le problème de la destructivité du bi-théisme éthique en éliminant le Niveau II et le réduisant en Niveau I monothéiste pour toutes les choses pratiques.

Il devrait être évident d’après ces trois exemples qu’aucun n’adore vraiment le mal. Nous devons être conscient, cependant, que le Christianisme et le Satanisme sont équivalents, d’un point de vue théologique ; d’une perspective éthique, ils ne le sont pas. La morale Chrétienne utopiste et irréaliste ordonne de tendre la seconde joue (Les exemples pratiques sont rares ; les exemples d’hypocrisie ne le sont pas). Le Satanisme adhère à une forme de Darwinisme social qui exclu par principe toute forme de compassion humaine, d’une manière qui, pour la plupart des Wiccans, est totalement répugnante et inacceptable émotionnellement. La morale du Satanisme dépasse même la cruauté du « œil pour œil » de l’Ancien Testament. Dans chaque religion où la Déesse a une place importante, le rationnel sera presque toujours tempéré par l’émotionnel (irrationnel). Les circonstances sont toujours pesées en même temps que la lettre de la loi. Ceci explique pourquoi, quand le cœur est concerné, la Wicca est plus proche du Christianisme que du Satanisme. Aucun Wiccan, face au choix entre le prophète de Nazareth et son opposant, n’aura le moindre doute au sujet de qui concordera mieux à notre coven.

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Sur la théologie wiccane [partie 2]

Sur la Théologie Wiccane. Par Rene Delaere & Dr. David L. Oringderff © 2002, traduction Artus.

  • Caractère Transcendent et immanent du Divin

Le Niveau I illustre clairement le caractère transcendantal du Divin, alors que le Niveau IV illustre son caractère immanent.

Les Niveaux II et III sont entre les deux et illustrent les caractéristiques du Divin qui sont plus proches de la psyché humaine.

Dans une direction opposée, du Niveau IV à III, on peut observer comment un personnage à l’origine « historique » peut devenir un personnage « héroïque », puis un personnage « légendaire » et finalement évoluer en personnage « mythique » en tant que « dieu » ou « déesse ».

Dans la direction de III vers IV, un dieu ou une déesse peut être illustré à travers le mythe en tant que personnage mythique et évoluer vers quelque chose d’interprété comme un personnage légendaire avec les racines historiques possibles. Il est par exemple impossible de dire si le « roi Arthur », le « roi Bran », ou le « roi Lear » étaient des « dieux » à l’origine dont un roi historique a utilisé le nom, ou s’ils étaient des rois qui ont ensuite évolué dans une dimension mythique et sont devenus une sorte de « dieux ».

On peut aussi voir comment le Niveau II se reflète dans la psyché humaine à travers ce qui est appelé « animus » et « anima » dans la psychologie Jungienne. L’animus est l’aspect masculin d’une femme, et l’anima est le masculin d’un homme. Cet « aspect contre-sexuel » dans la psyché humaine est extrêmement complexe et au-delà de l’étendu de cette présente discussion. (Les références appropriées sont citées dans la Liste des Lectures Recommandées pour ce module). Le niveau II est généralement considéré comme le plus typique pour la Wicca en tant que religion et est utilisé pour différencier la Wicca des autres religions, qui peuvent inclure d’autres niveaux mais où le niveau II n’est jamais explicité en tant que polarité basée sur le genre.

  • Deux formes essentielles de bi-théisme

Le bi-théisme est essentiellement un système avec deux divinités qui ont une relation spécifique. Dans un bi-théisme orienté sur le genre, la relation est synergique. Les deux divinités aspirent à une forme d’union mystique, ou ré-union. Le concept central « d’amour » (Eros), et la polarité est créative et libératrice.

Dans un bi-théisme orienté vers l’éthique (politique), la relation est antithétique. Les deux divinités tentent de se détruire l’une l’autre. Le concept central est « la mort » (Thanatos), et la polarité (ou plutôt la dualité) est liée au contrôle et à la destruction.

Comme le bi-théisme est au Niveau II, il est situé sur une dimension connectée plus étroitement à la psyché humaine. Les deux formes de bi-théisme trouvent leur parallèle dans la psyché humaine dans ce que Freud appelle Eros et Thanatos. Une analyse psychologique du bi-théisme synergique peut être trouvée dans le concept d’animus et anima de Jung. Une analyse psychologique du bi-théisme antithétique reflété dans la psyché humaine peut être trouvée dans le Dr. Jekyll et Mr. Hyde de Louis Stevenson.

Exemples de bi-théismes basés sur le genre :

En dehors de la Wicca aujourd’hui, on peut trouver de nombreux systèmes païens anciens ou ce niveau était central.

  • Grèce

La période classique s’est stabilisée autour du polythéisme de Niveau III, où sous l’influence des philosophes classiques, le panthéon a largement évolué par étapes, vers une religion politique (une religion de la « polis », la cité). La religion Grecque Classique est devenue par essence une religion « éthique ». Une religion « éthique » est une religion dans laquelle les gens pensent (comme aujourd’hui dans la civilisation Occidentale) que la croyance dans les dieux (ou en Dieu) est la seule garantie que le peuple se « comporte » de façon morale. C’est précisément pour cela que la forme « d’athéisme » de Socrate été vue comme une menace pour l’état et considérée comme « immorale ». Cependant, dans le mythe original, on se rappelle d’un état « plus ancien » où les divinités centrales étaient Ouranos (Uranus) et Gaïa et tous les dieux « cadets » étaient des enfants et petits enfants du couple Divin originel. Maintenant, le mot grec « Ouranos » signifie également « les cieux » et le mot « Gaïa » signifie « terre » : Donc nous avons le Père Ciel et la Terre Mère. Evidement, cela fait référence à une plus ancienne période où le paradigme Divin central était sur le Niveau II et était un bi-théisme orienté sur le genre. Nous voyons également dans cet exemple (en Grèce) que les « noms » des divinités au Niveau II sont très abstraits et non spécifiques.

Dans une évolution naturelle, une religion peut se développer sur le Niveau II ; ensuite le couple Divin originel aura des « enfants » et la génération suivante de dieux et déesses permettra à la religion de se développer au Niveau III. Quand une tribu ou un groupe de tribus conquièrent une tribu voisine ou un pays voisin, les habitants locaux sont généralement absorbés (au « statut » social le plus bas) plutôt que d’être directement exterminés. La même chose arrive à leurs dieux de Niveau III (ou même de Niveau II s’ils n’ont pas encore développé un Niveau III) : à la fois la population d’origine, mais également leurs dieux sont rangés à un « statut » subalterne. Comme par exemple les rois Achéens, qui ont fait accepter leur royauté en se mariant aux reines locales, leur Zeus « viola » les déesses locales. En revenant de leurs expéditions Troyennes, de nombreux rois Achéens ont trouvé leurs épouses qui avaient récupéré le trône, le partageant avec leurs nombreux suiveurs et amants. Cependant, progressivement Zeus et les rois établirent leur suprématie. Le panthéon devint de plus en plus important et les mythes ont du être intégrés, expliquant le rôle de chaque divinité de Niveau III.

Simultanément, nous voyons ici une autre caractéristique du Niveau III : par lui-même, le Niveau III n’est jamais entièrement stable, le panthéon n’est jamais « plat ». Il y a toujours une tendance qui conduit une des divinités à devenir le « chef ». Nous reviendrons à cela plus tard.

  • Égypte

Des traces du bi-théisme Niveau II peuvent être trouvées dans l’ancien mythe de Geb et Nout. Ici, les polarités sont inversées, Nout est la Déesse des Cieux et Geb le Dieu de la Terre. À un stade plus avancé, la religion égyptienne a évolué vers un polythéisme de Niveau III, avec des rivalités typiques entre les différentes castes de prêtres. Les rivalités célestes sont généralement issues de rivalités plus terrestres entre les différentes castes de prêtres pour la richesse et le pouvoir. La religion devient un sujet politique, l’affaire de l’État (tous les biens immobiliers et les récoltes ont appartenu aux prêtres d’Amon et la révolution religieuse d’Akhenaton a donné une fin violente à ce règne). Cette partie de la population qui a développé une insatisfaction envers la religion d’État s’est mise en quête d’expériences religieuses plus profondes offertes par une religion à « mystères », et ont fondé le mythe d’Isis et Osiris. Bien que nous ayons ici trois divinités : Isis, Osiris et Horus, Horus est une incarnation d’Osiris et le culte d’Isis/Osiris est un exemple de mutation, et la religion égyptienne s’est retrouvée de nouveau à un Niveau II à partir d’un foyer central de Niveau III.

