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Le mythe de la Déesse

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Le Mythe de la Déesse

Le mythe de la sorcellerie semble être l’histoire de la déesse ici citée. Il m’est interdit de donner son nom, je l’appellerai donc D.

Or donc, D. n’avait jamais aimé, mais elle voulait résoudre tous les mystères, même le mystère de la Mort, et ainsi elle voyagea jusqu’au Monde-d’en-Bas. Les Gardiens du Portail la défièrent.

‘Enlève tes vêtements, retire tes bijoux, car tu ne peux rien amener avec toi dans ce monde’.

Alors, elle renonça à ses vêtements et bijoux puis fut attachée, comme tous ceux qui entrent aux royaumes de la Mort, le Puissant. [Note de bas de page originale : voir note 2 (page 159). Cela concerne la pratique qui consiste à attacher les morts1.]

Telle était sa beauté que la Mort, lui-même, s’agenouilla et embrassa ses pieds, en disant :

‘Bénis soient tes pieds qui t’ont conduite sur ces chemins. Demeure avec moi, mais permets-moi de poser ma main froide sur ton cœur.’

Et elle répliqua :

‘Je ne t’aime pas. Pourquoi provoques-tu le déclin et la mort de toutes ces choses que j’aime et auxquelles je prends plaisir.’

‘Ma Dame,’

Répondit la Mort.

‘C’est l’Âge et le Destin, contre lesquels je suis impuissant. L’Âge fait dépérir toutes choses ; mais lorsque les hommes meurent, lorsque leur temps est passé, je leur prodigue le repos, la paix et la force, afin qu’ils puissent revenir. Mais toi, tu es ravissante. Ne t’en retourne pas ; demeure avec moi.’

Mais elle répondit :

‘je ne t’aime pas.’

La Mort dit ensuite :

‘Si tu n’accueilles pas ma main sur ton cœur, tu devras recevoir le fouet de la Mort.’

‘C’est le destin, et c’est mieux ainsi.’

Dit-elle et elle s’agenouilla. La Mort la fouetta et [la Déesse] s’écria :

‘Je ressens les affres de l’amour’.

Et la Mort la releva, et dit :

‘Bénie sois-tu.’

Et il lui donna le Quintuple Baiser, en disant:

‘C’est seulement ainsi que tu peux atteindre la joie et la connaissance.’

Et il lui enseigna tous les Mystères, ils s’aimèrent et ne firent qu’un ; et il lui enseigna toutes les Magies. Car il y a trois grands mystères dans la vie d’un homme – l’amour, la mort et la résurrection dans un nouveau corps – et la magie les contrôle tous. Pour que l’amour s’accomplisse, tu dois revenir à la même époque et au même endroit que ceux que tu aimes, et tu dois les rencontrer, les connaître, te souvenir d’eux et les aimer à nouveau. Mais pour te réincarner, tu dois mourir et être prêt à recevoir un nouveau corps ; pour mourir, tu dois être né ; sans amour, tu ne peux naître – et voici ce qu’est toute la magie.

Ce mythe sur lequel ses membres basent leurs actions est l’idée centrale du culte. Peut-être a-t-il été inventé pour expliquer les concepts et les rituels préexistants et pourquoi le dieu le plus sage, le plus ancien et le plus puissant doit donner le pouvoir qu’il détient sur la magie à la déesse. Il est très facile de dire qu’il s’agit simplement de l’histoire de la descente d’Istar aux enfers, mais le sens de l’histoire est différent. Là encore, vous direz peut-être qu’il s’agit juste de Siva, le dieu de la Mort et de la Résurrection. Mais, là aussi l’histoire est différente.

Il est fort possible que les histoires d’Istar et de Siva aient influencé ce mythe, mais je pense que son origine est plus probablement celtique. Dans les légendes celtiques, les Seigneurs du Monde-d’en-Bas vous préparent à renaître et on dit que de nombreux vivants sont entrés sur leur territoire, ont formé des alliances avec eux et sont repartis sains et saufs. Mais cela nécessitait un grand courage et seuls un héros ou un demi-dieu osaient s’y risquer. Les mystères celtes recelaient assurément des rituels de mort et de résurrection, ainsi que des possibles visites dans le monde souterrain avec un retour sans risques. Je pense que le purgatoire de Saint Patrice de Lough Derg2 est une version christianisée de cette légende.3

Les sorcières croient profondément en leurs pouvoirs et au danger qu’ils représentent si ceux-ci étaient utilisés à mauvais escient, par des non-initiés qui auraient appris leurs méthodes. En outre, elles respectent leurs dieux et ne souhaitent pas que leurs noms soient connus, bafoués ou ridiculisés.4

Les sorcières enseignent et croient que la puissance réside dans leurs corps et peut être relâchée de diverses manières, la plus simple étant de danser la ronde à l’intérieur d’un cercle, en chantant ou en criant, afin d’induire une frénésie ; elles croient que ce pouvoir émane de leurs corps et que les vêtements empêchent sa libération.5

