Une méditation sur Durga

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Une méditation sur Durga
Par the Ganna Chakra ©, traduction Lune

C’est une méditation active pour invoquer le pouvoir de Durga.

Où que vous soyez, imaginez la forme de Durga en train de fusionner avec votre environnement – le ciel, la terre, le mobilier, des éclairs crépitants d’électricité sortent des prises de courant les plus proches, une couronne d’énergie au-dessus d’elle. Visualisez la forme de Durga se matérialiser au-dessus de vous. Resentez ses pieds sur votre tête, vous envoyer des ondes de choc puissantes dans tout votre corps et imaginez-vous assis sur le dos de son tigre. Sentez le pouvoir de Durga vous parcourir et méditez sur ses qualités.

Les armes que Durga porte (qui lui ont été données par les dieux) peuvent être interprétées, dans cette méditation, comme des « chaînes » – des choses que vous croyez nécessaires ; des outils sur lesquels vous comptez peut-être trop. Comme Durga a vaincu seule Mahisa, vous aussi, votre pouvoir et équilibre résident en vous, plutôt que dans vos outils et attaches.

La légende de Durga et Mahisa (1)

Mahisa était un fils de Rambha, un asura (2), et de Mahisi, la déesse Gauri sous sa forme de bufflonne. Mahisa, devint chef des asuras, par prouesse magique. Invincible, il menaça les dieux qui étaient incapables de le vaincre (3). En désespoir, ils invoquèrent la déesse pour les aider. Aux incantations et mantras retentissants, la déesse apparut telle une montagne de lumière, la couleur de l’or, avec l’éclat de mille soleils. Ses yeux étaient comme la fleur de nilotpala (ndlt : mot sanskrit pour dire lotus bleu), le lotus bleu ; ses cheveux étaient noirs comme la nuit ; sa poitrine haute, ronde et proéminente clamait sa divinité féminine. Pour elle, chaque dieu offrait de sa fougueuse essence et son arme. Siva, son trident ; Visnu, son disque ; Varuna, sa conque ; Agni, une fléchette ; Yama, un bâton de fer ; Vayu, un arc ; Surya, des flèches ; Kubera, une masse ; Indra, un éclair ; Brahma, un rosaire et un pot d’eau ; Kala, une épée ; Visakarma, une hache ; Himavan, un lion. (3) Ainsi armée, Durga quitta sa maison sur les monts Vindhya (4) où elle était vénérée par les tribus Savaras et Pulindas. Mahisa, qui avait entendu parler de sa beauté enivrante, lui envoya un message qui déclarait qu’elle lui appartenait, car n’était-il pas le Seigneur des trois mondes ? Durga souria et lui rétorqua qu’elle se marierait uniquement avec le héros qui la vaincrait.

Le prétencieux Mahisa accepta le défi et envoya tout d’abord son armée asura pour la combattre. Katayayani (5) pris sa flèche et banda son arc, puis enfourcha son Sarabha (6), elle vainquit les armées asura. A la vue des morts, elle saisit une vina (ndlt : instrument à cordes) et un damaru (ndlt : petit tambour en forme de sablier), elle rit joyeusement et joua de la musique. Puis Mahisasura avança, fier de sa forme de buffle, d’un noir profond, offensé, à présent il meuglait, à présent il était au galop, à présent il grattait le sol de ses sabots. Une bataille cataclysmique commença. Les montagnes tombèrent en morceaux, les océans frémirent et les nuages se clairsemèrent dans le ciel. En vain, la déesse usait de ses armes données par les dieux, car le buffle héros lui échappait. Finalement, remplie d’une intense colère, elle jeta ses armes, démonta (de son Sarabha), et avec ses mains, elle se jeta sur le dos de Mahisa ; avec son tendre pied parfumé, elle frappa sa tête. L’asura, immunisé contre les armes de tous les dieux, tomba inanimé au contact des pieds de la déesse (7). Et, elle, pleine d’une assurance sereine de son pouvoir dévorant, prit son épée et coupa la tête de Mahisa. Puis, en faisant le geste de chasser la peur, avec sa main, la déesse apparut souriante. Voyant sa victoire, les dieux mâles des Puranas l’acclamèrent.

Peu importe tes douces formes,
Et peu importe tes effroyables formes qui errent dans les trois mondes,
Par ces formes, protège nous et protège la Terre. (8)

(Arthur Avalon, Hymns to the Goddess, p.118)

(Basée sur une version narrée dans The Earth Mother, par Pupul Jayakar, Penguin Books 1989)

Notes

1. Il y a de nombreuses versions à cette légende – nous préférons les versions dans lesquelles Durga existe par elle-même avant d’être appelée par les dieux, plutôt qu’elle soit créée à partir de leur essence. Dans certaines versions du mythe, Mahisa devient invincible par la bénédiction que lui accorde Brahma – aucun homme ne peut le tuer – et il ne peut croire qu’une quelconque femme puisse le tuer car il a négligé d’inclure cette éventualité dans sa bénédiction – qui l’a bien entendu conduit à sa chute.

2. Les asuras sont habituellement assimilés à des démons. Ce n’est pas systématiquement le cas et certains commentateurs disent qu’ils étaient des tribus sauvages, hostiles au Ariens.

3. Dans certaines versions, la monture de Durga est un tigre. Ou voir 6, ci-dessus.

4. Vindhyadevi – déesse de Vindhya (montagnes) est un des titres de Durga. Cette région était considérée comme étant peuplée par des tribus sauvages, hostiles et inaccessibles à quiconque sauf aux plus héroïques.

5. ? Vraisemblablement un titre de Durga.

6. Le Sarabha – un animal mythique, moitié éléphant, moitié tigre.

7. La signification du pied est expliquée relativement longuement dans Kali’s Child de Jeffrey J. Kripal. Le pied est le vecteur du pouvoir divin ou de grâce – d’autres d’exemples représentent Shiva-Nataraja avec son pied maintenant un démon-nain ; c’est la tradition de vénérer les pieds d’un guru, et la pratique du scandaleux Ramakrishna est de placer son pied dans le giron d’un de ses plus jeunes disciples.

8. Durga n’est pas seulement une déesse qui répond aux menaces que subit le cosmos établi, elle répond directement aux prières de ses dévots. De plus, Durga, comme toutes déités, joue le jeu divin, lila (ndlt : mot hindi : « jeu divin », création et voyage de l’âme. « Le monde est une scène » ou chacun, dieu ou humain, joue son rôle) et s’amuse. Elle combat Mahisa parce que ça lui plaît de le faire. En tant que déesse des batailles, Durga renverse le stéréotype Puranique (ndlt : de purana, mot sanskrit qui signifie vieux, anciens. Ce sont des textes indiens qui datent de 400 avant notre et jusqu’à 1000 après notre ère. Ils étaient surtout adressés aux femmes qui n’avaient pas accès aux védas) épouses ou filles soumises. Voir Hindu Goddesses par David Kinsley pour plus de détails.