Les fonctions d’un cercle

Les fonctions d’un cercle. Extrait de « Witch crafting ». Par Phyllis Curott, traduction Véro.

Tracer un cercle est une expérience électrisante et puissante, vous pouvez sentir le pouvoir circuler en vous dès le moment où vous débutez. Quand vous tracez un cercle, vous savez que vous êtes une sorcière, car vous vous sentez travailler avec le divin. Un cercle sacré est votre temple et vous n’avez besoin ni de pierres, ni de mortier, ni d’argent pour le construire.

Contrairement aux autres religions occidentales qui exigent de communier dans une église, un temple ou une mosquée, à une heure précise, sous la houlette d’un représentant officiel de Dieu (un prêtre, un rabbin, un ministre du culte, un mollah, qui généralement sont des hommes) les pratiquants de la wicca n’ont besoin ni de bâtiments ni de représentants ordonnés pour vivre la présence divine.

Tracer le cercle démarque l’espace sacré dans lequel vous rencontrez le divin et dans lequel vous travaillez avec l’énergie divine.

Magie élémentaire dans le cercle

Magie élémentaire dans le cercle. Extrait de « Witch crafting ». Par Phyllis Curott, traduction Véro

Si vous avez du mal à ressentir les éléments, et votre connexion avec le divin, je vous suggère de poser ce livre immédiatement et de sortir dans la nature. Cessez d’imaginer, commencez à expérimenter. Une fois que vous serez connecté aux éléments dans la nature, vous trouverez beaucoup plus aisé de les ressentir dans le confinement d’un cercle intra-muros. Au lieu d’imaginer le souffle d’air, la pluie, le rayon de soleil, le contact de la terre, vous travaillerez avec la mémoire du ressenti de ces puissantes rencontres physiques, émotionnelles et spirituelles avec les énergies dans leur état naturel. Vous ne pouvez invoquer une direction de façon efficace si vous travaillez avec des pensées abstraites et imaginaires.

La première fois que je l’ai compris, c’était pendant une après-midi estivale durant ma première année d’études. Nous travaillions dans l’appartement de l’une de nos prêtresses, et bien que la fenêtre fut ouverte, il n’y avait pas un souffle d’air. Quand nous invoquâmes l’est, un vent soudain souleva le store vénitien et nous fit tressaillir. Ce fut le seul souffle d’air de toute la journée. Mais ma leçon la plus forte eut lieu durant ma seconde année, quand on m’avait confié la responsabilité d’appeler le feu lors d’un handfasting de mes prêtresses.

J’avais travaillé avec le feu pendant des mois, dans le but de gagner confiance en moi. Je portais beaucoup de rouge, je faisais beaucoup de magie avec des bougies, et je saluais le soleil tous les jours. La preuve que j’avais travaillé à fond se manifesta de façon terrifiante.

Au moment où j’avançais la main pour allumer la bougie sur l’autel afin de purifier le cercle. Mes cheveux tombèrent de mon épaule sur l’une des bougies de l’autel et en quelques secondes j’étais en feu. Par chance je ne fus pas blessée, cela n’était ni l’intention du feu ni la mienne propre. Mais à partir de là je devins plus prudente et respectueuse quant à ma propre capacité à m’enflammer et au pouvoir de la magie élémentaire.

Vous expérimenterez les énergies propres à chaque élément (le pouvoir revigorant de l’air, le pouvoir passionné du feu, les émotions de l’eau et la force de la terre) dans votre corps et votre cœur. Bien que le cercle soit l’endroit où elles se manifestent tout d’abord, vous êtes leur ultime réceptacle.

Magie Quantique

Magie Quantique. Par Phyllis Curott, traduction et adaptation par Faoltiern Shelcallec

Copyright © Phyllis Curott in « Witchcrafting »

Si la magie n’est pas surnaturelle, et c’est réel, pourquoi et comment ça marche ?