Les sorcières modernes croient qu’à leur mort les Puissants, les Anciens du culte, viennent chercher les fidèles disciples et les emmènent dans un lieu privilégié où se trouvent les autres initiés qui sont décédés plus tôt.6

Elles partagent la croyance du « pouvoir du nom » dans la mesure où elles n’aiment pas que leurs Dieux soient nommés inutilement ni que leurs noms soient divulgués. Mais cette croyance, comme nous l’avons vu, apparaît à un stade très primitif du développement de l’humanité et il est possible d’en trouver des exemples dans presque toutes les sociétés humaines.7

Une intéressante sépulture a été découverte à Stonehenge qui pourrait confirmer l’idée des sorcières selon laquelle le fer à cheval des pierres bleues8 représente l’utérus. Il s’agit d’une « inhumation accroupie », dans laquelle le corps est enterré dans une position fœtale, et que l’on a découverte à l’intérieur du « Fer à Cheval », juste devant la Pierre d’Autel.9

Plus tard, le Puits Sacré10 devint un chaudron sacré, le Chaudron de Cerridwen, dont le Saint Graal est la version chrétienne et le chaudron des sorcières, la version païenne.11

À propos de la presse à sensation en Grande-Bretagne : en dépit de tous les appels angoissés lancés par ces journaux pour que les membres des covens de sorcières consultent leur docteur, ou un homme d’Église, ou encore les journaux eux-mêmes, combien l’ont fait ? Nous pouvons être certains que si des personnes, initiées au sein d’un véritable coven de sorcières, s’étaient manifestées et avaient demandé à se confier auprès des gentils journalistes, l’information aurait été claironnée haut et fort. Ainsi, je réitère ma question, combien l’ont fait ? La réponse est : personne. Ce fait est en soi la preuve que les adeptes de l’Ancienne Religion sont heureux dans leur foi.12

Les Wica semblent avoir été instruits à propos de certaines croyances, très probablement par des kabbalistes, car ils les ont intégrées aux leurs. Selon l’une de ces croyances, il existait deux groupes ou sectes dans l’Israël Antique, que l’on pourrait comparer à notre moderne « Haute Église » anglaise, de l’époque de Charles Ier et des Puritains, puisque les rois d’Israël ont fait ce qu’ils ont estimé ou jugé politiquement avantageux. C’est-à-dire qu’ils ont érigé de « Hauts Lieux » et des « Sanctuaires » où ils célébraient leur culte.13

Qu’enseigna le paganisme à propos de l’origine du mal ? Bien entendu, tout dépend de ce que l’on entend par « paganisme ». Les seuls types de paganisme qui nous intéressent ici sont ceux qui ont pu avoir une influence sur le culte des sorcières. Le druidisme, la religion des Celtes, ne possédait pas de doctrine ayant trait à une déité maléfique opposée à un Dieu du Bien. Il n’existe aucune preuve que la religion de la grande Déesse mère ou de l’ancien Dieu de la chasse a conçu l’idée d’un créateur surnaturel de tout mal.14

On croyait que les dieux avaient besoin de l’aide de l’homme pour accomplir les bénédictions demandées par la tribu ou la nation, et aider les dieux à cette bonne œuvre était un devoir religieux. Il pouvait s’agir du sacrifice de soi ou d’un sacrifice par procuration, c’est-à-dire d’autres personnes. Puisqu’il s’agissait d’une croyance partagée par la nation entière, nul ne voyait de raison à ce que ce service des dieux ne procure pas du plaisir aux hommes par la même occasion.15

Pour en revenir à l’affirmation selon laquelle tous les Mystères ne font qu’un, je pense que cela montre clairement l’existence de certaines formes de religion dites « naturelles » que les peuples de souche européenne considèrent comme authentiques. Les peuples de souche orientale et africaine ont eux aussi leurs propres formes « naturelles » de religion, qui peuvent être différentes de celles d’Europe. Le christianisme, au moins sous la forme que nous connaissons, est une religion orientale qui fut imposée en amont à l’Europe occidentale par la force. Bien qu’elle présente de nombreux points positifs, elle n’a pas une forme naturelle authentique pour les peuples de ces pays. Je crois que c’est l’une des raisons pour lesquelles le culte des sorcières a survécu aux persécutions les plus cruelles et les plus acharnées que l’humanité ait jamais connues.16

On verra tout de suite qu’il s’agit d’un credo très différent de celui du culte des sorcières. Il y a des ressemblances superficielles, du fait que tous deux croyaient en la réincarnation, que les rencontres s’effectuaient en plein air ou dans des endroits  discrets et que le Catharist Perfecti (ndlt : le cathare ou le parfait) possédait une ceinture consistant en une corde sacrée. Pourtant la doctrine principale des cathares est diamétralement opposée au principe fondamental du culte des sorcières, qui est le culte de la fertilité et donc lié au caractère sacré du sexe.17

