Les Mystères de la Lune Rouge – Partie I

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Par Teresa Moorey ©, traduction & adaptation Lune. Menstruation – Les Mystères de la Lune Rouge. Chapitre 5 – extrait 1 – tiré de “the goddess” par Teresa Moorey, ed. Mobius

…La fenêtre doit être fermée, la cacophonie tenue à distance tandis que je répare mes sens effilochés. Le miracle du sang exige cela, me le rappelle… Du séculaire calme de la clairière feuillue, de la solitude et de la lune…

Sherri Rose-Walker, Ancient Stillness

La Déesse est une femme, divine et complète, incarnant tous les aspects de la féminité dans sa gloire sainte, vigoureuse. Et ainsi, naturellement, la Déesse est menstruée. Nous voyons cela à travers les phases lunaires, la lune noire ou la pleine lune peuvent être prises comme une période de menstruation. Dans ce chapitre, nous considérerons l’importance de la menstruation en tant que force personnelle et culturelle, comment elle contient l’essence du pouvoir féminin et comment, en observant ses rythmes, elle peut nous rapprocher du Divin, intérieurement et extérieurement.

  • Attitudes prédominantes

Même aujourd’hui, les tabous persistent quant à la menstruation et nous devons examiner cela en premier lieu. Même l’esprit le plus ouvert d’entre nous peut avoir des inhibitions et des préconceptions, bien que cela puisse être à peine conscient, celles-ci doivent être démontées avant que nous ne puissions vraiment explorer la magie et les significations de la menstruation.

Au moment où j’écris ce livre, dans le milieu des années 90, la publicité des serviettes et tampons hygiéniques est apparue seulement assez récemment sur nos écrans de télévision. Le papier toilette, d’autre part, a longtemps été présenté avec un mignon caprice. Les protections hygiéniques, habituellement changées dans la salle de bains et employées par la moitié de la population au cours d’une grande partie de leur vie adulte, a été un sujet à discrétion. Maintenant, nous voyons des serviettes hygiéniques et leurs vertus nous sont exposées – mais le liquide que l’on voit être absorbé si efficacement est d’un bleu clinique. Le sang menstruel n’est pas un excrément. Il est de la couleur du vin, a peu d’odeur et il est le testament du sacrifice de la créativité et du pouvoir de chaque femme. Il est la fleur de sa sexualité – le calembour est intentionnel ! Il est difficile de voir pourquoi la menstruation a été tellement sujette à dissimulation.

Les jeunes filles méprisent toujours leurs règles, les appelent ‘yukky’ (ndlt : en argot anglais : répugnants, dégôutants), les obstruent avec des tampons et leur en veulent car elles interfèrent dans leurs activités, leurs études, leur travail et leur vie sociale, toutes projetées dans un temps linéaire, en ne considérant jamais que cela puissent être une « routine » par leur faute et non une période, et que les rythmes puissent être différents – les rythmes définis par les femmes – plus appropriés que d’hostiles et sèches critiques d’un calendrier. Les femmes insultent les symphonies de leurs corps en appelant les règles ` la malédiction ‘. Qui a été maudit et pourquoi ? Eve, bien sûr, pour avoir contesté l’autorité patriarcale. Les attitudes des hommes vont du dégoût, en passant par la fuite, l’embarras, l’irritation, la condescendance, la bienveillance et la prescription de médicaments. Des hormones sont administrées, les utérus sont retirés, comme si l’affaire entière était une aberration, que la conscience masculine peut en effet faire y ressembler. Le respect, l’appréciation, la fascination, la crainte de cette création de la Nature – tout ceci fait défaut et ostensiblement par les femmes elles-mêmes qui considèrent rarement que leur douleur et leur détresse peuvent être dues au fait que leur cycle est continuellement combattu, tel un nageur luttant contre le courant. Les règles ont longtemps été une source de honte. Pour les femmes qui rivalisent avec les hommes dans le monde d’aujourd’hui, elles sont gênantes, au mieux.