Dans une certaine mesure, parce que cette nouvelle approche de la magie est basée sur le Divin, que nous ne comprendrons probablement jamais complètement. Après tout, nous appelons la Wicca une Religion à Mystères ! Les Sorcières savent que faire de la magie ne défie pas la Nature, mais travaille en harmonie avec Elle. Donc, si nous comprenons Ses lois, qui sont la science de la physique, nous pouvons faire une magie, de loin, bien plus efficace. C’est aussi simple.

Je ne pense pas que nous ayons besoin de la science pour justifier notre spiritualité, mais personnellement, je suis plus à l’aise avec une religion qui ne défie pas la science. Et le fait extraordinaire est que la science confirme maintenant ce que les chamanes et les Sorcières connaissaient depuis des milliers d’années. Il y a un ordre caché ou une dimension de la réalité, le niveau quantique, et il y a des règles qui ordonnent cette réalité.

A son niveau d’organisation le plus fondamental et le plus petit, l’Univers est un champ d’énergie continu auquel tout est interconnecté. Tout ce qui nous semble isolé, les objets matériels que nous percevons, votre corps, la chaise sur laquelle vous êtes assis, le chien qui est couché à vos pieds nous apparaissent comme des objets séparés et distincts. Mais c’est un fait scientifique qu’au niveau des particules subatomiques, qui sont le plus petit bloc de réalité, ils sont tous énergie. (Autant pour la Witchcraft, l’animisme ou le panthéisme, il est certain qu’il y a de l’énergie dans les pierres et les collines, et dans l’eau, et dans l’air !).

Et à ce niveau quantique, subatomique, toutes les anciennes règles sur comment les choses sont « supposées » marcher, sont remises en question. Mais le plus fascinant de tout, particulièrement pour votre pratique de la Wicca, il y a quelque chose appelée la superposition quantique : en accord avec cet axiome, aucune particule n’a de propriétés particulières avant de chercher à les mesurer ; par exemple, il n’y a pas de mesure de rotation avant que vous ne cherchiez à mesurer cette rotation. En fait, ça ne devient une particule qu’au moment où vous la mesurez comme une particule ! (Et aussitôt que vous cherchez une particule, ça peut devenir une onde, et vice versa.) Ce qu’il semblerait qu’il se passe c’est que toutes les propriétés d’une particule quantique existent simultanément, mais qu’au moment de la mesure, une caractéristique émerge.

Pourquoi est-ce important pour la magie ? Cela semblerai indiquer que la réalité n’est pas aussi facilement divisible entre énergie et matière, et que la réalité change en accord avec votre perception, participation et vos attentes. Cela est en accord avec nos principes magiques que vous pouvez altérer votre conscience, et par le fait altérer la réalité. Cela implique aussi que nous avons une profonde capacité d’interagir avec les objets matériels, changer leur structure interne au niveau des particules. Donc quand un être humain cherche une particule, elle se change soudainement en onde, et redeviens ensuite une particule à nouveau.

Il y a aussi une observation dans la physique quantique qui soutient le principe spirituel Wiccan d’interconnexion. Cela s’appelle le Paradoxe Einstein-Podolsky-Roisedan, qui est vraiment un paradoxe, mais aussi une vérité fascinante, à savoir, que les choses physiquement détachées fonctionnent à l’unisson. Un exemple vraiment frappant de la vie réelle est ce qui arrive quand vous séparez des cellules vivantes d’un cœur, ils battent de la même façon. Au niveau quantique, ce qui se passe est simplement stupéfiant. Séparez une particule, un photon dirons-nous, en deux parties, créant ainsi deux photons. La théorie quantique nous dit que lorsque nous faisons ceci, la polarité des deux photons doit être opposée : si la polarité de l’un est horizontale, la polarité de l’autre doit être verticale. Mais rappelez-vous qu’il n’y a pas de polarisation spécifique avant qu’elle ne soit mesurée. Donc, si vous prenez les deux photons, vous les séparez de plusieurs milliards d’années-lumière, et mesurez l’un d’eux comme vertical, l’autre deviendra immédiatement horizontal, malgré la distance de plusieurs milliards d’années-lumière qui les séparent. Comment cela peut-il être ?