Dans pratiquement tous les bi-théismes orientés sur le genre les plus anciens, l’un du couple Divin est associé à la Terre, et l’autre au Ciel. Dans les bi-théismes orientés sur le genre plus récent, l’un est associé à la Lune et l’autre au Soleil. Les polarités peuvent varier. Encore plus tard, on observe le développement de quatre entités Divines : le Ciel et la Terre, le Soleil et la Lune. Ces entités ont généralement la même polarité correspondante au genre des quatre éléments : le Ciel et la Terre (Air et Terre), le Soleil et la Lune (Feu et Eau).

Le concept de bi-théisme basé sur le genre est si profondément ancré dans la psyché humaine que nous pouvons même le trouver, bien que sous une forme cachée, dans la tradition Judéo-Chrétienne. L’église représente souvent « l’épouse » du Christ. Et il y a un peu de poésie érotique dans la Chanson de Salomon dans l’Ancien Testament. Historiquement, c’était la chanson utilisée par Salomon pour courtiser la reine (Éthiopienne) de Sheba. Les théologiens l’interprètent généralement comme une chanson d’amour où IHVH est l’homme, et l’esprit humain la femme.

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Sur la théologie wiccane [partie 3]

Sur la Théologie Wiccane. Par Rene Delaere & Dr. David L. Oringderff © 2002, traduction Artus.

Exemples de bi-théismes orientés sur l’éthique (politique) :

  • Le Zoroastrisme
  • Les religions pseudo-monothéistes comme le Judaïsme, le Christianisme et l’Islam.
  • La religion Yezidi et le Satanisme.

Quand Zarathoustra (Zoroastre) prêchait en Perse (environ 600 Av. JC), il parlait de « Angra Maniou », « l’Homme du Mal » et de « Ahura Mazda », « le Seigneur du Bien ». Il s’agissait de la première déclaration d’un « bien absolu » et d’un « mal absolu ». Même IHVH, selon le prophète Isaïe (Isa 45 :7), assume son autorité à la fois sur le bien et le mal. Les juifs de retour de leur exil ont ramené ce nouveau concept dualiste (le bien absolu contre le mal absolu) avec eux. Ceci a conduit à la plus grande réforme religieuse de leur histoire. Cette nouvelle façon de percevoir IHVH a été impitoyablement imposée à la population locale. Depuis ce temps, le Judaïsme est devenu un bi-théisme de facto orienté vers la politique avec IHVH et Satan en tant qu’adversaires destructifs. A la fois le Christianisme et l’Islam ont hérité de cela de la religion Judaïque. Dans l’Islam bien entendu, les deux adversaires sont appelés Allah et Iblis. Nous discuterons des Yezidis et des Satanistes plus tard.

Les bi-théismes orientés sur l’éthique (le bien contre le mal), se développent généralement en sociétés patriarcales extrêmes. Dans ces sociétés les deux forces opposées, l’Homme du Mal et le Seigneur du Bien, sont généralement des entités masculines. La nature destructrice de cette forme de bi-théisme conduit généralement au même schéma destructeur quand les tribus où les terres voisines sont conquises. Les envahisseurs s’engageront généralement dans de longs massacres des populations conquises, vues comme des adorateurs du diable, dans le but de détruire leurs dieux qui sont vus comme des aspects du « diable », et la guerre sur Terre est vue comme une conséquence naturelle de la guerre dans les Cieux.

  • Le paradoxe du bi-théisme basé sur l’éthique

A cause de la nature antithétique d’un bi-théisme basé sur l’éthique, les deux opposants s’efforcent de se détruirent l’un l’autre. Ils n’ont pas le choix que de se détester et s’exécrer l’un l’autre, et d’essayer d’éliminer l’autre camp. Il y a donc seulement deux possibilités, ce qui est très dur pour l’adorateur humain, qui préférerait être du côté du gagnant de cette guerre.

Une possibilité est de considérer que les deux sont aussi forts. Le paradoxe ici est que, comme l’histoire est toujours écrite par les vainqueurs, le gagnant sera ultimement révélé comme étant le représentant du bien et le perdant celui du mal. Mais… si les deux sont vraiment « égaux » en force, la guerre ne finira jamais, ceci rendant impossible le fait de déterminer qui est bon et qui est mauvais, et plus important, de quel coté on a envie de se placer.

La seconde possibilité est qu’une des entités (bonne ou mauvaise) est plus puissante que l’autre. Dans ce cas, le plus fort aurait du logiquement détruire complètement son adversaire après la première nanoseconde de la création de l’univers.

La première possibilité est hautement indésirable. La seconde est contradictoire avec les faits.

Tous les bi-théismes basés sur l’éthique, assez étrangement, choisirons la seconde hypothèse. Ceci les laisse avec une tâche qu’il est impossible de résoudre, la contradiction au travers des mécanismes étranges et complexes. Ils doivent par certains moyens essayer d’expliquer pourquoi le Seigneur du Bien, bien que plus puissant que l’Homme du Mal, ne l’a pas encore vaincu et purgé toute la création de toute piste et trace de malédiction et de mal. Généralement, ils placent la contradiction dans le contexte d’une lutte contemporaine qui se terminera un jour, mais pas aujourd’hui. Quelque part, dans un futur distant, le « Bien » triomphera du « Mal » une fois pour toute. Ceci conduit à une situation ou le Bien est plus puissant que le Mal, et éventuellement « détruira » le Mal. Donc, les « fidèles » ont un intérêt particulier en choisissant le côté du Bien. La raison de remettre à plus tard la victoire finale du bien sur le mal est alors expliquée par des concepts comme « la Liberté de choix » et la « souffrance ». Les fidèles ont à prouver qu’ils sont capables de choisir « librement » le coté du Bien, sans le confort de « connaître » l’issue finale. Ils ont aussi à « souffrir » parce que le Bien tolère le Mal dans le but de créer l’apparence d’une égalité de pouvoir. Pire encore, ils créent une impression que dans certains domaines, le Mal est en fait plus puissant, et est en guerre permanente contre les « fidèles ». Comme les bi-théismes basés sur l’éthique ou la politique sont presque toujours fanatiquement patriarcaux, le domaine le plus puissant du Mal est incarné dans les concepts et archétypes féminins : la matière, la terre, la femme, ou la nature. Mais ceci conduit ultimement à la détresse psychique. L’exemple typique de cela dans les religions Judéo-Chrétiennes est celui de Job, qui fait le « bon » choix malgré toutes les preuves du contraire. Jung a fait des observations très instructives dans sa Réponse à Job, ce qui a entraîné pas mal de condamnations de la part des théologiens et des psychologues contemporains.

  • Le personnage destructeur de l’éthique dans un bi-théisme orienté sur l’éthique

Le personnage destructeur de cette bataille entre le bien et le mal personnifié et déifié est supposé continuer « éternellement jusqu’à la fin des temps » (à la fin de l’univers tel que nous le connaissons) se reflète dans la psyché humaine du fidèle. Robert Louis Stevenson a démontré ceci admirablement dans Dr. Jekyll et Mr. Hyde en s’attachant à distiller tous les composants « mauvais » de sa propre psyché humaine et les réunissant avec l’ultime but de les enlever et de les éliminer. Il y réussit uniquement en créant Hyde. La morale de l’histoire est que cette personne, s’efforçant de devenir un Jekyll « parfait et purement bon » terminera en sombrant de plus en plus dans Hyde « parfait et purement mauvais ».

