La grande Terre-Mère
Par Phyllis Curott, traduction & adaptation Lune
Extrait du chapitre 5 de "Witch Crafting"
Quel âge aviez-vous la première fois où vous avez entendu ces mots : « Mère Nature » ? Sans se soucier des religions auxquelles on appartient, chacun connaît et utilise cette expression, simplement parce qu’elle nous touche au plus profond de notre âme. La Nature, et particulièrement la Terre, est , dans le plus grand respect, notre Mère. Nous sommes tous nés de son utérus, l’Océan, et chaque jour nous nous nourrissons de ses bienfaits. Sans Elle, nous péririons. La plupart d’entre nous vivent une vie moderne et confortable, tellement coupés de la Nature (achetant tout au supermarché ou chez l’épicier), dont nous dépendons tellement, que nous avons perdu contact avec Elle. En vivant à l’intérieur de notre environnement artificiel et de nos communautés fermées, nous nous sommes coupés nous-mêmes de ses bienfaits infinis – l’inspiration que procure sa beauté, la sagesse de ses voies, le pouvoir que donnent ses éléments. Nous avons oublié que la Nature est réellement la robe que la Déesse porte afin d’être vue. La Terre a longtemps été révérée par les peuples indigènes et par les sorcières, en tant qu’incarnation de la Déesse. Passez du temps dans la Nature et vous reconnaîtrez qu’Elle est le pouvoir de la Fertilité, la source de toute vie, donnant naissance et nourrissant tous ses enfants : plantes, animaux, humains. En prenant conscience de cette profonde vérité spirituelle, elle peut nous conduire sur des chemins intimes et simples. Lorsque j’ai commencé à vivre à la campagne (pays fermier), j’ai brusquement voulu apprendre à cuisiner, et je l’ai fait, car j’étais terriblement captivée par la beauté et le pouvoir de ce qui poussait autour de moi. De même lorsque nous ressentons la Terre-Mère dans Ses plus grands défis -le brûlant désert, les glaciales toundras du pôle, les landes enneigées- la magie de la vie existe et persiste.
Nous incarnons la Terre au travers du personnage de la Déesse, telle que Gaïa, Déméter, Rhéa, Cérès, Sovereingnty ou Freya… Comme nos ancêtres avant nous lorsqu’ils créaient les exemples les plus primitifs de l’Art Religieux : les rondeurs voluptueuses, les seins opulents des statues qui ont été retrouvées à l’endroit où l’on stockait le grain, ainsi que dans les sépultures, symbolisant les pouvoirs de naissance et renaissance de la Déesse. Appelez ces Déesses afin qu’Elles vous bénissent de leurs bienfaits : fertilité, créativité, prospérité, force, et qu’elles vous offrent la capacité à faire de vos rêves une réalité.
Mais les sorcières doivent prendre garde de ne pas tomber dans les préoccupations des religions bibliques et de ne pas remplacer le genre de la déité, de ne pas honorer une magnifique Déesse assise sur son trône terrestre à la place d’un Dieu le père à la blanche chevelure. Lorsque vous pensez à la déité seulement en termes humains, visualisant littéralement une femme (ou un homme), vous faites du Grand Mystère Divin quelque chose de plus accessible et compréhensible à vous même, mais vous amenuisez du même coup votre capacité à ressentir la divinité dans toutes ses expressions.
Le prêtre ou le rabbin dont j’ai parlé dans le chapitre I, ont fait l’erreur de croire que les sorcières « honorent » les rochers, les pierres. En réalité, nous comprenons que ces pierres, comme toute la Nature, sont l’incarnation du divin. La Wicca reconnaît, en accord avec la science, une différence entre les plantes et les animaux. Celles-ci possèdent une mystérieuse « force de vie » à la différence des rochers, de l’eau qui recèlent une énergie, qui tout comme le sang et la chair, sont des morceaux d’une plus grande force de vie –qui est le fait du Divin et particulièrement de la Divine Terre-Mère. Cette différenciation nous aide à vivre dans le monde et à faire des choix éthiques. Par exemple, vous pousserez une pierre d’une falaise pour sauver un chien, mais vous ne polluerez pas une rivière pour faire de l’argent, ni ne détruirez le flanc d’un coteau pour construire une maison, et si vous voulez construire une maison, vous ne le ferez pas sans tout d’abord consulter et recevoir la permission des esprits de cette terre.
Lorsque vous travaillez dans la Nature, vous prenez conscience que la Grande Terre Mère est présente en chaque pierre et chaque falaise, en tout morceaux de nourriture que vous mangez, dans le bois avec lequel vous avez bâti votre maison et les combustibles dont vous vous servez pour la chauffer. Elle est présente dans l’amour d’une louve pour ses louveteaux, d’une vieille éléphante qui assiste et qui assiste une maman éléphant à mettre bas, en la mère cygne qui enseigne chaque année à ses petits la manière de construire le nid dans la crique, devant ma maison où elle a donné naissance et élevé ses bébés. Elle est présente dans mon jardin, les fermes et les vignes alentour, à présent recouvert d’un manteau de neige. Elle est présente dans cette neige elle-même. Et lorsque celle-ci fond, c’est elle aussi qui s’écoule sur l’herbe et fait fleurir la vie au printemps. La Grande Terre Mère, mère nature nous apprend les rythmes de la vie.
En faisant attention à sa sagesse incarnée et usant de vos pratiques pour vous aider, vous verrez que la vie est librement donnée et généreusement dispensée par la terre. La Grande Terre Mère nous enseigne une des leçons spirituelles les plus importantes : le flux naturel de l’énergie est celui de l’abondance et de la générosité. Cette énergie est omniprésente pour faire la magie et la vie.