Comment l’information que le premier photon est, soudainement, vertical peut passer instantanément au second photon quand rien n’est supposé pouvoir voyager plus vite que la vitesse de la lumière ? L’information devrait prendre un milliard d’années pour voyager ou être transmise.

On pense le plus couramment que la transmission instantanée de l’information se passe parce que les particules sont toujours liées, ou connectées, dans une sorte d’autre dimension, subespace, ou d’univers parallèle, ainsi lorsque nous les mesurons vous avez instantanément les résultats. Donc voici les aboutissements pour la pratique de la Witchcraft, cette nouvelle loi de la physique, explique comment la réalité fonctionne, soutient nos principes magiques et spirituels que toutes vies sont interconnectées, littéralement, à son niveau quantique.

Il y a des connexions transcendant nos modèles usuels de la séparation de l’espace et du temps. Et ce sont ces connexions que les Sorcières et les chamans utilisent quand ils font de la magie divine.

Mais que ferait la Déesse ?

Mais que ferait la Déesse ? Par Starhawk, sur Beliefnet. Traduction et adaptation Fingen et Lune

Voici quelques suggestions sur la manière d’incarner l’amour de la Déesse en ces temps troublés.

Le monde a changé depuis le mardi 11 septembre 2001. Nous nous sommes tous retrouvés face à une mort à grande échelle, face à l’immense pouvoir des forces de destruction, et cela avec toute notre fragilité et notre peur. Les voix se sont élevées aux USA pour réclamer revanche et vengeance, conduites par le président lui-même et la plupart de nos dirigeants. Dans une telle situation, que ferait la Déesse ? Dans la tradition que je pratique, la Déesse n’a pas un rôle de modèle. Elle représente les grandes forces de naissance, de croissance, de mort et de régénération qui évoluent à travers l’univers. Selon les mots de la théologienne (féministe) Carol Christ, la Déesse est «intelligence, amour incarné». Ses nombreux aspects sont les visages que nous mettons sur ces forces sur lesquelles nous pouvons interagir. Elle est immanente avec nous aussi bien qu’avec la nature. Alors pour moi, la question change et devient : « Que pouvons-nous faire au nom des pouvoirs de créations et de régénération ? Comment pouvons-nous incarner, de façon intelligente, l’amour de la Déesse dans cet état de crise ? ».Premièrement, nous pouvons pleurer nos morts. La Mort tue les corps, mais pas l’esprit. Ainsi les prières et les énergies des gens de toutes religions ont offert, réellement, de l’aide aux esprits des défunts, afin qu’ils trouvent la paix.Nous pouvons sentir notre chagrin. Notre chagrin ne va pas juste vers nos morts, mais pour le monde tel qu’il était avant mardi dernier (ndt : 11 sept). Le chagrin peut être une ouverture, il peut nous faire repenser à nos valeurs et nos priorités et nous rendre plus compatissants.

