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Lune
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« le: 24 Avril 2008 à 20:43:18 » |
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Langage
La langue d'une race imaginative et taciturne
Extrait du Guide de l'Auvergne Mystérieuse - les guides noires - éditions Tchou Princesse.
Au XIXème siècle, le patois seul était couramment pratiqué et c'est en patois que le sous-préfet d'Ambert haranguait ses administrés. C'était une langue essentiellement parlée, non écrite, et dont les intonations variaient selon les régions. En Haute-Auvergne et dans le Velay, la langue est plus sonore qu'en Basse-Auvergne. A la manière de prononcer, on pouvait même savoir de quelle paroisse venait son interlocuteur. Cependant, c'est bien, en général, le même vocabulaire et la même syntaxe qui sont utilisés dans toute l'Auvergne.
Les linguistes y reconnaissent des influences du Nord et d'autres du Midi, les langues d'oc et d'oïl s'y mêlant, le provençal et le français... Pour désigner les objets quotidiens, bon nombre de termes gaulois se sont conservés : saile, brayes, banne (corne), suc, grun (hauter), alaude (alouette). D'autres mots ont été empruntés au langage de l'envahisseur romain : c'est en latin que l'Auvergnat trait ses vaches ou ses brebis : son moudge, mousi, et à peu de chose près le mulgere de Virgile. C'est en latin qu'il moissonne : mègre (lat. medere) ; qu'il bat son blé : escoudre (la. escutere) ; qu'il cache ses économies : ricondre (lat. abscondere) ; qu'il respire : avena (bas lat. halenare) ; qu'il ouvre sa porte : bada et qu'il bâille : badaya (lat. badare) ; qu'il crache : escopi (lat. exspuere) ; qu'il brûle et détruit par le feu : crema (lat. cremare) ; qu'il a mal : me dôou (lat. mihi dolet) [1].
Mais le vrai fonds du parler auvergnat, ce sont des mots de l'ancienne langue, les vieux mots simples du Français qui se sont ici conservés en dépit du parler officiel ; ainsi l'Auvergnat ne se régalait pas, il se galait et, pour laisser entendre qu'il se reposait, il disait tout bonnement qu'il se "pausait".
Le patois est surtout une langue de métier très riche en termes précis pour tout ce qui touche aux champs, aux outils, aux objets usuels - riche aussi en verbes d'action mais possédant en revanche fort peu de mots abstraits. C'est la langue d'une race imaginative mais taciturne. Pas de grands discours, pas de mots inutiles. En patois, le récit, restant oral, devait être le plus propre à se graver dans la mémoire. Il y gagnait en densité et en relief. On s'exprimait d'ailleurs souvent par formules, en se servant volontiers de phrases toutes faites, de dictons hérités du bon vieux temps et qu'on se transmettait de génération en génération.
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