Les choses seraient très différentes si les hommes étaient menstrués. Il y aurait des cultes, des clubs, des sociétés créées pour approcher cette manifestation de façons différentes. La recherche scientifique serait intense. La vie active et les récréations tourneraient autour de ce saignement de la plus haute importance. En effet, il est difficile d’imaginer les débats interminables, l’intérêt insondable, la mesure à laquelle sa fonction serait glorifiée ! Pourquoi le cycle féminin a-t-il été un sujet de dissimulation, de malaise, de dégoût ? Pourrait-il l’être parce que c’est une source de pouvoir ?

Si les femmes marginalisent, ignorent ou méprisent leurs règles, elles se rendent un très mauvais service et encore beaucoup d’entre nous le font. Désormais, il est habituel de discuter ouvertement de choses telles que les SPM (syndromes prémenstruels) et des protections hygiéniques, mais malgré cela, les sentiments de honte, d’incommodité, d’impureté et de désagrément perdurent. Nous ne considérons pas nos règles comme un cadeau, une cadence divine, le flux et le reflux d’hormones nous procurant une expérience sans limite de différents niveaux de conscience, d’inspiration créatrice. On ne nous permet pas d’estimer – ou en effet d’avoir un peu de – la solitude méditative au moment des règles. Nous ne voyons pas le sang menstruel comme quelque chose de beau, comme la preuve de notre profondeur et sagesse féminine. Nous n’estimons pas le fait que nous pouvons nous sentir complètement différentes à diverses périodes du mois, que nous avons accès à plus d’un aspect de libre expression de soi. Nous cherchons à aplanir le cycle, ranger le désordre et cette attitude est si générale que la plupart d’entre nous ne soupçonne aucunement à quel point nous nous vendons aux attitudes masculo-dominatrices qui se sont insinuées au fil des siècles et comment nous amputons une grande partie de nos capacités et potentialités en tant que femmes et êtres humains.

Actuellement, alors que la Déesse est en train de resurgir, il est également temps de considérer avec profondeur et minutie simplement à quel point les menstruations ont été ignorées et dévaluées. Peut-être que nos attitudes ont besoin d’être réajustées.

  • Tradition et Savoir

Les tabous et le savoir tribal sur la menstruation abondent. Dans les Lévitiques, des règles sont données au sujet de la malpropreté du sang menstruel. Les rapports sexuels au moment des règles signifient se rapprocher de Lilith, la jeune et sombre première épouse d’Adam – nous parlerons davantage de Lilith un peu plus loin. Les femmes de la tribu Dogon en Afrique, lorsqu’elles menstruent sont envoyées dans une hutte spéciale et cette tribu n’est pas la seule à avoir une telle tradition. Cependant, son origine doit probablement venir de l’identification du pouvoir féminin à celui des chamans et des voyants à cette période, plutôt qu’à l’attribution subséquente « d’impureté ». Les femmes de notre propre culture pourraient imaginer la jubilation avec laquelle ces femmes se retirent à leur solitude, loin des implacables devoirs quotidiens ! Pline écrit à propos des mauvaises caractéristiques de la personne en train de menstruer. Même aujourd’hui des activités telles que la natation et la sexualité, qui peuvent être toutes deux non désirées au moment des règles, restent souvent proscrites.

Le désir secret et la fascination pour le sang sont révélés à travers le savoir traditionnel sur les vampires, même dans un film tel que l’Exorciste, il nous est donné nombre de symboles liés à la répression des énergies naissantes des premières règles chez la femme, sous les traits d’un terrifiant et destructeur démon. La plupart des cultures possède un mythe dans lequel des hommes, dans des temps reculés, volaient la sagesse et le pouvoir des femmes. Alors que beaucoup pouvaient craindre la menstruation, les hommes l’imitaient. La circoncision à la puberté peut être une façon d’imiter l’écoulement naturelle du sang par les femmes. L’horrible rite d’incision du pénis, dans le but de le faire ressembler à un vagin saignant, est appelé la subincision, possède une signification similaire bien que beaucoup plus extrême. Un indigène, cité dans Shuttle et Redgrove, dans The Wise Wound, parle des rites de circoncision masculine : « Nous avons volé ce qui leur appartient (aux femmes)… Les hommes n’ont rien à faire, réellement, sauf s’accoupler… ».

