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Pourquoi nos livres ne sont que sur Amazon

Inscription au cours : Wicca fondation

Par Artus.

Chaque fois que nous sortons un livre, de nombreuses personnes sont déçues parce qu’elles boycottent Amazon.

Pourquoi cela n’a pas de sens.

Il n’y a en réalité aucune logique dans le boycott d’Amazon. En général, les gens évoquent 3 raisons. Sa politique fiscale, sa manière de traiter ses employés et sa concurrence déloyale envers les libraires.

Toutes les multinationales pratiquent l’évasion fiscale de la même manière qu’Amazon. Cela n’a aucun sens d’utiliser Google et Facebook quotidiennement et de boycotter Amazon pour se donner bonne conscience.

Pour ce qui est de la manière de traiter les employés, le problème n’est pas spécifique à Amazon. Toute personne en bas de l’échelle dans le monde du travail se fait maltraiter. Les caissières et caissiers de votre supermarché sont surveillés, chronométrés, engueulés lorsqu’ils ne font pas le rendement imposé, beaucoup sont dans la précarité, n’ont pas de contrat durable et sont appelés en renfort au dernier moment… Et pour respecter le planning qu’on leur impose, les chauffeurs routiers qui livrent tous nos biens de consommation sont eux aussi obligés de pisser dans des bouteilles. Sans parler du fait que la plupart des produits que nous consommons sont produits par des gens dont le mode de vie est proche de l’esclavage. C’est par exemple le cas de toute notre technologie. Encore une fois, boycotter Amazon pour cette raison n’a pas vraiment de sens.

Le problème du marché du livre.

En 2019, Amazon représentait environ 10 % du marché du livre en France, les libraires environ 20 %. L’ensemble des autres acteurs représentaient 70 % du marché du livre. La vraie concurrence des libraires, c’est plutôt les supermarchés généralistes qui vendent des livres et les supermarchés spécialisés dans le livre. Et si l’on réfléchit un peu, la vraie concurrence des libraires, c’est plutôt les réseaux sociaux ou Netflix. Parce que l’un des gros problèmes du marché du livre, c’est que les gens lisent de moins en moins. L’autre problème est que de plus en plus de livres sont publiés chaque année. L’offre explose et la demande dégringole. Donc forcément, cela se passe mal. Mais cela n’a rien à voir avec Amazon qui ne représente que 10 % du marché. Au passage, Amazon n’est plus une libraire depuis longtemps. Le livre ne représente que 5 % de son activité. C’est plutôt une société de logistique.

Avec la prolifération des petites maisons d’édition et la simplification de l’auto-édition, il est de plus en plus facile de publier un livre. Et même si le marché du livre, dans sa forme actuelle, ne va pas survivre à cette révolution, c’est plutôt une bonne chose pour la liberté d’expression. De ce point de vue, nous vivons dans un monde plus démocratique qu’il y a 10 ans. Si nos livres ne sont disponibles que sur Amazon, c’est parce qu’il est simple de publier un livre sur Amazon. Et comme Amazon limite les intermédiaires, les auteurs sont rémunérés correctement, entre 40 et 45 % du prix du livre, selon le rapport entre le nombre de pages et le prix du livre. Alors que chez un éditeur, c’est plutôt autour de 10 %

Autre problème, avec l’explosion des petites maisons d’édition et des auteurs auto-édités, il est devenu difficile d’être référencé partout. Par exemple, la Fnac ne veut plus s’embêter avec cela et il faut passer par un distributeur. Pour être référencé partout, le plus simple est de passer par Bookelis, une filiale de la Fnac, mais ils prennent au passage environ 30 % de plus qu’Amazon sur le prix du livre. Finalement, l’auteur est à peine mieux rémunéré que s’il passait par un éditeur. En réalité, c’est difficile à prédire exactement, parce qu’ils rémunèrent l’auteur à 15 % du prix du livre, mais ils retirent de l’argent pour les frais liés aux invendus. Et il faut payer 96€ par an pour être référencé.

