Initiation
Par Gerald Gardner, Traduction Tof
Etre initié dans le culte sorcier ne donne pas à un sorcier des pouvoirs surnaturels mais des méthodes sont indiquées, en termes plutôt voilés, pour développer la clairvoyance et d’autres pouvoirs, que l’on possède naturellement à un degré moindre.
Si ils n'en ont aucun, ils n'en n’auront aucun. Certaines de ces puissances sont liées au magnétisme, au mesmérisme ou à la suggestion, et dépendent de la possibilité de former une sorte de « batterie humaine », ainsi plusieurs personnes travaillant ensemble pourront influencer des personnes ou des événements à distance.
Ils apprennent à faire cela par la pratique. Pour certains, cela pourrait prendre un bon moment, si ils n’étaient pas dirigés. Si ces pratiques étaient plus répandues de nos jours, nous appellerions cela spiritualisme, mesmérisme, suggestion, E.S.P., yoga ou peut-être Science chrétienne; pour un sorcier tout cela c’est de la MAGIE, et la magie est l'art de parvenir à des résultats. Pour obtenir un résultat certains processus sont nécessaires et les rites sont tels qu’ils intègrent ces processus. En d'autres termes, vous y êtes conditionné. C'est le secret du culte. (G1 28-29)
Gomme, dans « Folklore as a Historical Science» (p. 201 et suivantes), souligne l'importance de l'initiation dans le culte sorcier. Il souligne l'existence d'une caste à part dans la population. Cette caste existe depuis longtemps, on y développe son pouvoir, et l’initiation s’y pratique de génération en génération. Il est clair que ceux qui étaient de temps à autre initiés dans cette caste sorcières ont continué les pratiques et ont assumé les fonctions de cette caste alors qu’ils n’y étaient que débutants et étrangers. Nous arrivons ainsi à ce qui pourrait être un moyen artificiel de déclencher des superstitions dans un groupe.
Ceci a été influencé au moyen âge par la croyance de la poursuite par certaines familles et groupes de personnes, des pratiques traditionnelles acquises, de l’initiation et l'enseignement familial. C'est exactement ce qu’il s'est passé. C'est un groupe familial, si vous voulez; mais toute la famille n’en faisait pas partie, seulement ceux qui était initiés, et d’autres de familles non-sorcière sont parfois introduits dans la caste et initiés. Aujourd’hui, les membres du culte ne se considèrent généralement plus comme faisant partie d’une caste, ils estiment plutôt faire partie d’un genre de "famille" à part. Lors d'une réunion de sorciers, où j'étais présent, une visite à un club de nudistes a été proposée, et une femme dit, "je ne le souhaite pas". J'ai dit, "pourquoi pas?" Et la réponse fut, "ici, cela ne me dérange pas, naturellement ; mais je ne pourrais le faire devant d'autres personnes." C’est exactement le sentiment de "caste". (G2 126)
Le culte, que se soit en Angleterre ou ailleurs, a l’avantage d’avoir des recrues très jeunes qui sont formées lentement de sorte qu'elles parviennent à avoir le sens du mystère et du merveilleux, la connaissance qu'il y a une tradition historique derrière eux. Ils ont probablement vu des choses se produire et savent qu ‘elles peuvent se produire à nouveau; au lieu de la seule curiosité et de le croyance pieuse que "quelque chose peut se produire", inhibé par une croyance sans fondement mais ferme que cela ne m’arrivera jamais".
Les sorciers me disent : "la loi a toujours été que le pouvoir doit être passé de l'homme à la femme ou de la femme à l'homme, à l’exception de l’initiation d’une fille par sa mère ou d’un fils par son père, parce qu'ils font partie d'eux-mêmes." (cela vient du fait que des personnes qui participent à des rites ensemble peuvent tomber amoureuses.)
Ils est dit: "les templiers ont violé cette ancienne règle et se sont passé le pouvoir d’homme à homme ce qui a mené au péché et à provoqué leur chute." Si cette histoire n'avait pas été pas simplement inventée pour expliquer la chute de l'ordre, il semblerait que les templiers aient connu et utilisé une partie de l’ancienne magie. Il est possible que les têtes ou les crânes que, dit on, ils adoraient puissent simplement être des représentations de la mort et de ce qui en retourne ?
