Sortilège de la figurine ou dagyde

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Par Stewart & Janet Farrar. Traduction & adaptation : Lune. Extrait du chapitre Spells, de : The Witches’ Way, éditions Phoenix.

  1. Sortilège de la figurine ou dagyde (vous êtes ici)
  2. Autres sortilèges et leur conception
  3. Le travail magique à l’aide des cordes (en coven)
  4. La pratique magique dite « des mains jointes » (en coven)
  5. Les formes-pensées (à traduire)

Un sortilège est un rituel pour accroître le pouvoir psychique et le diriger vers un but spécifique et pratique. Il est alimenté par une imagination vive et une force de volonté focalisée. Et ce que les sceptiques décrivent habituellement comme le « baratin incompréhensible » d’un sortilège est en réalité une dramatisation dans le but d’activer ces deux choses et, de fait, une façon parfaitement raisonnable de s’y prendre.

Pour prendre un exemple : il y a le fameux sortilège de « l’effigie ou figurine en cire », qui est quasiment le seul sort dont les non-sorciers semblent avoir entendu parler. Ces derniers l’associent  à de sinistres activités, comme d’y enfoncer clous, épingles et épines afin de nuire à la victime visée. Bien sûr, il peut être employé de cette façon avec malveillance. Mais les sorcières « blanches » l’utilisent de manière responsable, ce qui signifie en pratique qu’elles le réservent au travail de guérison et, si nécessaire, pour « entraver » quelqu’un qui agit de façon malveillante (voir page 141).

Comme c’est la norme dans la wicca, le sortilège de la figurine est mis en œuvre par des partenaires femme-homme, bien que l’ensemble du coven puisse les soutenir utilement. L’effigie peut être en cire, en pâte à modeler ou tout autre matériau qui convient. Puis, tout l’objet de l’exercice consister à identifier la figurine à la personne concernée, le plus fidèlement possible. Elle devra lui ressembler, mais elle n’a pas besoin d’être artistique. Par exemple, si en y ajoutant une photographie du visage sur le devant de la tête facilite la visualisation, procédez ainsi bien évidemment. Si vous pouvez incorporer des cheveux ou des ongles, cela est tout à la fois traditionnel et utile, parce que cela contribue à rendre l’identification mentale plus remarquablement vivante et cela permet également d’établir un lien psychique, sur le principe de résonance (voir pages 209-210). L’effigie devra être nue et sexuée sans équivoque.

Certaines sorcières transpercent le centre de la figurine à l’aide d’un pic afin d’y insérer un coton imbibé de « condensateur planétaire », un fluide préparé par macération, dans l’eau, de bouts de métal, dans le but de représenter les influences planétaires. Nous ne trouvons pas cela nécessaire personnellement et la perforation affaiblie la figurine dans sa structure. Mais, il faut parler de l’incorporation d’une substance vivante quelconque. La substance traditionnelle, non sacrificielle, consiste en un œuf cru, aussi frais que possible.

(Cet emploi d’un œuf cru et frais, en tant que « sacrifice vivant non sacrificiel » mérite d’être rappelé à d’autres fins.) Un peu de ceci dans une petite cavité à l’intérieur de la poitrine, où le cœur devrait être, est préférable à une galerie forée avec un pic.

Les deux partenaires, et quiconque participe au sortilège, devraient être impliqués d’une façon ou d’une autre, aussi restreinte soit-elle, dans la fabrication de l’effigie. Elle devrait être fabriquée à l’intérieur d’un cercle magique.

Lorsque la figurine est prête, les deux partenaires l’amènent devant l’autel et l’asperge avec le mélange « eau-et-sel » consacré, en disant :

Nous te baptisons_______, au nom de Cernunnos et d’Aradia (ou tout autre nom utilisé pour désigner le Dieu et la Déesse).

La figurine est laissée sur le pentacle, tandis que tout le monde participe aux danses jusqu’à la Rune des Sorcières, afin d’ériger le pouvoir.

La femme s’étend au sol sur le dos, au centre du cercle dans la position du pentagramme, tête au nord. L’homme prend une cordelette rouge et l’attache autour de la figurine, en son centre, il attache l’un des bouts de la cordelette autour de sa propre taille et l’autre bout autour de la taille de la femme.

