La roue en huit parties

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Par Philip Carr-Gomm, traduction Faoltiern

NDT : Voici une traduction libre du livre “Druid Mysteries”, de Philip Carr-Gomm, portant sur la Roue de l’ Année. Je trouve sa façon de s’exprimer sur le sujet claire et intéressante, peut-être un peu basique pour certaines personnes, mais plus profonde quant aux liens psychologiques avec les huit périodes de l’année (un autre chapitre, que je tenterais de traduire, approfondit encore plus le sujet). Bien qu’il s’agisse de druidisme, je pense que cela ne froissera pas les sensibilités dans ce groupe. Il s’agit d’une première version, s’cusez-moi pour les fautes éventuelles.

Telle était mon introduction pour le schéma en huit parties qui se trouve au cœur du Druidisme, et aussi dans les traditions païennes occidentales où le Druidisme est une manifestation et la Wicca une autre. Les Druides et les Wiccans célèbrent ces huit festivités, ce sont en fait Nuinn et Gerald Gardner qui ont introduit le schéma en huit parties et beaucoup des versions modernes de ces rites dans le paganisme, dans les années 1950 et 60.

Le schéma est basé sur les connexions profondes et mystérieuses entre la source de nos vies individuelles et la source de la vie de notre planète, et sur ces huit moments particuliers durant le cycle annuel qui sont significatifs et qui sont marqués par des observances spéciales.

Sur les huit, quatre sont des événements astronomiques, en association directe avec la position du soleil dans le ciel, quant aux quatre autres, ils sont en relation avec la vie de la terre et les phases de la lune. Si nous associons le soleil avec le principe masculin et la lune avec le principe féminin, nous pouvons voir que le schéma offre une série équilibrée de « pratiques » masculines et féminines intercalées.

Les pratiques solaires sont celles que la plupart des gens associent avec les Druides modernes, en particulier avec les cérémonies au solstice d’été de Stonehenge. Aux solstices, le soleil est révéré au moment de sa mort apparente au milieu de l’hiver et au maximum de sa puissance au midi de l’année, quand les jours sont les plus longs.

À l’équinoxe de l’été, le pouvoir du soleil est en augmentation et nous célébrons le temps des semailles et les préparatifs pour les dons de l’été.

À l’équinoxe d’automne, bien que jour et nuit soient de même durée, le pouvoir du soleil est sur le déclin, et nous remercions pour les dons des récoltes et nous nous préparons pour l’obscurité de l’hiver.

En plus de ces quatre festivités astronomiques et solaires, il y a quatre périodes dans l’année qui sont aussi considérées comme sacrées. Ce sont des périodes qui sont associées au cycle de l’élevage, plus qu’à celui de l’agriculture. Puisqu’elles ne sont pas liées à des moments particuliers du ciel, le jour de leur célébration ne sont pas critiques et peuvent varier suivant les circonstances locales. Notre position géographique et maintenant le réchauffement global peut signifier que ces quatre célébrations saisonnières peuvent prendre place à des moments variés.

À Samhuinn, au début de novembre, le bétail est abattu et leur viande est salée et stockée.

À Imbolc, en février, les agneaux naissent.

À Beltane, en mai, c’est le temps des accouplements et du passage des troupeaux entre les deux feux de Beltane pour purification.

À Lughnasadh, au début du mois d’août, c’est le temps qui marque le lien entre le cycle de l’agriculture et le cycle de l’élevage. Les moissons commencent et la nourriture pour les humains et les animaux sont toutes deux coupées et engrangées.

Ensemble, les deux types de festivités représentent notre interconnexion complète avec les royaumes de la terre, de la lune, du soleil, des animaux et des plantes.

Nous voyons comment est entremêlée la vie de notre psyché et de notre corps, de la planète, du soleil et de la lune, pour chaque période des festivités, marquant ainsi une conjonction de temps et d’espace d’une manière remarquable.

  • Samhuinn :

Regardons le cycle complet, nous commençons à Samhuinn (ou Samhain, prononcez « So-in »).

