Le Cycle des Sabbats

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Le Cycle des Sabbats. Par Nigel Jackson ©, traduction & adaptation Tof.

Le cycle des Sabbats de l’année des Sorcières traditionnelles s’observe lors des quatre jours étapes de l’ancienne année celtique.

La principale célébration est bien sûr, la veille de la Toussaint, la nuit du 31 octobre, le Calangef gallois ou Nuit d’Hiver lorsque l’ancienne année s’achève et que la nouvelle année va naître. Par analogie cosmique, le temps et le cosmos s’achèvent et attendent une régénération. À cette période charnière, tout retourne au « chaos primordial » d’avant la création et reste « entre les temps ». À l’occasion de la Veille de la Toussaint, tout est sens dessus dessous et est mystiquement inversé, les barrières entre les mondes des vivants et des morts se dissolvent et la Chasse sauvage primale ou Cavalcade féerique galope tout au long de la nuit.

Les « guizers » masqués s’identifient extatiquement à leurs ancêtres de féerie et rendent hommage au Vieux Cornu et à la Sorcière Noire. Une chandelle unique est allumée pour figurer le renouveau du temps et de l’univers, le Feu de Tinley de l’ancien Lancashire. C’est la nuit des oracles ancestraux et de la mort / renaissance initiatique des Sorcières. Son symbole est le roseau sombre, l’oie et le hibou, le cerf et le chien d’Annwvyn, « au blanc manteau, aux oreilles rouges, et aux canines pointues ».

La Chandeleur le 2 février est un moment d’éveil et d’illumination mystique. La sombre Cailleache devient la jeune déesse Bride aux cheveux blonds et son feu sacré illumine les esprits.

Son feu est vénéré, car il illumine l’esprit, facilite l’acquisition des compétences, contribue aux guérisons et concourt à la croissance des enfants et des récoltes. À la Chandeleur le serpent sort de terre et la Reine sort du tertre. La Chasse sauvage conduite par Herne retourne dans le monde du dessous après l’hiver. Bride aux cheveux d’or ou Olwen est invoquée afin qu’elle pénètre dans les demeures cette nuit. Les symboles de la Chandeleur sont la flamme sacrée, le sorbier, la vache et la brebis, le hérisson et le cristal de roche ainsi que « l’étoile de Bride qui nous guide ».

La veille de mai ou la nuit de Walpurgis, le 1er mai, est le début de l’été et la nuit magique où les fées et les Sorcières fêtent et célèbrent en plein air. Un feu est dressé et l’on danse autour du Mat de mai décoré pour célébrer le mariage du ciel et de la terre, du phallus et de la vulve. C’est un moment d’amour et de Mystères érotiques présidés par la Reine de Mai (toute de vert vêtue) et le Seigneur de Mai. La rosée embellissante et magique est recueillie à l’aube. Dans des processions silencieuses, on reconnaît Jack-in-the-Green, Robin des Bois et Dame Marianne. Des fleurs et de la verdure recouvrent le cercle et l’on y place de l’acacia. Ses symboles sont l’aubépine, le bouleau enrubanné de blanc et rouge, la primevère et « le faucon de mai ».

Lammas le 1er août est sacré, car associé au Roi Rouge que l’on sacrifie et par analogie on l’associe à la mort et à la résurrection de John Barleycorn, l’esprit des céréales de la première moisson. John Barleycorn est mort dans le mystère des moissons et l’eucharistie sorcière le consomme par le pain et la bière de la petite fête. Le Roi sacrifié, Llew est pleuré rituellement alors que des feux brûlent sur les collines et sur les lieux élevés des Veilles de Lammas. Les symboles de Lammas sont le pain sacré et la bière en préparation, les « rejets de Lammas » s et éclatants du chêne, la gerbe de céréales, l’aigle et la lance du sacrifice.

Les douze « Nuits Sacrées » du solstice d’hiver les « Nuits des Mères » des anciens Saxons sont aussi un moment sacré important en Sorcellerie, elles ont plus ou moins le même symbolisme que la Toussaint : la cavalcade de la chevauchée sauvage, le retour des ancêtres, la dissolution et la régénération du temps et du cosmos, la renaissance de l’année solaire. On allume un feu sacré et le cercle est recouvert de gui et de végétaux persistants comme le sapin, l’if et le houx, etc.