Aujourd’hui, 90 % des livres édités se vendent à moins de 100 exemplaires par an. Sur le marché francophone, à part « La Wicca : Guide de pratique individuelle » de Cunningham qui se vend à plusieurs milliers d’exemplaires chaque année, les livres sur la wicca se vendent environ à 100 exemplaires. Cela peut sembler contre-intuitif parce que les wiccans ont une image de gros lecteurs qui vivent ensevelis sous les livres. Mais c’est juste une minorité visible. La plupart des wiccans ne lisent pas. Donc si on veut être présent partout en passant par Bookelis, entre le fait d’être peu rémunéré et le fait de devoir payer pour être référencé, on risque, au pire de perdre de l’argent, au mieux, de perdre beaucoup de temps pour gagner quelques dizaines d’euros.

La morale d’esclave.

Jusqu’à maintenant, mon article était un peu hors sujet par rapport aux thématiques que l’on aborde habituellement sur le Sidh. Mais dans le fond, il ne l’est pas vraiment. La religion possède deux grandes facettes. D’un côté, une dimension mystique dans laquelle on recherche l’extase et l’expérience du divin. D’un autre, la religion est utilisée à des fins politiques pour l’abrutissement des masses. Lorsque Marx qualifiait la religion « d’opium du peuple », il parlait bien entendu de cette seconde facette.

La morale d’esclave est l’un des outils utilisés pour réaliser cet abrutissement. On invente un principe moral arbitraire. On l’inculque aux gens du peuple. On leur explique que s’ils respectent ce principe, ils seront supérieurs aux autres. Ainsi, les gens du peuple se sentent supérieurs. Ils sont heureux de rester dans leur condition et ils ne font rien pour la changer.

Il est intéressant d’observer qu’aujourd’hui, aucune religion ne nous impose cela, mais beaucoup de gens sont accros à cet opium et s’inventent leur propre morale d’esclave. C’est par exemple le cas avec le boycott d’Amazon ou le véganisme qui est un phénomène assez similaire… Comme nous venons de le voir, cela n’a aucun sens de boycotter Amazon, mais les gens qui le font se sentent très fiers d’eux-mêmes et ils ne ratent aucune occasion de faire du pharisaïsme.

Avec le véganisme, on observe exactement le même phénomène. Cela n’a aucun sens d’être végan. L’élevage favorise la biodiversité autant végétale qu’animale et crée finalement bien plus de vie qu’il en détruit. Notre agriculture moderne est au contraire responsable d’une extinction de masse, mais la plupart des végans n’en sont même pas conscients. Il est impossible d’imaginer une agriculture bio/durable sans exploitation animale. En utilisant uniquement des engrais « verts », la terre finit par s’appauvrir en acide phosphorique. Avec le pic des ressources, l’utilisation d’engrais chimiques n’est pas durable. Et même si elle est absurde, les végans adoptent leur croyance pour se sentir supérieurs, de la même manière ceux qui boycottent Amazon. D’ailleurs, parfois se sont les mêmes.

Un autre exemple de morale d’esclave qui nous touche tous à un degré ou un autre, surtout en France, c’est notre rapport névrosé à l’argent. On a tendance à croire que l’argent est la source du mal et que les riches sont des sales personnes. Et ainsi, on se glorifie d’être pauvre, surtout dans les milieux soi-disant spirituels. Encore une fois, c’est absurde. En réalité, l’argent n’est pas un corrupteur, mais un amplificateur. Une sale personne est beaucoup plus visible lorsqu’elle est riche. Mais de la même manière, un bienfaiteur riche aura un impact bien plus positif sur le monde que s’il était pauvre. Et cela ne rend pas meilleur d’être pauvre. Au contraire, la pauvreté est une source d’anxiété qui fait que l’on se comporte souvent comme un animal en choisissant soit l’agression, soit la fuite.

Je dis souvent qu’il faut rationaliser nos croyances, mais je ne donne pas forcément d’exemple. Prendre conscience de ce qu’est la morale d’esclave et s’en libérer est un bon exemple. Au lieu de n’avoir aucun contrôle sur votre vie et de cultiver des illusions pour vous sentir supérieurs, adoptez une morale de maître, qui favorise de vraies valeurs, comme la responsabilité, la persévérance, le courage… La sorcellerie consiste à créer sa réalité. Mais le but est de créer une réalité épanouissante. Pas de s’auto-anesthésier avec une fausse morale qui nous conforte dans nos limites.