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New Forest Coven

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New Forest Coven
D’après Philip Heselton, par Tof

Au début, Gardner n’avait de contacts réguliers qu’avec Edith « Dafo  » Woodford-Grimes. On peut sérieusement concevoir qu’elle l’ait influencé bien plus que ce qu’on a pensé. C’est elle qui a apporté son influence maçonnique et rosicrucienne à Gardner.

Les côtés Golden Dawn, féminisme et plantes viennent plutôt de Rosamund « Mother Sabine », mais cette dernière avait déjà beaucoup influencé Dafo. Mother Sabine avait un long passé occulte et avait été membre de la Golden Dawn, puis avait claqué la porte avec d’autres femmes qui n’en pouvaient plus de cette domination masculine qui avait cours dans les loges magiques. Elles ont modifié ce qu’elles avaient appris à la GD pour en faire quelque chose de plus orienté vers la Déesse, la Terre et la Lune.

C’est sans doute sur l’initiative de Mother Sabine que la GP’s d’un cercle sorcier est celle qui dirige effectivement le groupe. Toutefois, on sait que Crowley connaissait ce rôle prépondérant d’une femme dans les groupes sorciers et qu’il a dit qu’il ne voulait pas s’impliquer dans la sorcellerie, car il ne voulait pas être dirigé par une femme. Cette prédominance de la femme se retrouvera dans un contexte non wica en Amérique (chez Parsons par exemple) et en Australie ( chez Rosaleen Norton par exemple).

Si on veut compléter les influences de Gardner il faut aussi citer Katherine Oldmeadow qui insistait beaucoup sur le contact avec la nature (marcher pieds nus dans l’herbe, se lever avant le soleil à Walpurgis), et beaucoup d’autres côtés « joyeux» de la wica et proche du néo-druidisme.

N’oublions pas non plus Dion Byngham qui a apporté à Gardner son approche dionysiaque, il est à noter d’ailleurs que l’on retrouve la plume de Dion Byngham dans « Ye Bok of Ye Art Magical », le premier BOS de Gardner, avant que Doreen le transforme en ce qui s’est appelé le « Book of Shadows ».

Pour ce qui est de Dorothy Clutterbuck de plus en plus on s’accorde à dire que bien qu’elle mettait à la disposition du groupe un local pour se réunir, elle ne prenait pas part aux pratiques sorcières.

Contrairement à ce qu’on a pensé, la Kabbale ne faisait pas partie de la pratique de ce groupe sorcier, ce n’est qu’avec qu’Alex Sanders que des éléments de Kabbale ont été incorporés à la wica.

Tous ces gens ne formaient pas le fameux groupe de sorcières de New Forest, ils n’étaient que sa base « théorique », elles étaient des sorcières spéculatives. Le groupe sorcier n’était pas composé de grand monde, au moment de l’initiation de Gardner, il n’y avait que Mother Sabine qui faisait office de, ce qu’on appelle maintenant, Grande Prêtresse, de Dafo et sa fille ainsi que de monsieur et madame Mason. Cinq sorcières opératives, ce n’est pas grand-chose me direz vous, mais de nos jours, les covens sorciers ne sont souvent composés de pas beaucoup plus de membres. Voilà ce que Gardner a appelé par la suite « the Southern Coven of British Witches », mais cela ne sonne pas trop comme un nom de cercle sorcier.

Donc Gardner a été initié dans ce groupe sorcier. On sait à peu près maintenant en quoi a consisté cette initiation. Longtemps on a pensé qu’elle était proche de ce que décrivait Gerald Gardner dans son roman High Magic’s Aid (donc très haute magie). On sait maintenant qu’il n’en était rien, Dafo avait simplement interdit formellement à Gardner de décrire dans son livre ce qui s’était passé lors de l’initiation. Ce rituel avait été écrit spécialement pour Gardner, on lui a parlé de la Déesse qui était incarnée pour ce rituel par Dafo. Dafo lui a aussi parlé du groupe « the wica » et de sa mythologie. Il y a aussi eu des trucs avec des cordes et un martinet, un grand rite (avec Dafo) et surtout on lui a fait prêter serment de fidélité au culte et de ne rien révéler « aux étrangers » de ce qui s’était passé.

Il est fort possible qu’ils n’eussent pas d’autre nom que « The Wica », expression qui qualifiait le groupe de personnes et pas du tout leur croyance. Pour désigner leur foi et leurs pratiques, ils employaient l’expression de witchcraft (sorcellerie). C’est Alex Sanders qui popularisa le mot wicca avec 2 « c » mais toujours dans le sens de « groupe de personnes », et en 1971 Stewart Farrar dans « what witches do » utilisa pour la première fois (à ma connaissance) le mot wicca pour parler de la croyance.

Que pouvaient-ils bien faire tous ensemble ?

