Du triple retour

Il est un concept qui est étroitement lié à la sorcellerie moderne et au credo wiccan « an ye harm none do what ye will », c’est la loi du triple retour.

On ne peut nier l’influence de l’Hindouisme et le concept du Karma sur cette «loi ». La signification du terme Karma a subi bien des changements à travers l’histoire, mais il convient de retenir qu’à l’origine Karma signifie « Action » et représente la mise en œuvre du monde. Citons Arnaud d’Apremont dans son livre B.a.-ba du Karma « Il est important de toujours se rappeler que le Karma est « Action » et non renonciation ou détachement. On ne peut ni accomplir, ni soulager, ni se libérer de son Karma sans faire face. »

Bien qu’il soit aisé de comprendre le lien de cause à effet de toutes actions, on peut distinguer deux courants quant à ses effets :

  • Pour le Karma hindous et particulièrement dans ses dernières évolutions, nos actions se répercutent sur la personne qui en est à l’origine et affectent son destin et ses vies futures.
  • Mais il y a un autre concept qui est celui du Wyrd Nord européen, pour lequel les effets s’appliquent plus à l’universel, à l’ordre du monde qu’à l’humain seul.

Le wyrd est souvent représenté comme une toile où chaque fil interconnecté ressent la moindre secousse qui lui est faite. Issus d’un système non-dogmatique, (Karma et Wyrd) il appartient donc à chacun d’harmoniser ses actions avec « l’ordre du monde ».

Pourtant la Wicca moderne draine, avec la popularisation de la wicca « do it yourself » un concept bien chrétien « d’action-punition » et de BIEN et MAL. Une punition divine qui viendrait sanctionner nos « mauvaises actions », elles-mêmes pardonnées par la confession et qui du même coup ne nous rend pas responsable de nos actes.

Le Karma (l’action), nous apprend au contraire à être responsable de nos actes et ne confère à aucune autorité (humaines ou divines) le pouvoir de nous décharger et de nous irresponsabiliser.

Si l’on comprend la signification du terme Karma et de part notre paganisme, l’immanence du divin, il devient clair que chacun (tout être vivant) abritant une parcelle divine est de fait sacré et qu’il convient de le respecter. Et c’est là que le credo wiccan est difficile à faire sien. Beaucoup dans le courant « bunny wicca » sont tombés dans le piège du tout tolérant, tout mielleux.

Comme le dit Vivianne Crowley, prêtresse et docteur en psychologie, dans son livre « Principles of wicca » : « Combien de gens n’ont pas juré après un conducteur qui leur coupait la route, ou après quelqu’un qui leur marchait sur les pieds dans un magasin bondé ? Une petite colère peut être thérapeutique. Nous jurons, maudissons et nous nous sentons bien mieux. Cela ne blesse personne. Accumuler de la colère et de l’énergie négative peut stresser et rendre malade, voir détestable ».

De mes propres réflexions le terme de Triple retour correspond à l’image que l’on se donne du Karma (une roue) ou du Wyrd (une toile). C’est un peu comme une flaque dans laquelle on jette une pierre, la réaction va croissante et tout se met à trembler, décuplé par les multiples mouvements du Tout interconnecté.

Fingen

Pour aller plus loin :

  • BABA du Karma aux éditions Pardès
  • Principles of wicca aux éditions Thorsons