La raison principale de cette hypothèse est que les sorciers pensent reconnaître des indices montrant que les templiers se conditionnaient comme ils le font eux mêmes pour agir magiquement; comment le font ils ? Il m’est interdit de le mentionner. (G1 69)
Avant une initiation une charge est lue, cela commence:
Ecoutez les paroles de la Grande Mère Jadis nommée Artémis, Astarté, Athéna, Diane, Mélusine, Aphrodite, Cerridwen, Cybèle, Arinthod, Isis, Dana, Bride et d’autres noms encore.
Lorsqu’en vient le besoin ou le désir, une fois par mois, surtout quand pleine est la lune, en quelque place secrète il vous faut réunir pour m’adorer en esprit, moi, la Grande Reine, Moi, que sorcières et sorciers honorent …
Je suis la gracieuse Déesse. Je donne la joie aux hommes, sur la Terre, j’enseigne l’éternité de l’esprit, par delà la mort, j’offre la paix infinie. Je ne demande aucun sacrifice…
On m'interdit d’en dire plus; mais si vous acceptiez sa règle, on vous promettait divers avantages et vous étiez admis dans le cercle, présenté aux Grands Anciens et aux membres de culte. Il y avait également une petite "peur", une "épreuve" et un "serment" ; il vous était montré certaines choses et vous receviez un enseignement. (G1 42)
Voilà ce qui arrivait ensuite: certaines personnes sont nées avec un don de clairvoyance. Elles découvraient que certains rites faisait augmenter ces pouvoirs et cela pouvaient être utile au groupe. Ils pratiquaient ces rites, et en obtenaient des avantages, la chance et la réussite. Ils faisaient envie ou étaient regardés avec répugnance par d'autres, et ainsi ils ont commencé à pratiquer leurs rites en secret. Le pouvoir qui est utilisé pour faire le bien peut aussi l’être pour faire le mal, et ils ont pu peut-être être tentés d’employer cette puissance contre leurs adversaires, et sont devenus ainsi encore plus impopulaires. Il en résulta pour eux d’immenses problèmes, et certains furent torturés pour leur faire admettre leur appartenance au culte. Voilà brièvement la vérité au sujet de la sorcellerie. (G1 21)
Rapidement, seules des personnes qui étaient du sang ont été admises; c'est-à-dire, issues d'une famille sorcières. Les divers rituels du culte, les secrets de la connaissance des plantes médicinales, et le Grand Secret de ce qu'ils nomment la Magie, ont été cachés et sont devenus plus ou moins des secrets de familles. G1 33
À première vue il peut sembler curieux que l'église n'ai pas attaqué la magie cérémonielle, alors qu'elle persécutait les sorciers. Cela vient, je pense, du fait que l'église elle même a pratiqué ce genre de magie, et elle savait que la sorcellerie était une forme différente de magie car il s’agissait d’une autre religion qui suivait des pratiques traditionnelles et où certaines familles et groupes de personnes pouvaient en obtenir connaissance par l’initiation secrète ou l’enseignement familial; et l'église abhorrait et redoutait ces traditions elles représentaient une croyance rivale. (G2 118)
Il n'y a pas de mots français qui traduise exactement notre "witch", qui dans l'anglo-saxon original possédait deux formes, "wicca", (masculins), et "wicce", (féminins). Le Français emploie le mot "sorcier" pour le sorcier et la sorcière, la forme féminine étant "sorcière". "Sorcellerie" peut être la traduction de " witchcraft". Les dames qui venaient à cheval comme cité plus haut, venaient vraisemblablement de loin. Étaient forcées d'écrire leur nom, cela signifiait je pense: "si vous voulez revenir, vous devez être l'une d’entre nous, c’est à dire initiée, et vous serez ensuite une fée". Maintenant en France et en Ecosse, beaucoup parlent de fées quand ils pensent sorcières. C'était un mot plus courtois, et en Ecosse n'importe quel contact avec des "fées" a été considéré comme la reconnaissance d’un contact avec des sorciers, c’est à dire avec les païens adeptes de la vieille religion et qui pratiquaient des rites magiques. (G2 120)