Farrar - Yule, 22 décembre
Par Janet & Stewart Farrar ©, traduction Lune
Extrait de A Witches' Bible ©
PREPARATIFS
Le chaudron est placé au Sud, avec une chandelle (non allumée) à l’intérieur, et couronné de houx, de lierre et de gui.
Des couronnes pour le Roi Chêne et le Roi Houx sont déjà sur l’autel. Des pailles sont également posées sur l’autel –il doit y avoir autant de pailles que d’hommes au Sabbat, à l’exception du HP. L’une d’elles devra être plus longue que les autres et une autre plus courte (à Midsummer, si la HPS décide de nommer les Rois au lieu de les tirer au sort, les pailles ne seront pas requises).
Un bandeau est déjà prêt sur l’autel pour le Roi Houx. Un sistre (1) pour la HPS (2) est posé également sur l’autel. La HPS devra porter un tabar (3) blanc et si elle le souhaite une perruque blanche (ndt : glups :-D).
S’il y a un arbre de noël illuminé dans la pièce, il devra être éteint.
Si il y a une cheminée ouverte dans la pièce, le feu sera allumé et rougeoyant. Une bûche de Yule y sera placée juste avant la projection du cercle.
LE RITUEL
Après les Runes Sorcières, la jeune fille va chercher les pailles sur l’autel et les tient dans ses mains de façon à ce que personne ne puisse deviner laquelle est la plus petite et la plus grande. La HPS dit :
« Laissons les hommes tirer au sort ! »
Chaque homme (excepté le HP (4)) tire alors une paille des mains de la Jeune Fille et la montre au HP. La HPS désigne l’homme qui à tirer la paille la plus courte et dit :
« Tu es le Roi Houx, le Dieu de l’année déclinante.
Jeune fille, apporte la couronne de Houx au Roi Houx »
La Jeune Fille place la couronne de feuilles de houx sur la tête du Roi Houx. La HPS désigne l’homme qui a tiré la paille la plus longue et dit :
« Tu es le Roi Chêne, Dieu de l’année renaissante. Jeune Fille apporte sa couronne ! »
La Jeune Fille place la couronne de feuilles de chêne sur la tête du Roi Chêne. Pendant ce couronnement, le HP s’étend au centre du cercle et s’installe dans la position du fœtus . Tout le monde est prétendu ne pas le voir faire cela.
Lorsque le couronnement est fini, le Roi Chêne dit :
« Mon frère et moi avons été couronnés et préparés à notre rivalité. Mais où notre Seigneur le Soleil ? »
La Jeune Fille répond :
« Notre Seigneur le Soleil est mort ! »
Si le tabar de la HPS est un voile, elle s’en servira pour cacher son visage.
Les membres du coven se placent dans le périmètre du cercle.
La HPS s’empare du sistre et la Jeune Fille d’une chandelle. Elles marchent, « deosil (5)», côte à côte, lentement autour du HP, et cela 7 fois. La Jeune Fille porte la chandelle afin que la HPS puisse lire le « parchemin » qu’elle tient dans ses mains. Alors, elle (la JF) comptera tranquillement : « un », « deux » cela à chaque tour de cercle. Elles commencent le premier tour. La HPS secoue le sistre et se lamente :
« Reviens, Oh, reviens !
Dieu du Soleil, Dieu de la lumière, reviens !
Tes ennemis se sont enfuis – Toi qui n’a aucun ennemi.
O beau compagnon, reviens !
Reviens à ta sœur, ton épouse, qui t’aime.
Nous ne serons pas séparés.
O mon frère, mon consort, reviens, reviens!
Lorsque je ne te vois pas,
Mon cœur se remplit de larmes pour Toi,
Mes yeux te cherchent,
Mes pieds sillonnent la Terre à Ta recherche !
Dieux et hommes, ensemble, te pleurent.
Dieu du Soleil, Dieu de la Lumière, reviens !
Reviens à ta sœur, ton épouse, qui t’aime.
Reviens ! Reviens ! Reviens ! »
Quand les sept tours de cercle sont complets, la HPS pose le sistre sur l’autel et s’agenouille près du HP, en posant ses mains sur son corps et en donnant dos à l’autel.
Tous les membres du coven, exceptée la Jeune Fille, se lient les mains et se placent lentement, deosil (5), autour de la HPS et du HP. La Jeune Fille attend près de l’autel et déclame :
« Reine de la Lune, Reine du Soleil,
Reine des Paradis, Reine des Etoiles,
Reine des Eaux, Reine de la Terre,
Apporte nous l’Enfant de Promesse !