Les pères de l’église Chrétienne comme Paul et Augustin ont fait des découvertes similaires, en énonçant : « je tâche avec tout mon coeur de faire le bien et continuellement je suis confronté avec le fait que je fais le mal. » Ceci nous laisse avec deux questions plutôt inquiétantes :

Pourquoi quelqu’un (même un Saint ou un Apôtre) choisi toujours le mal au lieu du bien ?

Pourquoi le mal semble toujours gagner ?

La réponse à la première question est encore un paradoxe. Il est impossible de « vouloir » ce qui est « mal », à moins que la personne qui « veut » cela, pense manifestement que c’est une « bonne » idée. Le mal absolu et parfait est au delà de la compréhension et de la nature humaine. Les bourreaux de l’inquisition étaient persuadés que ce qu’ils faisaient à leurs victimes était « bien ». Plus récemment, mais ceci est tout autant absurde, la notion « d’épuration ethnique » considérée par certains comme un service rendu à l’humanité.

La réponse à la seconde question est également un paradoxe. Quelque soit le stratagème que l’on emploie pour codifier le « bien » et le « mal », en élevant ceux-ci dans le dimension Divine, cela ne peut camoufler le caractère destructif d’un bi-théisme orienté sur l’éthique. Le résultat final cela destructif et la volonté destructive a toujours été codifiée dans la catégorie du mal. Nous ne devons pas oublier, quand nous traitons avec le Niveau II, à quel point celui-ci se reflète dans la psyché humaine. Plus quelqu’un tente fanatiquement d’obtenir la suprématie du « bien », plus celui-ci réalisera irrévocablement le « mal » ; plus quelqu’un tente désespérément d’être Jekyll, plus il deviendra irrévocablement Hyde.

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Sur la théologie wiccane [partie 1]

Sur la Théologie Wiccane. Par Rene Delaere & Dr. David L. Oringderff © 2002, traduction Artus.

  • Un Paradigme Multidimensionnel de la Divinité

Dans une religion qui n’a pas de dogme, pas de Livre des Saintes Lois, pas de pontife, pas de prophètes, pourquoi avons-nous tout de même besoin d’étudier la théologie ? Simplement parce qu’il semble inhérent à la nature humaine de chercher Dieu, la Force de Vie, l’Intelligence Cosmique, l’Ineffable, l’Un, le Tout. Quelque part dans le labyrinthe de l’Inconscient, dans les profondeurs de notre âme, nous savons que cela existe en tant que Principe Divin.

Nous pouvons expérimenter cela au niveau subliminal, mais nous ne pouvons complètement le comprendre à un niveau rationnel, conscient. Le langage n’est pas adapté pour décrire l’expérience de la Vérité qui est la fin ultime de tous les voyages spirituels. Nous tentons de décrire cette expérience mystique, Divine à travers les chansons, la poésie, la musique, l’art et les mythes dont le langage est symbolique et parle à l’Âme au lieu de parler à l’intellect. Malgré tout, nous sommes incapables de décrire l’indescriptible.

Pourtant, l’humanité à travers tous les âges s’est sentie obligée d’amener le Principe Divin sous des formes qu’elle peut comprendre et auxquelles elle peut se rattacher. Les Wiccans ne sont pas différents. Nous cherchons des chemins pour saisir, pour nous rattacher, pour nous unir à nos Dieux à travers nos rites et nos rituels.

Les Livres des Ombres Wiccan (BoS) fait références à quatre différents chemins ou dimensions de la perception du Divin. Dans le traité suivant, nous utiliserons le terme « Niveau » pour distinguer ces différents chemins de perception de la Réalité Divine. Nous utilisons ce mot pour des questions pratiques de communication. Gardez à l’esprit qu’il n’y a pas de relation hiérarchique dans ce paradigme. Conceptualiser le Divin à un niveau monothéiste n’est pas « mieux » ou « plus juste » que de conceptualiser le Divin à un niveau animiste ou panthéiste.

En effet, dans la Wicca, nous reconnaissons et honorons le Divin à tous ces niveaux.

  • La Dimension Monothéiste, Niveau I

À un premier niveau, nous parlons de « la Divinité », « la Réalité Divine », l’ « Un » ou des termes similaires qui indiquent l’unité ultime de toutes choses. Jung appelle cela « principe de relations acausales » (ndt : le principe de la synchronicité). À ce niveau la Wicca peut être considérée comme « monothéiste ».

  • La Dimension Bi-théiste, Niveau II

À un second niveau, la Wicca fait la différence entre « le Dieu » et « la Déesse », les principes mâles et femelles, inhérents à toute la nature. À ce niveau de perception, d’expérience ou d’interaction avec le Divin, la Wicca peut être considérée comme une religion bi-théiste. Nous discuterons d’autres modèles bi-théistes un peu plus tard.

  • La Dimension Polythéiste, Niveau III

À un troisième niveau, la Wicca étudie et fonctionne avec les nombreux aspects du Dieu et de la Déesse. Ici, nous attribuons généralement des noms, des caractéristiques et des descriptions pour caractériser des entités archétypales individuelles. À ce niveau, la Wicca peut être considérée comme une religion « poly-théiste ».

  • La Dimension Panthéiste, Niveau IV

À un quatrième niveau, la Wicca reconnait la présence de « l’étincelle » Divine en chaque chose « créée », qu’elle fasse partie du règne animal, végétal ou minéral.

Ce niveau serait appelé « animiste » dans un contexte africain (anima = âme), mais il est plus approprié de le nommer « pan-théiste » ou « pan-en-théiste ». En termes jungiens, cela serait le « le Tout qui est en tout » ou le « point qui est à la fois le Centre et la Circonférence ».

Maintenant il est un fait que chaque théologie doit se situer quelque part entre le Un et le Tout, et prévoit donc au moins un de ces Niveaux de Réalité Divine. Il est cependant également un fait que la plupart des religions s’efforcent à se restreindre à seulement un de ces Niveaux, niant, et souvent rejetant le droit des autres.

L’âme humaine, d’un autre coté, ressent le besoin, à un moment ou à un autre se de connecter au Divin sur chacun de ces Niveaux. Dans une telle situation, l’âme humaine évoluera insatisfaite quand le besoin « interne » et l’expérience est interdite. Cela exposera la plupart des autres religions à un stress intérieur et un déséquilibre, comme cela causera une tension dans la psyché des individus membres de la congrégation.

L’unicité de la Wicca réside dans le fait qu’elle reconnait ouvertement la coexistence, l’interopérabilité, la valeur intrinsèque de ses quatre Niveaux. Le clergé de Sacred Well devra être conscient de cela et capable de fournir une assistance aux membres de la congrégation qui ressentent des besoins sur n’importe lequel de ces Niveaux de la Réalité Divine.

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La saison des sorcières

La saison des sorcières. Par William E. Brown (pigiste chez World), traduction Véro.

Bob Barr, du Congrès est un autre chasseur de sorcières. Il a révélé un secret bien gardé par l’armée : depuis deux ans des rituels païens ont été autorisés par le Pentagone, dans diverses bases militaires du pays. Les rituels mensuels, pratiqués par les adhérents de divers groupes connectés au mouvement wica, ont lieu dans un camp scout de Ft Hood près d’Austin, Texas, et dans une demi-douzaine d’autres installations.

Les dires de Monsieur Barr sont tournés en ridicule par les wicas, qui les disent bêtement bigots. Mais ce n’est pas là toute l’histoire. Ce que l’on oublie de dire lorsqu’on parle de ce conflit, c’est l’influence grandissante de la wica au cours des dernières années.

Les wicas font tout leur possible pour effacer les stéréotypes négatifs au sujet des sorcières et obtiennent un certain succès. Au jour d’aujourd’hui ils ressemblent bien plus à la gentille sorcière Glinda qu’à la méchante sorcière de l’ouest. La wica a pris de l’ampleur, tant au niveau du nombre d’adhérents, que de son influence, et il semble que partout il y ait de merveilleuses sorcières. Elles sont dans le coup, elles sont cool et elles ont du pouvoir.