Cela vaut la peine de noter que les cultures où la menstruation et toutes ses valeurs attenantes ont été réprimées, sont les plus agressives et sanglantes – où le sage et doux sang n’est pas estimé, conduit à l’Inconscient, là où nous avons le sang de la mort et la destruction. Notre propre civilisation est un exemple principal ! A l’opposé, Jamie Sams, dans The 13 Original Clan Mothers (voir bibliographie) parle de la quête de guérison des femmes, de la Tradition du Bison Blanc, au moment de leurs lunes. Les femmes ne doivent pas entreprendre de quêtes de vision exténuantes, plus communes parmi les hommes. Jamie Sams nous dit : `le Grand Mystère ne demande pas davantage de souffrance ou de douleur aux femmes. La féminité a déjà sa part en donnant naissance aux enfants, ainsi qu’en donnant naissance aux rêves de l’humanité… Chaque période, ou phase lunaire, pour celles qui ont eu une hystérectomie ou ménopause, est un moment particulier de calme retraite et de guérison ».

La peur de la menstruation peut être révélée à travers les chasses aux sorcières, où l’idée de la “sorcière” provoque la paranoïa, celle-ci étant rarement consignée. Les femmes, à travers leur cycle menstruel possèdent des capacités de transformations en sorcière. La conscience masculine, celle du cerveau-gauche, cependant, a une grande peur de tout pouvoir féminin à l’exception de la procréation d’une dynastie – celle qui transmet le nom du père, bien sûr. Le moment durant lequel la femme devient bien moins féconde, où elle va probablement renverser les valeurs culturelles acceptées, quand elle peut être inspirée, indocile, différente, peut être vu comme très menaçant. Ainsi, le sang est alors lié à la cannibalisation des bébés, à la destruction des valeurs familiales, à la décence commune et à tout ce qui est sain.

Ces idées peuvent vous sembler étranges si vous êtes habitués à penser aux règles de la manière culturellement acceptée. Elles sont examinées avec soin dans The Wise Wound (voir bibliographie). Si vous acceptez l’idée que les règles sont une dégoûtante nuisance, peut-être pourriez-vous commencer à réfléchir à toutes les implications, même à celles qui semblent difficiles à trouver tout d’abord. N’y a-t-il pas une ‘aura’ particulière à ce sujet entier – et cette ambiance n’est-elle pas connectée à ce malaise, cette peur même ? Nous avons un dicton : `où il y a de la peur, il y a du pouvoir’.

  • Les règles et la Lune

Le cycle moyen féminin s’étale sur environ vingt-huit ou vingt-neuf jours. Le passage de la nouvelle Lune à la lune croissante, de la pleine lune à la lune décroissante, de la lune décroissante à nouveau à la nouvelle lune, prend vingt-neuf jours et demi. La connexion entre ces cycles est des plus significatives. Les cycles lunaires suggèrent la transformation et la renaissance. Ils se prêtent à un concept cyclique, en spirale, du temps, par opposition à un concept du temps linéaire. Les premiers calendriers se basaient sur la Lune (ndlt : Moon en anglais) et nombre de mots dévirent de cela – la menstruation, le mois (ndlt : month en anglais), commensurable, etc. En un sens la Lune montre et symbolise la menstruation de la Déesse, sa cyclicité et sa capacité à passer d’un aspect à un autre.

La Lune a longtemps été liée aux sens instinctuels. Lorsque le Soleil se couche et que la Lune se lève, les perspectives changent, les ombres se creusent et la flamme de la bougie, invisible sous la brillante lumière du soleil, danse comme un démon pour la Lune. Ce n’est pas seulement le cycle de la femme qui est affecté par la Lune. L’activité sexuelle des animaux est à son point fort à la pleine lune. Les harengs, les bancs d’anguilles, les insectes, tous sont affectés par ce cycle. La Lune, la Déesse des marées, est la Déesse de l’utérus aqueux et la mer primaire, source de toute vie.