Nous pouvons parler de justice, pas de vengeance. La vengeance est une issue rapide qui pourrait nous procurer un sentiment de puissance, mais en réalité elle ne nous assurera pas la sécurité. La vengeance renforcera simplement les rapports tendus qui ont mené à cette attaque. Si nous bombardons des populations civiles, si nous tuons des femmes, des hommes et des enfants innocents qui n’avaient nullement participé à ces actes terroristes ou n’avaient aucune influence sur les décisions de leurs gouvernements, nous devenons à notre tour des terroristes. L’intelligence, l’amour incarné de l’univers n’estime pas quelques groupes de gens plus que d’autres, ne pèse pas les vies d’Américains plus lourdement que des vies afghanes.Les sorcières connaissent le pouvoir des mots. Si nous continuons à appeler cette attaque « un acte de guerre », nous transformerons les criminels en héros. Un acte criminel terroriste est considéré comme méprisable, mais une attaque chez l’ennemi, en temps de guerre, comme un exploit. Si nous allons à la guerre en pensant ainsi, nous honorons les criminels. Au lieu de cela nous devons les traduire en justice.La justice rétablit l’équilibre. Mais en gage de celle-ci, nous devons nous regarder nous-mêmes également. Si nous commençons une campagne contre le terrorisme, nous devons considérer objectivement tous les domaines dans lesquels les États-Unis ont soutenu et emploient encore la terreur comme outil politique. Quand les Israéliens assassinent des leaders politiques palestiniens avec des missiles fabriqués aux États-Unis, tirés depuis des hélicoptères financés par les États-Unis. Quand nous soutenons des escadrons de la mort en Colombie, ne soutenons-nous pas la terreur ? Notre bombardement du réseau hydrographique de l’Irak et nos sanctions coûtent la vie à 500,000 enfants par an par l’eau contaminée et le manque de soin. La C.I.A. a formé Ben Laden et a financé son groupe de 1979-1989. Nous avons soutenu les talibans et avons aidé à les mettre au pouvoir, comme la Guerre froide contre les Soviétiques.

Ce sont des sujets douloureux à aborder parce qu’ils bouleversent notre croyance en des États-Unis comme société juste et libre. Mais c’est seulement en faisant face aux dures vérités que l’on peut sortir grandi. Et je crois qu’en ces temps épouvantables peuvent venir la maturité et la transformation. La Déesse, qui est le cycle de renaissance, nous apprend que la mort est promesse de renaissance. Nous avons besoin de le garder à l’esprit dans les moments de crainte et de désespoir.En tant que Sorcières, nous savons que l’énergie suit l’imagination et mène à la manifestation. Nous avons besoin d’imaginer un monde dans lequel l’amour peut fleurir et chérir les cycles de régénération. Nous avons besoin d’envisager un monde de paix.Nous pouvons parler et agir pour cette vision du monde. Nous pouvons l’incarner dans nos domaines, dans chaque action que nous entreprenons. Et nous devons prendre des mesures. Nous avons besoin de faire entendre nos voix. Quand nous nous prononçons, nous pouvons recevoir un appui inattendu. Mon amie Nancy est sortie avec ses enfants dans sa petite ville et a brandi une bannière de paix sur un viaduc, juste un jour après l’attaque. Ils se sont attendus à recevoir de l’hostilité ou même des menaces, mais au lieu de cela les gens ont acclamé, ou sont venu lui dire, « je suis si heureux que vous fassiez cela. J’ai eu peur de faire entendre mon opinion. Puis-je me joindre à vous? « Que ferait la Déesse ? En fin de compte, toute réponse honnête que je donnerai à cette question est ce que je ferais dans ce cas et ce que je vous exhorte à faire : gardez cela à l’esprit. Pour cela, parlez-en ! Pour cela, agissez ! Ne prenez pas de décisions dans la crainte. N’hésitez pas à courir des risques, parce qu’il n’y a plus de sécurité dans l’inaction. Écrivez des lettres, passez des coups de fil. Démarchez auprès de vos voisins. Remplissez les rues et joignez-vous aux autres. Dans des temps comme ceux-ci, nous avons besoin d’appui. Créez des lieux de guérison, des rituels, des cercles où les gens peuvent venir et parler ensemble de ce qu’ils ressentent. Nous pouvons être l’intelligence, l’amour incarné de la Déesse l’un pour l’autre. Désormais, nous avons besoin de chacun comme jamais auparavant.

Nu dans vos rites

Nu lors de vos rites. Extrait de The Witch’s Way, éditions du Phoenix. Par J. & S. Farrar, traduction Lune.

La nudité rituelle est une pratique répandue au sein de la Sorcellerie gardnérienne et alexandrienne. On la retrouve également dans d’autres traditions Wiccanes. Pour ceux, qui comme nous, l’ont pratiquée pendant de nombreuses années, la nudité semble parfaitement normale et convenable – comme ça l’est pour trente mille naturistes et plus dans les îles britanniques et jusqu’à deux millions sur le continent. Nous devons nous rappeler que les autres gens trouvent cela étrange.