Se basant sur les religions tribales européennes qui honorent la nature, les wicans essayent de restaurer une révérence pour le divin en toute chose, et un retour à la célébration des cycles et des rythmes naturels de la terre. Ils affirment haut et fort que la wica, fréquemment appelée « paganisme » ou « ancienne religion », n’a rien à voir avec le satanisme. Les principes de la croyance wica disent « nous n’acceptons pas le concept de mal absolu, et donc nous ne pouvons honorer une entité connue sous le nom de Satan ou du Diable ».

La wica, en tant que mouvement moderne, trouve ses racines en 1962, quand deux disciples de Gerald Gardner, le sorcier anglais bien connu, immigrèrent aux Etats-Unis et commencèrent à enseigner la wica. A peine deux ans plus tard, la série télévisée « ma sorcière bien aimée » débuta sur les chaînes nationales. La superbe Elisabeth Montgomery luttait quotidiennement contre les soucis que connaissent toutes les femmes au foyer, avec humour, créativité, et pouvoirs surnaturels. La série dura de 1964 à 1972 et fut nominée pour 23 Emmy awards.

Mais il fallut un certain temps pour que les sorcières trouvent une place au grand jour. Les wicas étaient peu nombreux, et subissaient des préjudices de la part de la société chrétienne américaine. Mais, tandis que les sorcières se tenaient dans l’ombre, la wica prenait tranquillement de l’importance en même temps que se répandaient les philosophies New-Age.

A présent les sorcières sont de retour avec une vengeance qui peut se compter en millions de dollars. A la télévision les programmations de « ma sorcière bien aimée » reviennent régulièrement, auxquelles s’ajoutent « Sabrina l’apprentie sorcière » et « Charmed ». Le succès inattendu de « Practical magic » (1998 NDLT) avec Nicole Kidman et Sandra Bullock, et celui du futur « j’ai épousé une sorcière » avec également Nicole Kidman (la nouvelle « witch babe ») et son époux scientologue Tom Cruise, marque le début d’un renouveau du genre.

La popularité de la wica dans la culture actuelle n’est pas due au hasard. Les notions de tolérance, de paix et de pouvoir vont dans le sens du courant de la spiritualité américaine. Les wicas prônent la tolérance envers les autres, et la liberté pour chacun de croire et d’honorer qui et comme il l’entend. Ils ont une animosité naturelle envers la chrétienté, car les chrétiens disent posséder « la seule vérité et le seul vrai chemin ». Mais la promesse de pouvoir et de contrôle conduit la wica vers sa popularité actuelle. A la fin de toutes les revues féminines il y a des pages consacrées aux horoscopes, à la numérologie, et autres expressions du moi psychique. Ajoutez à ce savoir le fait que les wicas pratiquent des charmes pour leur compte propre, ou pour régler des problèmes, et vous n’obtiendrez rien de moins que l’ultime accès au pouvoir.

La wica new-age n’a rien de neuf, elle ressemble beaucoup à l’ancien transcendantalisme, qui est du même jus que les religions orientales. Les wicans disent : « nous ne sommes pas tributaires de traditions d’un autre temps, et d’autres cultures, et nous ne devons d’allégeance à aucune personne ou pouvoir plus grands que ce que la divinité manifeste à travers nous ».

Cette vision est, comme le dit C S Lewis, « le penchant naturel de l’esprit humain. C’est l’attitude qu’adopte automatiquement l’humain quand il est livré à lui même ».

Sans révélation, notre réponse naturelle est de déifier non seulement le monde autour de nous, mais aussi nous-mêmes. La dépravation est remplacée par la divinité et la réincarnation nous laisse un espoir pour une vie future. L’Apôtre Paul toutefois nous rappelait que la vérité ne commence pas avec la terre, mais avec la personne du Christ « Prenez garde que quiconque ne vous emprisonne avec une philosophie creuse et décevante, qui dépendrait de la tradition humaine et des principes de base de ce monde, plutôt que de Christ » (Colossians 2)

Tandis que Bob Barr est susceptible de ne pas gagner son combat législatif dans notre environnement pluralistique, les chrétiens doivent tenir compte du fait que les racines de la wica sont profondément ancrées dans un sol ancien. Les sorcières essayent à toute force de faire oublier leur mauvaise image, mais la quête de pouvoir séparée de la vérité conduira à quelque chose de tordu qui se pointe à l’horizon.

Le masque du cerf

Par Evan Jones et Chas Clifton, traduction Véro .Extrait de « Sacred Mask, Sacred Dance ».

De tous les masques c’est sans doute celui du cerf qui est le plus ancien, il remonte jusqu’au temps des cavernes. Prêtre du dieu des troupeaux, le chaman était sans doute vêtu en peau de cervidé et portait des bois pendant le rite. Le même Dieu cornu se retrouve dans les populations d’éleveurs, mais alors, au lieu d’être le Dieu de la Chasse il devenait le Dieu des Troupeaux et de la fertilité de ces troupeaux. Chez les Celtes c’était Cernunnos, et dans la mythologie celte et anglo-saxonne on trouve un concept de Dieu-cerf, danseur et meneur du groupe, personnifiant les actions rituelles des prêtres/danseurs, et servant les Dieux.

Dans le Chant d’Amergin, on trouve écrit « je suis un cerf à 7 cors » ou encore « je suis le cerf aux 7 combats » On peut comprendre par-là « je suis le roi qui règne 7 ans ». Mêlez cela à l’image du chevreuil dans le bosquet et nous voilà avec le concept d’un roi divin sacrifié (même métaphoriquement ) pour que le nouveau roi puisse régner à son tour pendant 7 ans.

Dans notre tradition nous voyons un meneur, portant un masque de cerf, qui reçoit une mort cérémonielle à la fin du cycle de 7 ans. Cette mort peut être symbolisée par un sacrifice de sang plutôt que par le décès réel du meneur, et par un renouvellement de l’engagement vis à vis des Dieux et le serment des dirigeants. Le meneur de la danse, masqué en cerf, après avoir été meneur pendant 7 ans, subira une mort symbolique et rituelle avant de naître à nouveau et de jurer de mener les danseurs sous sa nouvelle forme spirituelle de cerf, roi de la danse.

Le bosquet dans lequel est retenu le chevreuil est représenté symboliquement comme un arbre solitaire, l’arbre du monde Yggdrasill, le puissant frêne, l’arbre qui est le pont entre le monde d’en bas, le monde physique où nous vivons et le monde d’en haut. Ainsi la perche de frêne ne représente pas seulement le Dieu, mais le frêne de vie également.

Dans l’histoire de la pendaison d’Odin sur le frêne sacré il y a deux choses à comprendre. L’une est le sacrifice aux dieux par pendaison, que l’on peut mettre en parallèle avec le symbole du chevreuil qui s’est pris les cornes dans le bosquet, ou bien le Roi cerf attrapé et suspendu par ses cornes à l’arbre sacré. En dehors de l’aspect sacrificiel de tout cela on y trouve une dimension magique. Le fait de souffrir sur un arbre sacré fait partie de l’initiation des chaman/prêtres dans beaucoup de cultures. En se plongeant dans un état symbolique de mort, le chaman s’ouvre aux secrets et au savoir ésotérique pendant sa transe. Une partie de ce savoir est ce que nous appellerons « l’emprunt ».

Cette faculté est décrite comme le fait d’extraire son esprit de son corps pour prendre une forme animale un peu comme Odin quand il lâchait ses deux corbeaux. Lors des états de transe dus à la danse l’affirmation « je suis ce que je dis être et je peux à la fois voir et entendre, donc je me souviens » résume très bien tout ce à quoi rime la danse. La persistance d’éléments chamaniques dans l’adoration d’Odin, et la perduration de ces croyances à travers l’âge sombre saxon et plus tard chez les vikings, laisse imaginer comment ce concept a pu plus tard intégrer la Sorcellerie anglaise ou anglo-saxonne.