La connexité des femmes au cycle lunaire est la preuve évidente de leur lien avec les forces de la nature, avec le pouls de la Déesse et sous-entend que les règles sont une clef de la sagesse intuitive. Beaucoup de femmes ont leurs règles à la nouvelle Lune et ovulent à la pleine Lune, quand la Lune se suspend dans les cieux tel un œuf, grand et scintillant. D’autres femmes ont leurs règles à la pleine Lune et ovulent à la Lune noire et cela est appelé le cycle de la `la femme sage ‘, ceci suggère que ce phénomène puisse être lié à la créativité, tandis que l’ovulation lors la pleine Lune est davantage liée aux soins maternels des enfants physiques. La lumière de la pleine Lune peut stimuler l’ovulation des femmes qui ont des problèmes dans ce domaine.

Il y a aussi les femmes qui n’ont pas leurs règles à ces périodes et qui peuvent avoir un cycle autre que le classique rythme de vingt-neuf jours. Cependant, des études suggèrent qu’il reste à trouver que les rythmes lunaires les affectent de façons plus subtiles – par exemple, un plus long cycle peut relié un mois à la nouvelle Lune et les six semaines qui suivent à la pleine Lune. C’est seulement en prenant soigneusement note de son cycle menstruel, qu’une femme peut créer des liens entre le sien propre et celui de la Lune. Il semble que les femmes qui l’ont fait avec soin, qui ont travaillé là-dessus et qui en ont appris sur le sujet, expérimentent avec bien moins de problèmes la ménopause. Même si vous avez déjà eu la ménopause, tout n’est pas fini. En s’accordant avec le cycle lunaire, en observant le flux et le reflux émotionnel, les rêves, les sensations, l’activité en vous-même, en réponse à ces rythmes il peut être possible de recréer le même cycle de sagesse tel qu’il vous est offert lors de la période mensuelle.

  • La formation de notre culture

Il semble très probable que l’adoption par les femmes d’un cycle menstruel par opposition à un cycle de l’oestrus ait été cruciale dans le développement de la société telle que nous la connaissons. Chez les humains, la sensibilité et le désir sexuel des humains ne sont pas simplement liés à la procréation, mais sont continus. Ainsi, à cause de la période mensuelle, des unions durables, avec un palette entière de comportements sexuels, sont devenues possibles. On peut voir la menstruation, alors, comme le plus grand cadeau de la Déesse de l’Amour, encourageant les humains à explorer les plaisirs et les possibilités de rapports érotiques à chaque nuance du cycle – et l’érotisme peut, bien sûr, être mental, spirituel, émotionnel aussi bien que physique. Avec cela en mémoire, c’est une grande honte de négliger les cadeaux différents et abondants du cycle.

De plus, bien sûr, la menstruation signifie que les femmes disent parfois « Non » quand on pourrait s’attendre à ce qu’elles disent « Oui ». Les animaux femelles, quand elles ont leurs chaleurs, ne se refusent à aucun mâle. Les femmes, différemment, sont beaucoup plus complexes. Leur plaire, trouver le chemin qui conduit aux affinités et à la compréhension sur de nombreux niveaux, est probablement ce qui est exigé pour tout homme qui souhaite les approcher sexuellement. Et donc, les humains ont appris le talent de la sensibilité et de la vraie communication par le biais des cycles – les femmes l’ont appris de la Lune et l’ont communiqué aux hommes. Z. Budapest dans Grandmother Moon (voir bibliographie) a écrit : « Ce que les femmes ont fait avec leurs corps a libéré notre espèce du fardeau incessant de la multiplication et a séparé le sexe de la procréation. Le Sexe est devenu un facteur culturel à dissocier, pour le plaisir et la volupté, pour l’amour et les idylles romantiques. La procréation est devenue un choix pour les femmes, un choix qui a gagné sur les millénaires passés ». Malheureusement, comme nous le savons, des hommes peuvent se mettre en colère contre les femmes qui disent « Non ». Ils peuvent devenir agressifs et coercitifs. Nous pouvons constater de mille façons comment les hommes ont refusé d’apprendre les choses « féminines », du sens le plus étroit au plus large, et comment de ce fait notre société est devenue destructrice.