Samhuinn est une période que beaucoup d’écrivains, jusqu’ à récemment, croyaient marquer la fin et le début de l’année celtique dans les temps anciens. Ceci semble maintenant incorrect de façon historique, mais peu importe pour ceux qui le célébrer à cette période, car ils y voient un changement manifeste dans le déroulement de l’année.

Mais de manière à être psychologiquement confortable, il doit y avoir un temps ou ordre et structure doivent être abolis, ou le chaos puisse régner. Samhuinn est ce temps. Le temps est aboli pour les trois jours de cette fête ou les gens font des choses folles: les hommes s’habillent en femmes et les femmes en hommes. Les clôtures du fermier sont démontées et jetées aux rebuts, les chevaux sont bougés dans un champ différent de celui de leur propriétaire et les enfants doivent frapper à la porte des voisins pour de la nourriture ou pour jouer des tours, ce qui explique l’origine de la coutume « trick or treating » d’Halloween.Mais derrière cette apparente démence, se cache un mystère plus profond. Les Druides croient que cette période de l’année possède une qualité spéciale:

De la même manière que les plantes du monde semblent mourir avec l’arrivée de l’hiver et que les nuits s’allongent, la limite entre ce monde et le monde des ancêtres est mise de côté, comme le temps, et pour ceux qui sont préparés, des voyages peuvent êtres fait de « l’autre coté » en sécurité.

Les rites des Druides pour Samhuinn concernent les prises de contact avec les esprits des défunts, qui sont vus comme des guides et des sources d’inspiration plutôt que comme des sources de frayeur.

La lune noire, la période où la lune ne peut être vue dans le ciel, est la phase qui gouverne cette fête, parce qu’il représente une période ou nos perceptions de mortel ont besoin d’être obscurcies afin de nous permettre de voir dans l’autre monde. Les défunts sont honorés et fêtés, non pas comme des morts, mais comme les esprits vivants des êtres aimés et comme les gardiens qui soutiennent les piliers de la sagesse de la tribu.

  • Alban Arthan :

Le suivant dans le cycle est la période du solstice d’hiver est appelé dans la tradition Druidique Alban Arthan (la Lumière d’ Arthur).C’est le temps de la mort et de la renaissance.

Le soleil semble nous avoir complètement abandonnés quand la plus longue des nuits arrive.

Lier notre propre voyage intérieur au cycle annuel, suivant les mots de la cérémonie écrite par Nuinn, nous dit de « nous dépouiller de tout ce qui gêne l’apparition de la Lumière ». Dans les ténèbres nous jetons à terre les lambeaux des étoffes que nous avons portées, ces choses qui nous retenaient en arrière, et une lampe est allumée avec un briquet et élevée sur la crosse du Druide à l’Est. L’année renaît et un nouveau cycle commence, qui atteint son pic au solstice de la mi-été, avant de retourner à nouveau à l’endroit de la mort et la renaissance.

Bien que la Bible nous indique que Jésus soit né au printemps, ce n’est pas accidentel que l’Église ait choisi de bouger sa date de naissance à l’ époque du solstice de la mi-été, qui est également un temps où la Lumière perce les ténèbres du monde, et nous voyons à nouveau que la Chrétienté s’est construite sur les fondations de croyances plus anciennes.Aujourd’hui, dans notre culture séculière, il n’y a plus seulement que Noël et le Jour de l’An qui marquent les périodes de l’année.Le Druidisme possède huit dates clés, ce qui veut dire que toutes les six semaines, ou presque,nous avons l’opportunité de sortir de la vie de tous les jours pour honorer la conjonction de l’espace et du temps.

  • Imbolc :

La prochaine fête prend place au début de février, traditionnellement à la veille du 1er février. Il est nommé Imbolc dans la tradition druidique, ou quelquefois Oimelc.Nous pouvons imaginer Imbolc dans les brumes de l’hiver, mais elle représente en fait la première des trois célébrations du printemps, depuis le moment de la première apparition des flocons jusqu’à la fonte des neiges et la disparition de l’hiver. C’est le temps ou nous ressentons les premiers éclats du printemps et quand les agneaux naissent. Dans la tradition druidique, c’est une douce fête dans laquelle la Déesse Mère est honorée avec huit bougies émergeant de l’eau au centre du cercle cérémoniel.