Le cerf mène la danse, portant le bâton cornu, qu’il passe ensuite à un autre danseur au début du rite. Ce bâton est ensuite passé de main en main autour du cercle jusqu’à ce que quelqu’un ressente le besoin de le garder jusqu’à la fin de la danse. Le cerf alors quitte le cercle et prend place loin des autres danseurs. Tout en restant en un certain sens le meneur de la danse, il devient aussi le symbole double du meneur/cerf et du Roi du château, ou Roi dans le château, le château étant dans ce cas le rempart autour du tombeau. Ce château est l’endroit où se rend le chaman/prêtre pour recevoir le savoir au sujet du passé, du présent et du futur. Il est l’esprit qui mène le chaman au travers du labyrinthe du chaudron, ou bien, d’un autre point de vue, celui qui guide le prêtre, meneur de la danse, vêtu en animal, à travers la mort, et jusque dans le monde d’en bas, puis le ramène à nouveau.

De retour dans notre monde le prêtre, ou la prêtresse reprend doucement sa forme humaine, perdant le pouvoir de voir à travers les yeux de l’animal qu’il ou elle a invoqué.

La partie finale du rituel est un hommage au Roi cerf. Les danseurs dansent doucement autour de lui et se passent le bâton cornu de main en main jusqu’à ce que celui ci revienne au prêtre. Le prêtre revient, non plus en tant que Roi du Château mais bien en tant que Roi cerf, meneur de la danse une fois encore.

En dépit de la reconnaissance du cerf dans la mythologie et dans la symbolique, il faut garder à l’esprit qu’il est difficile de définir son rôle exact dans les rites. Le cerf, en tant que tel, peut représenter le Dieu Herne-Cernunos, le totem tribal etc…. Il suffit de regarder la petite statuette de cervidé (assez proche de l’élan nord américain) au musée de Brighton, pour se rendre compte qu’il y a là quelque chose de spécial. Cet objet de bronze, daté du Ier ou second siècle de notre ère a été décrit comme étant un objet de culte d’une quelconque peuplade Romano-celtique du Sussex. Cela ne peut certes pas être prouvé, mais si on s’en tient à la réputation du chaman, portant un masque de cerf, et couvert de sa peau, à l’époque néolithique, qui a ensuite donné naissance au mythe du chasseur cornu (dont un individu hanterait le grand chêne dans le grand parc de Windsor) il faut bien reconnaître que le cerf est tout à fait à part des autres animaux cornus.

(…)

Encore aujourd’hui, dans les Alpes autrichiennes quand un chasseur tue un chamois, et qu’il descend le cadavre de la montagne, les guides et les villageois enregistrent cette mort et font des photographies. Ce n’est pas fait uniquement pour la gloire du chasseur, mais aussi pour honorer la victime. Parallèlement à cela un bâton de genévrier, trempé dans le sang du chamois est accroché au chapeau du chasseur, avec une touffe de poils coupée sous le ventre du chamois. Une autre branche de genévrier est placée dans la bouche de l’animal avec l’intention magique de lier le chasseur et sa proie, mais aussi d’empêcher que l’esprit de l’animal ne vienne hanter le chasseur.

(…)

Pour vraiment comprendre le cerf ou son équivalent à l’intérieur des rites ou des danses, il faut d’abord comprendre la nature du cerf lui-même, et sa vie dans le cycle des années. Les jeunes cerfs lui lancent un défi à la période du rut, et il viendra un temps où il sera affaibli et fatigué et où il sera rejeté de la harde. Il vous faut aussi comprendre le jeune cerf qui lance son défi et le perd jusqu’à ce qu’il soit assez fort pour vaincre le vieux cerf. En comprenant cela vous commencerez à comprendre la nature même du cerf. Il y a une étroite relation d’un point de vue ésotérique, entre le cerf « animal » et le cerf « symbole et concept mystique ». Cela fait, montez votre propre groupe ou coven. Le sentiment et la compréhension de ce que le cerf « dans le rite » signifiera pour vous, comment le groupe visualisera et interprétera le masque du cerf d’une façon qui sera la vôtre et celle du groupe, fera qu’à la fin vous aurez un cerf tel que vous le voyez et le comprenez.

Ne vous y trompez pas, les anciens ne basaient pas leur foi et leurs concepts religieux sur la lecture d’épais livres, bien au contraire ils se fiaient à ce qu’ils observaient et retenaient de ce qui se passait autour d’eux. En ayant le sens de l’observation, ils avaient découvert que quelque chose les liait à la nature, les faisant devenir partie intégrante de son cycle. Ils ajoutaient à cette compréhension un désir de donner une forme à l’Esprit de la Création, qu’aujourd’hui nous appelons les Dieux ou les Déesses, ou simplement Dieu. D’une certaine façon nous sommes chanceux. Nous pouvons voir avec le même regard que les anciens, nous pouvons comprendre de la même manière qu’ils le faisaient, et en même temps donner à cette compréhension une forme qui correspond à nos besoins et aspirations, plutôt que de nous sentir liés par leurs traditions. Si on va dans ce sens, les rites des danses et des masques doivent être pris comme étant le départ d’un voyage d’exploration et de découverte, qui nous permettra de redécouvrir les anciennes vérités et de les adapter aux exigences actuelles.

L’influence d’Aleister Crowley sur la Wicca

L’influence d’Aleister Crowley sur la Wicca. Par R. Dearnaley, traduction Lune.

  • Une Suggestion

J’aimerais donc proposer le texte suivant comme une explication possible des origines du matériel qui viendrait de Crowley dans le « Ye Bok of ye Art Magical ». Ce n’est en aucun cas la seule explication qui s’adapte aux preuves disponibles, mais c’est celle que je préfère.

  1. A une certaine période dans les années 20 ou 30, un groupe d’occultistes, qui aurait pu vivre ou non près de la New Forest à cette époque, a travaillé en combinant deux traditions magiques différentes (peut-être un compromis produit par la fusion de deux groupes antérieurs) : magie cérémonielle Salomonienne copiée sur Les Clefs du roi Salomon et d’autres sources et aussi une forme (peut-être plus basique) de sorcellerie, probablement avec un peu des jeux de scenarii rituels. Comme traditionnellement dans la magie Salomonienne, ils recopient tout cela à la main et l’utilisent comme leur livre de travail. Plus tard, ils commencent à développer certains rituels sorciers plus formalisés, en empruntant certains éléments de leurs pratiques magiques cérémonielles, en incluant notamment le rituel mineur du pentagramme, qui provient d’un texte de L’Arbre de Vie d’Israël Regardie (Londres, 1932) et probablement aussi quelques éléments mineurs provenant de Crowley, originellement tirés des numéros de The Equinox.
  2. En 1938, Gardner rencontre ce groupe à Christchurch/Highcliffe près de la New Forest, et en 1939 il est initié en son sein. Il rejoint les deux styles de magie et commence à copier tout d’abord le matériel Salomonien, puis plus tard ajoute certains rituels sorciers, dans le livre manuscrit qu’il intitule « Ye Bok of ye Art Magical ».
  3. A un certain moment durant la guerre, l’ami de Gardner, Arnold Crowther, par chance obtient une copie de Magick en Théorie et en Pratique. A un autre moment, plus tard, probablement avant 1947, il la prête à Gardner, qui en recopie des parties de deux ou trois chapitres (probablement plusieurs fois, depuis la section 1 qui utilise “/” à la place de toute ponctuation et le reste non), et extrait de la Messe Gnostique d’un des appendices.
  4. A un certain moment entre 1919 et environ 1946, probablement après l’initiation de Gardner en 1939, et peut-être après 3) et après (c’est-à-dire après environ 1940), un ou plusieurs membres du groupe obtiennent une copie de The Equinox Volume III Numéro 1 (The Blue Equinox) et le lisent. Ils sont particulièrement frappés par La Loi de la Liberté, qui est une explication du langage simple et souvent magnifique d’un philosophe qui semble fortement en accord avec la leur. Un ou plusieurs d’entre eux, très probablement avec Gardner parmi ceux-là (et très probablement Gardner agissant seul), l’éditent avec un autre petit matériel de l’Aradia de Leland et certains autres de Crowley, tiré de The Equinox Volume III Numéro 1, pour former Leviter Veslis. Gardner copie cela dans son « Ye Bok of ye Art Magical ».
  5. En 1947, Arnold Crowther découvre où vit Aleister Crowley, et lui, Gerald Gardner, et peut-être aussi une jeune femme qui peut avoir été ou pas Patricia Crowther (ou peut-être Edith Grimes) sous le nom d’emprunt de ‘Eva Collins’, rendent visite à Crowley le 1er Mai 1947. Gardner retourne voir Crowley trois autres fois au cours de ce mois. Durant ces moments, il discute de sorcellerie et de magic(k) avec Crowley, et décide que Wicca et O.T.O. sont fortement compatibles. Il est initié au IVème degré de l’O.T.O., et est autorisé à démarrer un « campement » et initier lui-même des gens. Durant le reste de l’année 1947, il tente de faire ainsi, avec peu ou pas de succès et finalement à un moment après la mort de Crowley et ses rencontres avec les gens de l’O.T.O. aux USA, Gardner décide de se concentrer sur la Wicca.
  6. Arrivé à ce point, peut-être aux environs de 1946–1949 (la même période de l’écriture de High Magic’s Aid), Gardner cesse d’utiliser « Ye Bok of ye Art Magical » dans les rituels et (peut-être avec l’aide d’Edith Woodford-Grimes) copie le matériel Wiccan tiré de celui-ci (plus quelqu’autre matériel) dans un autre livre manuscrit, celui à présent connu comme le “Texte A” du Livre des Ombres Gardnérien. Durant midsummer 1953, il réécrit et recopie ce matériel à nouveau, et produit le « Texte B ».
  7. Durant midsumer 1953, Gardner initie Doreen Valiente à la Wicca. Au cours de son initiation, Doreen remarque quelques parties du matériel des travaux publiés de Crowley. Etant donné que l’ancienne partenaire de travail de Gardner, Edith Woodford-Grimes, s’était retirée de la sorcellerie (probablement à cause d’une certaine publicité dans la presse en 1952 sur le coven de Gardner près de Bricket Wood, un camp de nudiste), Doreen devint rapidement la nouvelle Grande Prêtresse de Gardner. Elle persuade Gardner de lui permettre de réécrire beaucoup des rituels, en remplaçant ou en reformulant le matériel de Crowley (la mauvaise réputation à cette époque se transforme rapidement grace à la récente publication de The Great Beast, la biographie à sensation de Crowley par John Symond) et aussi un certain matériel de magie cérémonielle manifestement plus Judéo-Chrétien. Le résultat est le “Texte C” du Livre des Ombres Gardnérien.