  • Le pouvoir et la poésie du cycle

Ainsi, qu’est la magie du mouvement des hormones qui constitue le cycle ? La double spirale de l’utérus et des ovaires, les œstrogènes et les progestérones, l’ovulation et la menstruation ? Quelle est la signification intérieure des sautes d’humeur et des symptômes, et comment nos règles peuvent augmenter notre conscience de la Déesse ?

Le cycle menstruel est invisible, la saga de l’œuf inconnu, mais nous devons nous rappeler que ceci prend place dans le berceau de la vie – l’utérus et les ovaires, là où tout a commencé, et c’est bien plus qu’une simple douleur d’estomac. Le cycle d’une femme affecte sa vie et celle de ses proches et des siens les plus chers, en s’infiltrant dans les rêves de ses partenaires et de ses enfants et en affectant leurs humeurs également. Lorsque je suis dans ma période prémenstruelle, mes fils ont des accès de colère et des accidents, qui peuvent conduire jusqu’au sang. une fois, mon mari fit un rêve effrayant en rapport avec des fruits noirs, il se réveilla en disant :”Nous ne devons pas avoir de cerises noires.” Étant, je l’espère, plus sage, ma réponse symbolique fut de sortir et d’acheter des cerises noires, pour les mystères du cycle, la sombre période de fin et de renouveau était ce nous voulions et qu’il avait besoin d’accepter. L’objectif ici est que les différents éléments puissent émerger de la conscience : les nouvelles perspectives, les valeurs intérieures, le transformable. Et la femme avec une sagesse plus grande du corps peut l’obtenir par la méditation si elle a confiance et si elle est acceptée. Les accidents et les mauvaises humeurs sont des résistances à cela, mais ce n’est pas difficile de voir que la femme peut être blâmée pour arrêter cela, appelée « sorcière » et persécutée. Ainsi de vastes continents de sagesse ont été relégués aux pays des ombres.

De nombreux mythes racontent la descente d’un héros/hera dans le Monde Souterrain, où l’on doit affronter des luttes pour l’initiation avant que la remontée puisse être réalisée. Les déesses Inanna et Persephone viennent l’esprit, comme la descente du Christ aux enfers. Ce sont des métaphores pour le carrefour des seuils de l’initiation vers la menstruation. Un enfant physique ne viendra pas. Les énergies se tournent vers l’enfant magique, le cerveau-droit, la conscience instinctuelle, la part qui demande l’expression de soi, non une dévotion à la procréation et à la construction d’une maison. La période de saignement est chamanique, lors de la communion mystique entre le corps et la « sage blessure » intérieure, marque une possible transition vers un autre niveau de conscience. Traditionnellement, les chamans sont « blessés » d’une certaine manière, et cette blessure sert d’ouverture à d’autres dimensions. Cependant, toute femme est blessée intérieurement, à cette période. Les énergies des animaux de pouvoir peuvent devenir disponibles, et l’animus, ou l’homme intérieur peut apparaître sous son aspect sombre de magicien, ou de Dieu Cornu, en aidant la femme par sa présence dans les rêves. Ceci est une période radicale qui peut apparaître destructrice pour les valeurs familiales, et ainsi à laquelle les femmes « maternelles » et généralement les hommes, peuvent fortement résister, ainsi surviennent de sévères SPM. Il existe alors a une secrète culpabilité et une tristesse pour l’œuf « mort ».

Le drame de l’œuf peut être la vision guidante derrière les récits d’aventure, de voyages dangereux et d’actes héroïques. Chaque mois, l’œuf ‘choisi’ fait chemin jusqu’à la surface de l’ovaire, navigue de la trompe de Fallope à la mer utérine inexplorée. Ici, le Bien-aimé (le sperme fertilisant) peut être trouvé, ainsi qu’un lit intact dans les parois de l’utérus. Ou bien l’œuf, comme cela arrive habituellement, peut être balayé dans le sombre pays des rêves du non-être. En un sens, c’est une métaphore pour nombre d’idées créatrices devant probablement être étoffées, incubées, pour prendre la forme d’une création, ou, plus vraisemblablement, revenant doucement à la mer de l’inconscient. C’est un conte de la potentialité, du passage intérieur et extérieur de la manifestation, de la transformation. C’est aussi le conte de la proposition de survie de l’œuf-ego, pour ne pas être balayé dans la mer sans limites de l’inconscient. `L’homme intérieur’ à cette période peut apparaître dans les rêves sous les traits d’une figure paternelle, protectrice, qui se tourne vers le juge sévère et le persécuteur, alors qu’il devient évident que la fécondation n’aura pas lieu. Tandis que l’œuf est expulsé, la femme peut rêver d’être jugée et brûlée telle une sorcière.

