Un endroit sacré pour la communion

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Extrait de « Witch crafting ».  Par Phyllis Curott, traduction  & adaptation Véro.

En tant qu’espace sacré qui réunit le monde de l’esprit et celui de la matière, le cercle est un temple où réside la divinité. Le sacré arrive de diverses manières et sous diverses formes. Une fois le cercle tracé, nous invoquons la Déesse et le Dieu, mais avant ces invocations il y a une partie importante qui est appelée invoquer les quartiers ou appeler les quatre directions. C’est une des traditions magiques que nous avons héritées de diverses traditions cérémonielles, y compris celle des francs-maçons, qui est partagée par d’autres fois indigènes, y compris la religion des Amérindiens.

Dans ma propre tradition (la tradition Ara) le cercle représente nos facultés intuitives, et le carré créé par l’appel des quatre directions, représente les facultés intellectuelles et analytiques, car, dans la nature, il n’y a pas d’angles droits visibles. Il faut de l’esprit de déduction et d’analyse pour découvrir ou faire un angle droit. Et ainsi le carré et le cercle sont joints dans le processus de tracé du cercle, comme le sont l’intuitif et l’intellect, l’esprit et la matière, le divin et l’humain.

Appeler les directions est également une pratique au sujet de laquelle ma tradition Wicca chamanique et les traditions cérémonielles divergent.

J’aimerais approfondir ce sujet et proposer quelques défis au sujet du langage et du style qu’utilisent beaucoup de pratiquants.

Dans la tradition Ara, l’appel des quatre directions est un procédé par lequel vous invitez le divin (sous forme d’énergies élémentaires correspondant à chacune des quatre directions) à vous rejoindre. Après avoir scellé le cercle en le traçant, vous ouvrez à présent quatre portails entre les mondes, à travers lesquels les pouvoirs de chaque direction peuvent entrer dans le cercle. Vous êtes responsables de la présence et de la participation des énergies que vous invitez. La façon dont vous requérez les pouvoirs des éléments est très importante, et la façon dont nous les requérons en tant que communauté est critique.

On m’a enseigné un langage invocatoire qui a ses racines dans la tradition cérémonielle, qui à son tour a ses racines dans le modèle biblique et patriarcal de la magie. Ces mots devaient être prononcés de façon forte : « Salut à vous, gardiens de la tour de guet de l’Est », ou quelque direction que vous appeliez, « je vous ordonne, puissants pouvoirs de l’air » ou quelque élément que vous appeliez «d’assister à nos rites et de protéger ce cercle, au nom de (déesse) et (dieu) » bien que ces mots résonnaient de pouvoir mystique, je me sentais mal à l’aise, depuis le tout début, de donner des ordres, car ces phrases reflétaient l’ancienne idée du magicien qui commande aux esprits d’apparaître et de faire selon ses souhaits.

Je préfère la manière chamanique d’invoquer les directions. On n’ordonne pas aux pouvoirs des quatre directions d’apparaître, au contraire, on les invite, on les appelle. Et les mots, la posture, le ton de voix que j’utilise sont en accord avec une invocation en tant qu’invitation, et non pas en tant que convocation royale. Dans ma tradition, quand nous appelons les directions à nous rejoindre dans le cercle, nous sommes respectueux, reconnaissants et poétiques. Plutôt que d’agir en inférieurs ou supérieurs, nous saluons nos collègues créatifs avec joie, révérence et appréciation.

Appeler les pouvoirs élémentaires est comme inviter un ami aimé et estimé dans notre demeure spirituelle. Souvenez-vous : ce que vous apportez à l’expérience détermine sa finalité. Par expérience je peux dire que l’énergie avec laquelle vous appréhendez ce processus fait une différence énorme quant au genre d’énergie qui y répondra et travaillera avec vous.

Comme dans tous les aspects des rituels wiccans, vous devriez commencer par choisir le langage qui vous convient le mieux, et le mémoriser. Puis, écrivez vos propres invocations, et finalement parlez spontanément, avec votre cœur. J’ai toujours trouvé que parler avec son cœur et non pas avec sa tête est l’expérience magique la plus puissante, et quand j’observe d’autres gens qui travaillent à la manière chamanique, je suis toujours bouleversée par la beauté, l’éloquence, et la sagesse divine avec laquelle ils s’expriment. Je sais que je suis en présence de la déité.