L’étoile à 7 branches

L’étoile à 7 branches. Par Doreen Valiente ©, traduction Lune. Extrait de « Witchcraft for Tomorrow », éditions Phoénix.

L’heptagramme

Le sept est le chiffre sacré et mystique par excellence. La plupart des gens connaissent ses significations populaires, telles que les 7 continents, les 7 mers, ainsi que la croyance concernant le 7ème enfant d’une 7ème enfant qui aurait des pouvoirs supranormaux. Cependant, il existe une notion moins connue liée à ce chiffre : sa relation au cercle magique.

Dans le cercle magique, nous avons les quatre directions ou points cardinaux, Nord, Sud, Est, Ouest, plus la hauteur et la profondeur, l’au-dessus et l’en-dessous. Ce sont les 6 directions, et le centre du cercle, l’endroit paisible d’où tous rayonnent, en est le septième.

De plus, les traditions occultes de l’Égypte ancienne, ainsi que celles de l’Inde et du Tibet, ont affirmé que l’être humain consiste en 7 principes : non seulement au niveau du corps physique, visible, mais également et plus encore au niveau des corps subtiles… Qui ensemble, avec l’esprit, les animent. Ces croyances ont existé durant des siècles bien avant que les découvertes de la physique moderne nous démontrent que ce que nous percevons comme un principe solide n’est en fait qu’une simple manifestation particulière de l’énergie.

Je suis païenne

Je suis païenne. Par Selena Fox, traducteur inconnu.

Je suis Païenne. Je suis une partie de la totalité de la Nature. Les Rochers, les Animaux, les Plantes, les Éléments et les Étoiles sont mes parents. Les autres humains sont mes sœurs et mes frères, quels que soient leurs races, couleurs, genres, orientations sexuelles, âges, nationalités, religions, trains de vie. La planète terre est ma maison. Je suis une partie de cette grande famille de la Nature, sans en être le maître. J’ai mon propre rôle à jouer et je cherche à le découvrir et remplir cette partie au mieux de mon aptitude. Je cherche à vivre dans l’harmonie avec les autres, dans la famille de la Nature, les traitant avec respect.

Je suis Païenne. Je célèbre les saisons changeantes, l’avancée de la Roue de l’année. Je les célèbre avec des chants, des danses, des fêtes, des rituels et de beaucoup d’autres manières. Je célèbre chaque mouvement de la Roue avec des pratiques spirituelles personnelles et en prenant part aux fêtes communautaires.

Samhain, communément appelé Halloween, est un temps consacré à regarder l’avenir et à rendre hommage à mes Ancêtres et autres êtres aimés qui sont dans le monde spirituel. Je fais de la magie pour une plus grande liberté religieuse des Païens et de l’humanité toute entière. Je célèbre le nouvel an spirituel wiccan et celtique.

Yule, le solstice d’hiver, est une fête de paix et une célébration de la remontée de la lumière solaire. J’honore le nouvel enfant solaire resplendissant, en brûlant la bûche de Yule dans un feu sacré. J’honore la Grande Déesse sous ses nombreux aspects de mère et le Dieu Père sous les formes du Père Noël, du Vieux Père Ciel, du Père du temps et du Saint Roi. Je décore ma maison avec des lumières et avec du houx, du lierre, du gui, des feuilles vertes persistantes et autres herbes sacrées à cette saison. Je carillonne la nouvelle année Solaire avec des cloches.

Au début de Février, je célèbre la chandeleur, connu par les anciens celtes sous le nom d’Imbolc et par les américains contemporains comme le jour de Groundhog (le jour de la marmotte). Je me concentre sur la purification spirituelle et le dégagement des obstacles pour préparer la venue du Printemps et la nouvelle croissance. Durant cette fête, j’allume des bougies en l’honneur de Brigid et l’invite à m’inspirer dans mes travaux artistiques et me guider dans ma pratique de guérison. Je donne des offrandes de graines aux oiseaux sauvages.

Lors de l’équinoxe de printemps, j’accueille le renouveau de cette saison et célèbre le retour de la couleur verte sur la terre en m’habillant de cette couleur. J’honore la Déesse Teutonique Ostara et l’esprit du lapin, son époux. Je colore des œufs avec des amis et fais les nouveaux choix pour la nouvelle croissance.

Beltane, au début de mai est une fête de la fertilité et du plaisir. Je m’habille de couleurs lumineuses et porte une guirlande de fleurs dans ma chevelure. J’accomplis la danse de mai et bénis les jardins et les créations de projets. Je saute par dessus le feu de Beltane pour porter chance. Je fleuris le Sanctuaire Sacré de la Déesse chatte Bast et les autres sites sacrés.

Le temps du solstice d’été, connu aussi comme Midsummer et Litha, est un temps grandiose de rassemblement lorsque je salue de vieux amis et en rencontre de nouveaux. Je danse avec eux autour d’un feu sacré aux rythmes magiques des tambours. J’honore ma tribu et communauté spirituelle. Je célèbre la culture Païenne. J’ajoute des pierres au cercle sacré sur la terre du sanctuaire du cercle en faisant des prières pour le bien-être et l’harmonie planétaire.

Lorsque août arrive, je célèbre Lammas ( 1° août ), connu aussi sous le nom de Lughnasadh. Durant cette fête, j’honore le sommet de l’été et la prospérité. Je remercie non seulement pour les plantes cultivées et sauvages ainsi que pour les bénédictions qui commencent à se réaliser, mais je prie aussi pour la poursuite de l’abondance. Je rompt et mange le pain avec d’autres dans le rituel et je fais des offrandes d’herbe et de pain aux Déesses et aux Dieux de l’agriculture.