Il est quelque peu étonnant que la conscience masculine, avec son orientation pour le cerveau-gauche et un plus grand sens de l’ego, doit juger le processus de l’ovulation, lorsque la création d’un enfant réel peut avoir lieu, et la menace de significations plus profondes est évitée. Beaucoup de femmes sont d’accord avec cette perspective, mais des femmes plus ‘divergentes’ – des artistes, des activistes, des sorcières – estiment le pôle menstruel d’une sexualité plus forte et qui peut faire éprouver un syndrome de pré-ovulation tandis que la tension de l’œuf monte.

  • L’union des opposés

Les menstruations offrent aux femmes l’occasion d’être conscientes des zones inaccessibles de leur psyché. Au cours de l’ovulation, le logique cerveau-gauche est tout puissant, tandis qu’au cours des menstruations, l’instinctuel cerveau-droit règne. Le carrefour des seuils entre ceux-ci sont de puissantes initiations. La plupart des femmes favoriseront l’une des finalités de l’expérience, la menstruation ou l’ovulation, plus fortement que l’autre, selon si leur tendance est de se conformer (maternelle, dynastique, ovulatoire) ou de diverger (artistique, individuelle, menstruelle). Cependant, le but est que les pôles de l’expérience reçoivent du respect et soient réalisés en en ayant conscience et en étant estimés tout deux. De vifs rêves en esquissent et animent le processus, facilitant le passage – les rêves doivent être soigneusement connectés au cycle, en tant que langage de l’esprit inconscient. Les femmes ont une meilleure connexion entre leurs deux hémisphères cérébraux que les hommes et elles peuvent communiquer de plus hauts degrés de réponse, de sympathie et d’éclaircissement. En cela, la menstruation peut être la clef d’un dialogue efficace entre l’ego et l’Inconscient, entre le logique et le mystique, entre le subjectif et l’objectif. C’est à peine exagéré de dire que c’est juste ce dont la planète a besoin. Nous devons conserver les bénéfices de l’approche scientifique tout en recouvrant le sentiment d’unité avec le Divin et la Nature, qui peut bien être notre seul salut, au moment où la science et la consommation dévorent notre environnement. Le conscient selon le modèle menstruel, créant un dialogue entre les deux pôles de la menstruation et de l’ovulation, et les expériences résolument différentes que ceux-ci représentent, peuvent être la seule voie pour réaliser l’harmonie et la croissance dans la conscience.

L’observation des menstruations peut aussi être la voie vers une sexualité transcendante, respectant en tant que telles les réponses féminines délicates, changeantes et puissantes. En cela, les femmes montrent la voie aux hommes. Le cycle entier est celui qu’un homme peut suivre, avec sa partenaire, relatif à ses rêves à lui et à elle, et en apprenant à approfondir ses propres expériences en s’identifiant à elle, en améliorant ainsi son propre plaisir et la profondeur des sentiments. Il y a des choses que les hommes peuvent être capable d’éprouver seulement à travers le féminin, parce que leur connexion à leurs corps, à leur rythme et leur source, est comparativement ténue. Et de la bonne sexualité – vraiment bonne, qui vacille à la frontière du mystique et qui s’y plonge parfois – est un sentier qui mène à la Déesse. Comme il l’est dit par Shuttle et Redgrove : ‘Que le Dieu ou le démon ait séparé la religion et la sexualité, de la plus haute aspiration des gens à leurs capacités compatissantes les plus grandes’ (Alchemy for Women – voir Bibliographie). Le culte de la déesse nous montre clairement que les cadeaux du corps sont certainement la voie vers le Divin. En cela, comme en tant de choses, les femmes peuvent diriger – et diriger ne signifie par dominer. Cela signifie qu’elle porte d’abord le flambeau.