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Le Solstice d’hiver, rite alexandrien

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Extrait de What witches do, the modern coven revealed par Stewart Farrar. 1971. Traduit et adapté par Lune.

Le Solstice d’hiver, rite alexandrien

Solstice d’hiver. C’est la fête de la renaissance du Dieu Soleil, le jour le plus court de l’année, après qu’il eut gagné en puissance et en influence jusqu’à son point culminant au solstice d’été. Les anciens prêtres-astronomes étaient capables de calculer les solstices d’été et d’hiver avec exactitude (ce qui suggère qu’ils se préoccupaient également d’être en phase, leurs troupeaux et eux-mêmes, avec le cycle annuel et ne s’illusionnaient pas d’y parvenir effectivement. Ils étaient moins naïfs, et avaient un sens plus authentique des réalités à la fois scientifiques et spirituelles, que certains historiens qui ont prétendu les interpréter.

Cela ne signifie pas que leurs rituels étaient vides ou hypocrites, au contraire. « Se mettre, eux-mêmes, en harmonie » signifiait tirer le bénéfice maximum de ce cycle pour le genre humain et, pour cela, ils exerçaient à la fois leur sagesse spirituelle et leur savoir scientifique dont ils étaient également les gardiens publics. Dans certaines civilisations, évidemment, leur fonction dégénéra et la lumière fut perdue dans les sacrifices sanglants, la peur, l’obscurantisme, et le maintien cynique de leur classe sociale. Toutefois dans les meilleures, la lumière brûla clairement. Ce fut le cas de l’Égypte Ancienne surtout, qui inspira et guida les plus stables civilisations dans l’Histoire du monde.

C’est cette même lumière que, dans les conditions actuelles et avec l’avantage supplémentaire des connaissances modernes, les sorcières d’aujourd’hui tentent de retrouver.

Le Solstice d’Hiver est la véritable Nouvelle Année, aussi bien astronomiquement que spirituellement. Le Christianisme a reconnu la signification religieuse de la fin d’année lorsqu’il fixa au 25 décembre (6 janvier pour les églises d’Orient) comme date de la naissance de Jésus, après trois ou quatre siècles de débat, durant lesquels mars, avril et novembre furent tous des concurrents de taille. En fait, tandis que la plupart des spécialistes autorisaient les récits de l’Évangile du ministère du Christ et sa mort pour avoir au moins une base de fait historique, les légendes de sa naissance (telles que données par Matthieu et Luc, et subséquemment embellies) portent toutes les caractéristiques d’une tradition bien plus ancienne, celle de la Déesse donnant naissance au Solstice d’Hiver pour être le nouveau Dieu Soleil promis, qui devra mourir en temps utile (ou être sacrifié) comme un prélude à la renaissance (ou résurrection).

La célébration de cette naissance est explicite dans l’Incantation du rituel Wiccan du Solstice d’Hiver.

La cérémonie commence comme habituellement avec la projection du Cercle et l’appel des Seigneurs des Tours de Garde. En cette occasion, le Chaudron de Cerridwen (le symbole d’immortalité) est placé au Sud du Cercle, couronné de houx, de lierre et de gui, et avec un feu à l’intérieur (qui peut simplement être une bougie). ‘Il ne devra y avoir aucune autre lumière’ dit le Livre des Ombres, ‘exceptée la bougie de l’autel et celles autour du Cercle.’

Après la Descente de la Lune, la Grande Prêtresse se tient derrière le chaudron et le coven forme une ronde tournée vers l’intérieur, hommes et femmes alternativement. Le Grand Prêtre se tient face à la Grande Prêtresse avec un paquet de torches ou bougies éteintes, ainsi que le Livre des Ombres. Un membre du coven se tient à ses côtés avec une bougie allumée afin qu’il puisse lire.

Le coven commence à se déplacer doucement en cercle, deosil. Alors que chacun arrive à la hauteur du Grand Prêtre, ce dernier allume une torche ou une bougie à partir du feu dans le chaudron et la remet à cette personne, jusqu’à ce que tout le monde en ait une. Un vrai feu est à présent allumé dans le chaudron, si seule une bougie a été utilisée jusque-là, et le Grand Prêtre lit l’Incantation :

« Reine de la Lune, Reine du Soleil,
Reine des Cieux, Reine des Étoiles,
Reine des Eaux, Reine de la Terre,
Apporte-nous l’Enfant de Promesse !
C’est la Grande Mère qui Lui donne naissance ;
C’est le Seigneur de la Vie qui nait à nouveau ;
Obscurité et larmes se dissipent lorsque le Soleil se lève tôt.
Soleil d’Or des montagnes, illumine le pays,
Éclaire le monde, illumine les mers et les rivières ;
Peines retirez-vous – joie dans le monde !
Bénie soit la Grande Déesse, sans début, ni fin,
L’Éternelle pour l’éternité
(ndlt : largement inspirée de Christmas hail, in Carmina Gadelica), Io Évo !* Hé ! Sois bénie.
Io Évo ! Hé ! Sois bénie.
Io Évo ! Hé ! Sois bénie. »

Durant l’incantation, le coven tourne lentement. Ils se joignent au chant « Io Évo ! Hé ! Sois bénie » et finalement la Grande Prêtresse rejoint la danse, la conduisant avec une cadence plus calme.

Le chaudron en feu est poussé au centre du cercle et les danseurs sautent par dessus en couple. Le dernier couple qui sautera par dessus le chaudron avant qu’il ne s’éteigne « devra être purifié, trois fois chacun, et peut payer une amusante amende que la Grande Prêtresse peut ordonner ». Parfois le chaudron est rallumé plusieurs fois pour prolonger l’amusement.

Et ainsi jusqu’aux gâteaux et au vin.

* « Io Évo ! Hé ! » est le cri de joie des bacchanales grecques. Peut-être que le « Good-oh ! » australien est sa plus proche traduction.