L’équinoxe d’automne, que certains appelle Mabon, est le temps du remerciement pour toutes les récoltes que j’ai moissonnées durant le temps de la croissance. Je remercie pour la nourriture que j’ai reçu des jardins et champs et pour les autres bénédictions qui me sont arrivées. J’offre à la Terre Mère le meilleur des fruits, légumes, herbes, noisettes et autre nourriture que j’ai pu rassembler.

Et à Samhain, cette Roue de l’année recommence encore.

Je suis Païenne. J’honore également les saisons de la vie dans ma propre vie, les commencements, la croissance, la réalisation, la récolte, les achèvements et le recommencement de tout cycle. La vie est un Cercle qui comprend beaucoup de cycles. Avec chaque fin vient un nouveau commencement. Dans la mort, il y a la promesse d’une renaissance.

Je suis Païenne. Je vois des cycles de changement et de renouvellement non seulement dans ma propre vie, mais dans mon héritage. Je vois ma vie comme un cercle qui est relié avec les cercles de vie de mes ancêtres. Ils sont une partie de moi et de ma vie. La sagesse ancienne du renouveau de la nature et du recommencement est incarné dans les armoiries de deux des ancêtres de mon clan. De mes ancêtres Allemands dans la lignée de ma mère je trouve le totem du héron, un emblème de famille signifiant la persévérance et le renouvellement après les difficultés. De mes ancêtres celtiques de ma lignée paternelle, je trouve dans les armoiries le symbole d’un chêne taillé sur lequel germent de nouvelles branches et poussent de sa souche. Celui-ci est inclus dans un cercle avec la devise, « Itenun Viriscit », ce qui signifie « le vert croît encore ». Ces symboles et devise ne me rappellent pas seulement mon propre renouvellement et celui de la nature, mais encore le renouveau de la philosophie païenne sur cette planète qui est une partie du travail de ma vie comme prêtresse païenne.

Je suis Païenne. Le changement de la conscience intentionnelle, la Magie, est une partie de ma spiritualité. Pour chaque problème il y a au moins une solution ainsi qu’une opportunité de croissance. Je crée ma propre réalité avec mes pensées, sensations et actions. Tout ce que je peux rejeter me reviens toujours. Je cherche à respecter la Règle wiccane : « Ne nuis pas et fais ce que tu veux. » Quand je fais de la magie dans les rituels, avant de créer et de diriger l’énergie, je cherche toujours à avoir une plus grande image dans laquelle mes besoins ne constituent qu’une partie. J’essaie de travailler pour le bien de tous aussi bien que pour le mien. Quand des problèmes m’arrivent, je cherche à comprendre leur cause et leurs messages qui deviennent ainsi une partie de la solution. En faisant un travail de guérison, je cherche à m’adresser aux causes spirituelles sous-jacentes de la maladie, plutôt que me concentrer seulement sur le soulagement des symptômes.

Je suis Païenne. J’accomplis la magie de la Lune pour aider et soigner les autres, moi-même et la planète. La Déesse triple de la Lune me guide. J’active les créations et commencements durant la croissance de la lune, énergétise les manifestations durant la pleine lune et rejette les obstacles lors de la décroissance et de la lune noire. Je prends part aux rituels des nouvelles et pleines Lunes et je suis consciente que mes Cercles sont une partie de la grande toile de Cercles qui existent en ce moment autour de la planète terre.

Je suis Païenne. Je suis Panthéiste, reconnaissant que le divin est partout et dans tout. J’honore le divin qui se trouve dans les chênes de la forêt, dans les herbes du jardin, dans les oiseaux sauvages chantant dans les arbres, dans les rochers du coteau, en moi-même et oui, même dans les « choses » telles que ma voiture, caméras et ordinateurs. Je comprends que tout ce qui a un corps physique possède aussi un corps spirituel. Le physique et spirituel sont profondément liés, ne sont séparés que dans ce monde de la forme. J’honore l’union entre la créateur et la création.

Je suis Païenne. Je sais que la Divinité a beaucoup de facettes et j’expérimente cela dans la variété des Déesses, des Dieux et des autres formes spirituelles. J’honore aussi le Divin unique, l’unité de toute chose. Mes rencontres personnelles avec les Déesses et les Dieux païens, ainsi que les autres formes Divines ont transformé et enrichi ma vie. Hécate m’est apparue lors d’une mort pour m’enseigner la libération et la renaissance. Jeune enfant, Artémis entra en moi et m’aida à éviter un éventuel violeur. Séléné, Déesse de la pleine Lune me donna des visions ainsi que mon nom. Le soleil Sacré me donne les énergies. Yemaya, Déesse de l’océan me purifie et me renouvelle. J’ai entendu Pan jouant de sa flûte dans les bois. Dionysos réveille en moi les joies de la spontanéité et la félicité extatique. Il m’enseigne les mystères de l’androgynie. J’ai fait l’expérience de l’union de la Déesse et du Dieu tandis que je faisais l’amour avec mon partenaire dans le jardin. Bast m’a aidé a approfondir mes liens avec mes amis les chats. Cernunnos m’est apparue dans le forêt sous la forme d’un cerf. Isis m’a parlée dans des éclats de lumière dans la profondeur de la nuit et dans les flux d’énergie passant par mes mains pendant les soins. Saturne m’a donnée des leçons sur la discipline, le temps et l’agriculture organique. La Dame de la liberté me protège tandis que je travaille pour la liberté religieuse des wiccans et des autres païens. La terre mère guide mon travail sur cette partie de planète. J’expérimente aussi le Divin sous la forme des animaux totems, des plantes alliées, et sous d’autres formes dans mes rêves, dans mes voyages intérieurs et dans mes quêtes de vision, seule dans la nature.

Je suis Païenne. Mes pratiques spirituelles incluent la compréhension et l’acceptation de soi, au lieu du rejet de soi. Je partage mes vues avec d’autres quand je sens que cela est juste, mais je ne fais pas de prosélytisme, proclamant par exemple que ma voie serait la seule vraie et juste voie pour tout le monde. Il y a beaucoup de sentiers qui conduisent en haut de la montagne spirituelle et non un seul.

Je suis Païenne. Mon adoration prend la forme de communion divine avec la nature. Comme faisant partie de mon adoration, j’ai fondé et préservé un espace sacré de la nature, le Sanctuaire du Cercle. Je fais des rituels en des endroits spéciaux, tels que dans le cercle de Pierres ; sur le haut de la roche de l’esprit au-dessus des vallées ; dans le cercle magique du jardin ; sur les sanctuaires extérieurs ; dans le Temple intérieur de l’habitation et dans les abris sous roches antiques qui hébergeaient les anciens qui vivaient sur ces terres, il y a des milliers d’années terrestres. Je fais aussi des rituels ailleurs, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. Mon adoration et mes rites peuvent être fait n’importe où, puisque mon cercle sacré est transportable. Où que je sois, je peux construire un cercle autour d’une sphère sacrée avec sept invocations : quatre pour les directions, une pour le Cosmos, une pour la terre et une au centre pour l’intégration spirituelle.

Je suis Païenne. Je voyage dans les mondes intérieurs de mes rêves, mes méditations et rituels. J’emploie des outils sacrés destinés à m’aider dans mon voyage et mes actes de magie. Ils comprennent des chaudrons, des cristaux, des bougies, des encensoirs, des calices d’eau, des pentacles, du sel, des coupes de terre, des plumes, des cloches, des balais, des clochettes, des tambours, des baguettes, des bâtons, des lames, des miroirs et une variété d’outils de divination, incluant les Tarot, le Yi-Ching et les runes. Je vole avec ma conscience à travers l’espace et le temps. J’explore d’autres dimensions et alors je reviens avec des signes, la connaissance et le pouvoir. Je vais entre les mondes pour guérir, croître et transformer. La perception psychique, intuitive est une partie naturelle et non surnaturelle, de ma vie quotidienne.