À présent, le couple « conçoit » et « donne naissance » à la figurine. La façon dont cela est accompli, vivante et dramatique, dépend de l’imagination du couple et de la nature de leur relation de tous les jours : la mise en scène peut être purement symbolique ou totalement « réaliste » (dans ce cas, ceci s’accomplit en privé) ; ce qui importe, c’est que cela soit réalisé avec une force de volonté focalisée et en visualisation l’intention.

(Nous connaissons une sorcière qui fait « téter » la figurine immédiatement après ; considérablement efficace, toutefois ceci pourrait avoir un effet secondaire psychologique comme de créer une dépendance indésirable du « patient » envers la sorcière, le menant à une forme de vampirisme, ainsi vaut-il peut-être mieux éviter cela).

Ensuite, l’homme détache la cordelette de la taille de la femme et porte la figurine, toujours attachée à lui-même et à l’autel. Avec l’athamé, il trace le pentagramme d’invocation de la terre devant la figurine. Il retire ensuite la cordelette de la figurine et de sa propre taille.

Les partenaires ou le groupe s’assoient alors face à face et chacun, tour à tour (la femme, l’homme et ensuite les autres) tient la figurine. Chacun s’adresse à elle en utilisant son nom et en lui donnant le traitement et les paroles de guérison appropriés ou, dans le cas d’un sort d’entrave, des ordres soigneusement formulés et précis. Dans les deux cas, on s’adresse à l’effigie comme à la personne vivante concernée, elle est traitée et perçue comme telle. Ensuite, on lui donne tout traitement symbolique nécessaire, comme de lui coudre la bouche si l’on souhaite que la personne cesse de répandre des propos malveillants. Enfin, elle est liée avec la cordelette et enveloppée dans un tissu de la couleur appropriée (rouge pour une guérison organique, bleu pour une guérison fonctionnelle, noir pour un sort d’entrave et ainsi de suite – voir correspondance suivre le lien).

Lorsque le Cercle est banni, la figurine enveloppée sera portée par quelqu’un qui se placera derrière la personne qui effectue le bannissement, comme avec les objets nouvellement consacrés. Après cela, la figurine enveloppée est emportée et cachée en un lieu secret, à l’abri de toute manipulation, et elle y est conservée aussi longtemps que l’effet du sortilège le nécessite. Parfois, on peut sentir qu’elle a besoin d’être rechargée ; alors, vous retirerez le tissu dont elle est enveloppée et ferez descendre le pouvoir sur elle à l’aide de votre athamé (en répétant les ordres ou les paroles de guérison), vous l’envelopperez à nouveau dans son tissu, puis vous la remettrez dans sa cachette. Ceci devra être accompli dans un Cercle, mental ou réel.

On ne devra jamais garder une image qui a été identifiée à une personne et utilisée dans le contexte d’un sortilège de la figurine, une fois le but atteint ou l’échéance du sort arrivée à son terme (même si le sort a échoué).

La figurine devra être dispersée et emportée par un cours d’eau naturel. Une fois le tissu qui l’enveloppe retirée et la cordelette défaite, on la brisera en petits morceaux. Chaque morceau sera jeté à l’eau avec le commandement suivant :

« Retourne aux éléments d’où tu proviens. »

Ce sortilège inclut tous les éléments essentiels d’un travail magique :

  • La dramatisation,
  • l’imagination,
  • l’identification,
  • l’intention précise,
  • la volonté
  • et l’arrangement des derniers détails.

Plusieurs autres éléments doivent être pris en considération pour renforcer l’efficacité. Par exemple, vous pouvez œuvrer durant la lune croissante ou pleine, ainsi que le jour et à l’heure de Mercure ou Jupiter. Ou pour un sort d’entrave, lors de la lune décroissante ou nouvelle, le jour et à l’heure de Saturne. Vous pouvez également choisir l’encens et la musique appropriés, et ainsi de suite. (Pour les jours et les heures, voir What Witches Do, appendice 3 ou Magus Book II, Pan IV, p. 1 39, de Barrett :  ndlt : j’ajouterai l’info dans la journée).