Les sorcières sont portées sur la moralité du bon roi légendaire Pausole : « fais ce que tu aimes tant que tu ne fais de mal à personne. » Mais elles croient en l’importance d’une certaine loi : « tu ne dois pas employer la magie pour quelque chose qui pourrait faire du tort à quelqu’un, et si, pour empêcher qu’un plus grand mal ne se produise, tu dois incommoder quelqu’un, tu devras le faire uniquement de façon à causer le moindre mal. »

Ceci implique que toute action magique doit tout d’abord être débattue, afin de s’assurer qu’elle ne puisse causer aucun dommage. Ceci induit une habitude de la pensée qui permet de bien envisager les conséquences de ses actions, en particulier vis-à-vis d’autrui. Vous vous direz peut-être qu’il s’agit de christianisme de base. Bien sûr, ça l’est. Il s’agit également de bouddhisme, d’hindouisme, de confucianisme et de judaïsme élémentaires, pour ne citer que ceux-là.18

En un sens, la religion des sorcières reconnaît toute femme comme l’incarnation de la Déesse et tout homme comme celle du Dieu. Et pour cette raison, chaque femme est potentiellement une prêtresse et chaque homme un prêtre. Car pour la sorcière, le Dieu et la Déesse sont le mâle et la femelle, la droite et la gauche, les deux piliers qui soutiennent l’univers et toute manifestation du masculin et du féminin est la manifestation des Dieux.19

Les sorcières m’ont indiqué deux sortes de gestes réalisées avec les mains qui apparaissent souvent dans les représentations artistiques du féminin, de cette période. La première, les mains sur le plexus solaire, ressemble à un certain signe sorcier. Quant à la seconde, la présentation des deux seins avec les mains, elles pensent qu’elle représente la pleine lune et probablement le soleil en tant qu’objets de culte. C’est de cette façon que la femme symbolisait le Dieu soleil et la Déesse Lune, c’est la raison pour laquelle tant de statuettes de cette période sont des femmes.

Les hommes auraient été présents lors des rites et auraient été entièrement nus également, mais ils ne pouvaient pas représenter la Déesse et ils n’avaient donc pas de figurines les représentant dédiées aux dieux. Là encore, ceci est conforme à la coutume des sorcières. La grande prêtresse représente la Déesse, mais elle peut parfois représenter le Dieu quand cela est nécessaire (c’est-à-dire si un homme d’un rang suffisamment élevé au sein du culte n’est pas présent). Mais aucun homme ne peut jamais représenter la Déesse.20

1 Note de la traductrice : la note 2 extraite de Witchcraft Today est la suivante :

Il y avait une coutume celte qui consistait à attacher les cadavres ; la corde avec laquelle on les liait était d’une aide précieuse pour acquérir la double vue. Mais dans le monde antique, il semble que l’idée, selon laquelle une personne vivante doit être attachée en présence des seigneurs de la mort, était répandue. Tacite, dans « La Germanie » au chapitre XXXIX, raconte que les bosquets sacrés sont les lieux où les hommes se rassemblent pour recevoir les augures ancestraux afin de pénétrer dans les royaumes sacrés du seigneur de la mort. « Tous sont attachés par un lien pour montrer qu’ils sont sous le pouvoir de la divinité et si par hasard ils tombaient, on ne les aiderait pas à se relever. Entravés, ils doivent rouler par terre comme ils peuvent. Ceci montre qu’ils étaient étroitement attachés, car ils ne peuvent se relever ; on voit clairement que ces liens n’avaient rien de ‘symbolique’ « .

2 Ndlt : Il existe de nombreuses variantes de la légende du purgatoire de Saint Patrice. Dans un poème de Marie de France, composé à la fin du XIIe siècle, l’Espurgatoire Seint Patriz, ou La Légende du purgatoire de saint Patrick, Owein, un chevalier irlandais effectue un pèlerinage et se rend ainsi, au purgatoire de saint Patrice, qui se situe sur l’île de Lough Derg, dans le comté de Donegal, afin d’expier ses péchés. Descendu au purgatoire, il est visité par plusieurs démons qui lui montrent des scènes de torture pour essayer de lui faire renier sa foi. Il parvient à repousser ces tentations, en prononçant le nom de Jésus-Christ. Après une nuit entière au purgatoire, il retourne dans une église, où il commence son voyage de retour, purifié de ses fautes.

3 Gardner 1 41

4 Gardner 2 42

5 Gardner 1 20

6 Gardner 2 49

7 Gardner 2 115

8 Ndlt : les pierres bleues disposées en fer à cheval : 61 à 72 sur le plan. La pierre d’autel : 80.

9 Gardner 2 73

10 Ndlt : Extrait de Meaning of Witchcraft où il est question du « Sacred Well », c’est-à-dire le Chalice Well de Glastonbury.

11 Gardner 2 69

12 Gardner 2 227

13 Gardner 2 112

14 Gardner 2 227

15 Gardner 2 136

16 Gardner 2 16

17 Gardner 2 192

18 Gardner 2 127

19 Gardner 2 129

20 Gardner 2 140

Photo : Figurine : statuette de femme nue soutenant ses seins. Credit: RMN-Grand Palais / Franck Raux.