Hécate

Téléchargez le cours : Le voyage au tambour

Hécate
Par Doreen Valiente ©, traduction Lune

Extrait de « An ABC of witchcraft » pp 168-169.

Hécate est l’ancienne Déesse grecque de la Sorcellerie. Elle est représentée sur des pierres romaines sculptées de la période classique, sous une triple forme, possédant trois têtes, trois paires de bras portant dagues, fouets et torches. Deux énormes serpents s’enroulent autour de ses pieds. Des pierres sculptées de ce style étaient portées en amulette, particulièrement par ceux intéressés par les sciences occultes.

Hécate est une très ancienne Déesse, plus vieille encore que les Dieux et Déesses de l’Olympe du mythe classique. Elle était vénérée par Zeus lui-même, qui jamais ne renia son séculaire pouvoir d’exaucer ou de rejeter les désirs des mortels.

Pour cette raison, mages et sorcières l’invoquaient très souvent. Son pouvoir était triple : dans les cieux, sur Terre, et dans le monde souterrain des esprits et fantômes. Un de ses symboles était une clef, signifiant ainsi sa capacité à retenir ou à libérer les esprits et spectres de toutes sortes. Euripide, le poète grec, l’appelait « Reine du monde des fantômes ».

Sa statue était érigée aux carrefours, où il était préférable d’invoquer sa présence de nuit. Des années plus tard, les sorcières se réunirent aux carrefours afin de célébrer leurs rites.

Bien que sa souveraineté se soit étendue sur le ciel, la Terre et le monde souterrain, Hécate fut associée tout particulièrement à la lune et aux Déesses lunaires, Diane, Artémis et Séléné, avec qui elle fut assimilée. Sa triplicité renvoyait aux trois phases de la lune : croissante, pleine, décroissante.

Elle était dépeinte accompagnée d’une meute de chiens hurlants, probablement du fait que les chiens hurlent à la lune, ainsi qu’ils hurlent lorsqu’un fantôme se tient tout proche, même si on ne le voit pas ; ils réagissent fortement dans les lieux hantés.

Les philosophes gnostiques, qui se réunissaient dans la ville égyptienne d’Alexandrie, révéraient des fragments de poésie appelée « les oracles chaldéens ». Ces fragments qui sont parvenus jusqu’à nous, écrits en grec, laissent apparaître Hécate comme la Grande Mère ou la vie de l’Univers. La Nature est son vêtement, son manteau : « Et de son dos, de chaque côté de la Déesse, la Nature infinie s’accroche ».

« Hécate » ne serait pas un nom grec. Les spécialistes en doutent et, plus généralement, il existe beaucoup d’incertitudes autour de ce nom et ses dérivés. Certains suggèrent comme signification à son nom « La Lointaine » ou « Celle qui se tient au loin ». Le nom d’Hécate ressemble à l’ancien égyptien « hekau » qui signifie « magie ». Deux anciens noms d’Hécate sont Aphrattos « Celle Sans Nom » et Pandeina « La Toute-Terrifiante ».

Robert Graves, cependant, dans ses Mythes Grecs (Penguin Books, London, 1957 and Baltimore, Maryland, 1955) donne comme signification « Cent » et la relie à la Grande Année aux cent lunaisons pendant laquelle, il y a fort longtemps, il était permis au Roi Sacré de régner. A la fin de cette année-là, Il était sacrifié, Son sang venait alors enrichir le pays et renouveler la prospérité de ses sujets. Cette institution du Roi Divin sacrifié était très répandue dans l’ancien monde et remonte loin dans l’Histoire humaine. Ceci étant intimement lié à l’ordre matriarcal des temps primitifs, lorsque la Grande Déesse de la Nature, la Magna Mater, était prédominante.

Shakespeare, dans Macbeth, représente ses trois sorcières comme des adoratrices d’Hécate, et non du diable ou de Satan, ce dont elles furent, pourtant, accusées durant dans des centaines d’années. Nombre des contemporains de Shakespeare ont introduit dans leurs pièces de théâtre et poèmes « La Dame Hécate » en tant que Déesse des Sorcières.

Dans la pièce de Thomas Middleton « La Sorcière », le personnage principal prend le nom d’Hécate, s’auto proclamant la Sorcière de la Déesse de la Sorcellerie.

Ainsi, si nous souhaitons choisir un nom usité à l’époque de Shakespeare et plus tard pour invoquer la Déesses des Sorcières, Hécate serait un choix évident, naturel. La prononciation grecque est « Hek-a-ti », mais elle est devenue, une fois anglicisée, Hek-at.

Le sigil employé par les mages pour invoquer Hécate est un croissant de lune dont les deux pointes sont tournées vers le haut. Entre les deux, un point est dessiné.