C’est la Grande Mère qui donne lui naissance à nouveau ;
C’est le Seigneur de Vie qui naît à nouveau;
Ténèbres et larmes se dissipent lorsque le Soleil se lève à nouveau ! »
La Jeune Fille fait une pause et la HPS se lève et tire le HP à ses pieds. Si elle porte un voile, elle le retirera de son visage. Le HP et la HPS face à face, s’étreignent en croisant les mains, et commencent à tourner deosil à l’intérieur du coven. La ronde du coven devient plus rapide et joyeuse.
La Jeune Fille reprend :
« Soleil d’Or des Collines et Montagnes,
Illumine le pays, illumine le monde,
Illumine les mers, illumine les rivières,
La Tristesse s’est dissipée, Joie dans ce monde !
Bénie soit la Grande Déesse,
Sans commencement, ni fin,
Immuable à l’éternité,
Io Evo ! Hé ! Soyez bénis !
Io Evo ! Hé ! Soyez bénis !
Io Evo ! Hé ! Soyez bénis ! … »
Le coven se joint au chant « Io Evo ! Hé ! Soyez bénis ! ». La Jeune Fille dépose le parchemin et la chandelle sur l’autel pour rejoindre la ronde. Le chant et la ronde se poursuivent jusqu’à ce que la HPS pleure :
« Asseyez-vous ! »
Quand tous sont assis. Le HP se relève et va jusqu’à l’autel pour prendre une chandelle ou une bougie fine. Il l’apporte près du chaudron et allume la chandelle sur chaudron avec celle-ci. Alors, il repose la première bougie sur l’autel. Si l’arbre de noël peut être illuminé, on pourra à présent l’éclairer. Le HP prend alors sa place devant l’autel où la HPS le rejoint. Ils se tiennent face au coven assis. La HPS dit :
« Maintenant, au cœur de l’hiver, la vieille année arrive à son terme et le règne du Roi Houx prend fin. Le Soleil renaît et la nouvelle année commence. Le Roi chêne doit tuer son frère le Roi Houx et régner sur mon pays jusqu’à l’apogée de l’été. Lorsque son frère se lèvera à nouveau. »
Tout le coven se lève, à l’exception des deux rois, et se retire vers le périmètre du cercle. Au centre de celui-ci, les deux rois se font face, le Roi Chêne, qui donne dos à l’Ouest, doit tuer son frère, le Roi Houx, qui lui, donne dos à l’Est.
Le Roi Chêne pose ses mains sur les épaules de son frère et exerce une pression. Le Roi Houx tombe à genoux.
A ce moment, la Jeune Fille va chercher le foulard (ndt : le bandeau) et aide le Roi Chêne à bander les yeux au Roi Houx. Puis tous s’éloignent du Roi Houx toujours agenouillé. La HPS marche doucement, deosil, autour de lui, trois fois. Elle rejoint alors le HP devant l’autel. Le HP dit :
« L’esprit du Roi Houx nous a quitté, pour reposer en Caer Arianrhod, le Château de la Roue d’Argent ; jusqu’à ce que, grâce au cycle de l’année, la saison de son temps de règne revienne. L’esprit est parti ; Ainsi, laissons l’homme, qui s’est tenu debout, rester parmi nous afin que l’esprit soit libéré de sa tâche. »
La HPS et la Jeune Fille marchent à nouveau à sa rencontre et aident le Roi Houx à se lever. Elles l’emmènent vers la chandelle de l’Ouest où la Jeune Fille lui retire son bandeau et la HPS sa couronne, les déposant à côté de la chandelle. L’homme se tourne et redevient un membre ordinaire du coven.
Le Grand Rite peut maintenant être célébré, la Jeune Fille se tient prête avec l’Athamé et le Roi Chêne avec la coupe (si le sabbat est célébré skyclad, la Jeune Fille aidera en premier la HPS à retirer son tabar –lequel, étant blanc, pourra être utilisé comme le voile mis sur son corps pour la première partie du Grand Rite).
Après le vin et les gâteaux, le chaudron est amené au centre du cercle et tout le monde saute par-dessus avant que l’étape suivante ne commence.
Le lendemain, lorsque le feu (si il y en a eu un) est complètement éteint et froid, les cendres de la bûche de Yule sont ramassées et dispersées sur les champs ou jardins –ou, si vous vivez en ville- dans le parc le plus près ou toute terre cultivée.
* * *
Notes de la traductrice :
1 – Sistre : instrument de musique à percussion, formé d’un cadre courbe traversé de plusieurs baguettes mobiles et sonores, et garni d’un manche –définition du Petit Robert. (ndt : à remplacer par une cloche ?).
2 – HPS : High Priestess (Grande Prêtresse)
3 – Tabar : ou tabard, Au Moyen-Age, manteau court, ample, à manches formant ailerons et fentes latérales, porté sur l’armure - définition du Petit Robert.
4 – HP : High Priest (Grand Prêtre)
5 – Deosil : dans le sens des aiguilles d'une montre (ou inversement : widdershin). Employé pour décrire le mouvement autour d'un cercle pendant rituel.