La déesse qui dirige Samhuinn est la Cailleach, la Sorcière Grise, la Mère Montagne, la Sombre Femme de la Connaissance. Mais à Imbolc, la déesse est devenue Brighid, la déesse des poètes, des soigneurs et des femmes d’âge moyen. En conséquence, nous utilisons souvent Imbolc comme une période pour un Eisteddfod dédié à la poésie et à la chanson, adorant la Déesse sous ses nombreuses formes. (…)

  • Alban Eilir :

Le temps passe et en peu de temps nous arrivons à l’équinoxe de printemps, l’époque ou jour et nuit sont égaux, mais ou les forces de la lumière augmentent. Au centre du trio des fêtes du printemps, Alban Eilir (lumière de la Terre) marque le plus reconnaissable commencement de la saison, les fleurs apparaissent et les semailles débutent pour de bon. Au point de vue du développement psychologique de notre vie, cette fête marque l’époque de l’enfance tardive jusqu’ aux environs de quatorze ans, alors qu’Imbolc marque la période de notre enfance jusqu’ à sept ans.

Nous sommes dans le printemps de notre vie.

La graine qui a été semée dans notre enfance pendant Imbolc et Alban Eilir fleurira idéalement pendant la période Beltane de l’adolescence, en utilisant ses capacités et sa puissance qui nous aideront à négocier nos vies avec compétence et accomplissement.

  • Beltane :

Beltane, au premier mai, marque l’époque de notre adolescence et le début de notre vie adulte.

Le printemps est en pleine floraison et les feux jumeaux seront allumés à ce moment, à travers lesquels le bétail sera conduit après leur long confinement de l’hiver ou par-dessus lesquels sauteront ceux qui espèrent un enfant ou une bonne fortune.

Quand j’étais jeune, l’Ordre célébrait Beltane sur le Tor de Glastonbury. La célébration du mâle et de la femelle est symboliquement décrite ici dans le paysage. Avec Chalice Well représentant le côté féminin et le Tor le principe masculin. Nous voyons le même thème pendant la célébration du Jour de Mai, pendant la danse en cercle autour du mat de mai, célébrant la fertilité de la terre et suggère un écho des danses en cercle rituel qui pouvaient avoir pris place dans les cercles de pierre, dans les temps anciens à cette saison ou la sève monte.

  • Alban Hefin :

Nous avons atteint le temps du solstice d’été, Alban Hefin, la Lumière du Rivage, le 21 ou le 22 juin. (Les dates pour chaque festivité varient chaque année, puisque les événements sont astronomiques et non établis d’après un calendrier.) C’est le moment du plus long jour, quand la Lumière est à son maximum. C’est à cette période que les Druides tiennent leur cérémonie la plus complexe. Commençant la veille du solstice, un vigile est laissé toute la nuit assis autour du feu du solstice. Ce n’est qu’une question d’heures et l’aube marquera le temps du soleil dans sa journée la plus puissante. Et à midi une autre cérémonie est tenue.

  • Lughnasad :

Six semaines plus tard, nous arrivons au temps de Lughnasad, le 1er août, qui marque le début des récoltes. Le foin a été ramassé et c’est le moment qui convient au fauchage du froment et de l’orge.

Dans les temps anciens c’était un temps de réunion et de rencontre, de concours, de jeux et de mariage. Les mariages contractés à cette période pouvaient être annulés à la même période l’année suivante, offrant au couple une période d’ « essais ».Dans certains lieux, une roue enflammée dévalait la pente de la colline pour symboliser la descente de l’année vers l’hiver. (…)

  • Alban Elfed :

L’équinoxe d’automne, au 21 septembre environ, est nommé Alban Elfed ou Lumière de l’ Eau dans la tradition druidique. Elle représente la seconde fête des moissons.

Cette période marque la fin des moissons, comme Lughnasadh marque le début.De nouveau, jour et nuit sont égaux comme à l’époque de l’ équinoxe d’été, mais les nuits seront plus longues que les jours et l’hiver sera sur nous. Dans cette cérémonie nous remercions pour les fruits de la terre et pour les bienfaits de la Déesse Mère.

Ainsi le cercle se complète lui-même à nouveau, jusqu’ au temps de Samhuinn.