Je suis Païenne. Je m’harmonise avec les quatre éléments de la nature, la Terre, l’Air, le Feu, l’Eau et le cinquième élément l’Esprit, qui est la force spirituelle qui les relie tous. Je vois ces éléments dans la nature, la Terre dans le sol et les rochers ; l’air dans les vents et l’atmosphère ; le Feu dans l’éclair, le feu et électricité ; l’eau dans les cascades, les fleuves, les océans, les pluies et toutes les formes liquides de la planète ; l’Esprit comme l’Unité divine. Je vois aussi ces Éléments comme des aspects de Soi. Ma physiologie et mon corps physique est ma Terre ; mon intellect et ma pensée sont mon Air, ma volonté et mes actions sont mon Feu ; mes émotions et sensations sont mon Eau et mon Soi Intérieur, mon Âme et mon Esprit. J’essaie de me garder en bonne santé et d’équilibrer toutes ces parties de Soi. Je travaille à restaurer l’équilibre des éléments dans l’environnement.

Je suis Païenne. J’entends le cri de ma Mère la Terre qui est bouleversée par le tort qui est fait à l’environnement par l’humanité. Je suis consterné par la pollution de l’air, de la terre, des eaux et par le jeu de la domination que jouent les nations avec le feu des missiles nucléaires et autres armes de destruction massive. Je suis aussi concerné par la pollution spirituelle de la planète, l’égoïsme, la haine, la cupidité ainsi que le pouvoir, la dépendance, la violence et le désespoir. Tandis que je perçois ces problèmes, je sens en même temps la purification et le soin apportés à la planète terre. Je sais que je peux aider à mon échelle la Planète à atteindre un plus grand équilibre en cherchant l’harmonie dans ma vie propre, en étant un catalyseur pour restaurer l’équilibre dans les vies d’autres individus et en travaillant pour un meilleur environnement. Je sais que mes attitudes et ma façon de vivre peuvent marquer une différence. J’essaie d’être un canal pour la guérison et l’équilibre. Je fais de la responsabilité écologique une partie personnelle de ma vie quotidienne. J’essaie de vivre dans l’harmonie avec les autres membres de la famille de la Nature.

Je suis Païenne. La spiritualité naturelle est ma religion et la fondation de ma vie. La nature est mon professeur spirituel et mon livre sacré. Je suis une partie de la Nature et elle est une partie de moi. Ma compréhension des mystères intérieurs de la nature croît tandis que je voyage sur ce sentier spirituel.

A propos de la guérison

Guérison. Par Stewart & Janet Farrar, traduction Lune. Extrait de The Witches’ Way, éditions Phoenix.

La guérison a été une part centrale des activités sorcières depuis des temps immémoriaux et c’est toujours le cas aujourd’hui. C’était une fonction admise de la prêtrise, des prêtres-guérisseurs de l’Égypte Antique aux premiers Chrétiens en passant par les Druides. L’église a tôt fait d’oublier le commandement de Jésus : « Soigne les malades, nettoie les lépreux, ressuscite les morts, chasse les démons » – du moins, concernant la guérison psychique ou spirituelle. Bien que de nombreux moines et nonnes soient devenus de talentueux herboristes. Quant au dévouement des missionnaires médicaux, il ne fait aucun doute. Mais le vide de la guérison psychique a été rempli par les guérisseuses et les rebouteux des villages ; et ce n’est pas un hasard si nombre d’entre eux étaient des fidèles de l’Ancienne Religion, car de telles personnes croyaient au pouvoir psychique et étaient désinhibées vis-à-vis des dogmes d’une église qui voyait cela avec une vive suspicion.

Le sorcier d’aujourd’hui possède (ou du moins s’efforce à développer) la même compréhension et hérite naturellement de la même tradition de guérison. De nombreux sorciers, comme nous l’avons fait remarquer, sont des docteurs et infirmiers professionnels, combinant compréhension psychique et connaissance médicale moderne ; une combinaison qui peut être remarquablement puissante – et qui peut également éviter bon nombre de bévues, au départ bien intentionnées, et qui ont souvent pour cause la technologie et sa vision étroite.

Cependant, la plupart des sorciers ne sont pas formés professionnellement à la médecine ou à la psychiatrie. Comment peuvent-ils, sans risque et efficacement, exercer leur rôle de guérisseurs ?

Un seul chapitre (ou même une bibliothèque entière) ne peut vous enseigner à être un guérisseur. Mais nous espérons que cela puisse vous conduire sur les chemins où vous pourrez apprendre à être un guérisseur.

La guérison dans l’Art peut être divisée grossièrement en quatre rubriques, bien que celles-ci se chevauchent, et deux ou plus d’entre elles peuvent être (et, habituellement, seront) combinées. Ces rubriques sont :

  • la phytothérapie,
  • les sortilèges,
  • le travail direct sur l’aura,
  • et la psychologie directe.

Du triple retour

Il est un concept qui est étroitement lié à la sorcellerie moderne et au credo wiccan « an ye harm none do what ye will », c’est la loi du triple retour.

On ne peut nier l’influence de l’Hindouisme et le concept du Karma sur cette «loi ». La signification du terme Karma a subi bien des changements à travers l’histoire, mais il convient de retenir qu’à l’origine Karma signifie « Action » et représente la mise en œuvre du monde. Citons Arnaud d’Apremont dans son livre B.a.-ba du Karma « Il est important de toujours se rappeler que le Karma est « Action » et non renonciation ou détachement. On ne peut ni accomplir, ni soulager, ni se libérer de son Karma sans faire face. »

Bien qu’il soit aisé de comprendre le lien de cause à effet de toutes actions, on peut distinguer deux courants quant à ses effets :

  • Pour le Karma hindous et particulièrement dans ses dernières évolutions, nos actions se répercutent sur la personne qui en est à l’origine et affectent son destin et ses vies futures.
  • Mais il y a un autre concept qui est celui du Wyrd Nord européen, pour lequel les effets s’appliquent plus à l’universel, à l’ordre du monde qu’à l’humain seul.

Le wyrd est souvent représenté comme une toile où chaque fil interconnecté ressent la moindre secousse qui lui est faite. Issus d’un système non-dogmatique, (Karma et Wyrd) il appartient donc à chacun d’harmoniser ses actions avec « l’ordre du monde ».

Pourtant la Wicca moderne draine, avec la popularisation de la wicca « do it yourself » un concept bien chrétien « d’action-punition » et de BIEN et MAL. Une punition divine qui viendrait sanctionner nos « mauvaises actions », elles-mêmes pardonnées par la confession et qui du même coup ne nous rend pas responsable de nos actes.

Le Karma (l’action), nous apprend au contraire à être responsable de nos actes et ne confère à aucune autorité (humaines ou divines) le pouvoir de nous décharger et de nous irresponsabiliser.

Si l’on comprend la signification du terme Karma et de part notre paganisme, l’immanence du divin, il devient clair que chacun (tout être vivant) abritant une parcelle divine est de fait sacré et qu’il convient de le respecter. Et c’est là que le credo wiccan est difficile à faire sien. Beaucoup dans le courant « bunny wicca » sont tombés dans le piège du tout tolérant, tout mielleux.

Comme le dit Vivianne Crowley, prêtresse et docteur en psychologie, dans son livre « Principles of wicca » : « Combien de gens n’ont pas juré après un conducteur qui leur coupait la route, ou après quelqu’un qui leur marchait sur les pieds dans un magasin bondé ? Une petite colère peut être thérapeutique. Nous jurons, maudissons et nous nous sentons bien mieux. Cela ne blesse personne. Accumuler de la colère et de l’énergie négative peut stresser et rendre malade, voir détestable ».

De mes propres réflexions le terme de Triple retour correspond à l’image que l’on se donne du Karma (une roue) ou du Wyrd (une toile). C’est un peu comme une flaque dans laquelle on jette une pierre, la réaction va croissante et tout se met à trembler, décuplé par les multiples mouvements du Tout interconnecté.

Fingen

Pour aller plus loin :

  • BABA du Karma aux éditions Pardès
  • Principles of wicca aux éditions Thorsons