On admet maintenant que ce groupe de sorcières était un groupe d’occultistes avec des connaissances en magie cérémonielle. Mais tous avaient compris que ce type de magie ne convenait pas pour une pratique sorcière. Ils étaient à la recherche des pratiques des sorcières qui avaient vécu dans les siècles passés. Cette « mode» avait débuté avec la publication de « Aradia » en 1898 et s’est amplifiée avec la sortie de « The Witch Cult in Western Europe » en 1920. À partir de là un grand nombre de « loges magiques » ont écumé le pays pour y interroger les sorcières de village, les rebouteux et autres soigneurs et récupérer une partie de leur savoir. À partir de là un certain nombre de groupes sorciers se sont créés parmi lesquels celui de Dafo mais aussi le « Horsa Coven » où l’on a retrouvé par la suite Sybil Leek ou bien « Plant Y Bran », un groupe sorcier qui est devenu très important aux USA depuis quelques années.

Dans le groupe de New Forest, tous pensaient avoir été sorcière (enfin surtout Mother Sabine, mais peu à peu tous se sont mis à le penser peu à peu) dans une autre vie et ainsi se sentaient le droit de se qualifier de la sorte dans cette vie-ci.

Leur pratique était aussi basée sur ce que décrivait par exemple Margaret Murray. Leurs rituels étaient très éloignés de ce que l’on connaît maintenant, ils étaient souvent plus ou moins improvisés, et ils essayaient beaucoup de choses pour voir si ça fonctionnait ou non. En cas de succès, le rituel était conservé, sinon, ils cherchaient dans une autre direction. L’important était d’entrer dans un état de conscience modifiée pour créer de « la puissance ».

On sait qu’ils se réunissaient à l’occasion de ce que l’on appelle maintenant « les grands sabbats ». On sait aussi qu’ils se sont retrouvés avec d’autres groupes sorciers à deux ou trois reprises pour stopper l’invasion allemande.

Ils pensaient tous que la tradition occidentale dans son ensemble puisait dans une même source commune, aussi il leur était logique d’emprunter des éléments à d’autres traditions. Mais il est pour ainsi dire certain que leur « sorcellerie » existait déjà lorsque Gardner les a rejoints.
Leur démarche leur semblait légitime, puisqu’ils ne pratiquaient que ce qu’ils se souvenaient avoir pratiqué dans d’autres vies.

Ainsi tous ensemble pratiquaient une forme de yoga, ils soignaient par les plantes (d’où le livre des plantes qu’est censé avoir chaque groupe gardnerien), ils faisaient des exercices de « contrôle de l’esprit de l’autre » et bien sûr s’intéressaient à la réincarnation.

Dafo s’est ensuite personnellement chargée de former Gardner. Mais Gardner avait plus de questions à poser que Dafo de réponses à lui apporter. Le côté « improvisé » ne convenait pas du tout à Gerald Gardner. Pour lui, comme pour beaucoup d’autres, les rituels devaient être écrits, et leur efficacité dépendait aussi de leur répétition. Gardner s’est alors plongé dans les livres, a contacté le plus de personnes possibles susceptibles de répondre à son questionnement et peu à peu s’est mis à rédiger des rituels et développer ce qu’on appelle maintenant la wica.

Mais tout ce travail ne plaisait pas aux autres membres du groupe sorcier et s’est fait sans leur accord et souvent dans leur dos.

Ce qui a fait déborder le vase c’est la publication de « Witchcraft Today”, Dafo et les autres ont refusé que l’on fasse le lien entre leurs pratiques et ce qui était décrit dans les ouvrages de Gerald Gardner. Le cercle sorcier a donc demandé à Gardner de s’éloigner de leur groupe et de pratiquer « sa sorcellerie » loin d’eux. Gardner s’est vu contraint de créer, avec ceux qui l’avaient contacté suite à la parution du livre, son propre groupe à Bricket Wood.

À Bricket Wood le groupe de Gerald Gardner n’était plus un simple groupe ou un cercle sorcier, il avait pris la dénomination de coven et se réunissait dans une ancienne petite maison sorcière que Gardner avait achetée et fait reconstruire à proximité du terrain naturiste (le Fiveacres Club)dont il était propriétaire. Cette maison datait du XVIIe siècle et selon Fred Lammond il y avait dans cette petite maison une atmosphère vraiment magique et tout le monde pensait qu’il n’y avait pas à douter qu’elle avait déjà était utilisée pour des réunions magiques avant que Gerald Gardner ne s’en serve.

Si vous passez par là, le Fiveacres Club n’existe plus, la maison existe toujours, mais elle ne sert plus que d’entrepôt.

Malgré cette séparation, Gardner et Dafo sont restés bons amis puisque comme je l’ai dit ailleurs, ils se rencontraient encore régulièrement chez elle à Highcliffe, bien des années plus tard, à l’époque où Ray Bone était dans le groupe de Gardner.

Dafo de son côté a elle aussi continué à pratiquer « sa sorcellerie » avec ceux que Gardner qualifiait « d’ancien groupe » dans ses écrits.

La plus grosse différence entre la sorcellerie de Gerald Gardner et celle des autres groupes sorciers similaires(Horsa Coven, Plan Y Bran, ou le groupe de Dafo) c’est que Gardner recherchait la notoriété et a publié des livres. Ces livres ont à leur tour attiré des curieux et Gardner a pu « recruter » à tour de bras, cela les autres groupes ne le lui ont jamais pardonné.