Par « étrange », bien sûr, ses détracteurs entendent : « sexuellement provocante » ou même « orgiaque». Quiconque a déjà fréquenté des camps de naturistes bien tenus, avec leurs ambiances familiales détendues, ou bien un véritable Cercle Wiccan, avec son identité de groupe tout aussi décontractée, ne peut « réellement » y croire. Se familiariser avec la nudité nous apprend rapidement l’authentique vérité : le corps nu, en lui-même, n’est ni plus ni moins aguichant sexuellement que le corps vêtu – peut-être même qu’un corps dénudé peut être moins dérangeant que le même corps vêtu de façon délibérément provocante. La sexualité est une question de comportement, d’attitude, de ‘ressenti’ – et non pas d’absence ou de présence de vêtement.

Le conditionnement patriarcal des deux derniers millénaires a enraciné l’idée que la nudité = sexe, et que sexe = danger. La sexualité – et en particulier celle de la femme – dans l’esprit patriarcal représente l’Ombre, pour tous ces ingérables abysses de la psyché qui ne peuvent être disciplinés, commandés et contenus par le rigide Ego-Empire. La nudité commerciale (les pin-up, cette chair déballée pour vendre boissons, shampooings ou automobiles) est quelque chose de différent ; l’Ego-Empire doit en tirer profit pour survivre et de toute façon l’avilissement de la sexualité est une façon de contenir cela. Mais même dans un contexte plus décontracté, la nudité non commerciale, qu’elle soit sociale ou rituelle, est effrayante. C’est l’Ombre qui refuse de jouer le jeu patriarcal.

Les sorcières, également, refusent de jouer ce jeu. Retirer leurs vêtements pour leurs rituels est un symbole de ce refus.

Comme il est dit dans la Charge : « Et vous serez libres de tout esclavage ; et en signe de cette liberté, vous serez nus lors vos rites ». Cela n’est pas une innovation gardnérienne ; c’est un héritage des sorcières toscanes (Aradia : l’évangile des Sorcières, p. 6 – voir bibliographie Leland.) :

Sarete liberi dalla schiavitù !
E cosi diverrete tutti liberi !
Pero uomini e donne
Sarete tutti nudi, per fino !

Vous serez libérés de tout esclavage !
Ainsi, vous serez tous libres
Mes hommes et femmes,
Serez tous nus à la fin !

La nudité rituelle, en particulier à des fins chamaniques, est une vieille pratique païenne, qui n’est certainement pas réservée aux sorcières toscanes. C’était même l’habit des vieux prophètes hébreux. : « Et il quittait ses vêtements également, et prophétisait avant Samuel de la même manière, et s’étendait nu durant tout ce jour et toute cette nuit. C’est pourquoi ils dirent, Saul est-il également parmi les prophètes ? » (I Samuel, xix, 24). Même Saint François, un saint merveilleusement sincère, prêcha son tout premier sermon radical totalement nu dans la Cathédrale de San Ruffino en Assisi, devant une large congrégation d’hommes et de femmes. Shuttle et Redgrove (The Wise Wound, p. 227) citent E. A. S. Butterworth qui dit que la Nudité et la Prophétie vont de pair : « Nous voyons que l’offense d’Adam et Ève a été, selon toute probabilité, d’avoir cultivé une pratique apparentée au chamanisme par laquelle ils atteignaient un état de vision ou de conscience extatique, nommée manger de l’arbre de vie, ou de l’arbre de connaissance du bien et du mal. Lorsque leurs yeux se sont ouverts et qu’ils ont su qu’ils étaient nus, Adam et Ève surent qu’ils étaient des devins et des gens de pouvoirs et de qualité sacrée dans leur plein droit. » Shuttle et Redgrove commentent cela, « cela doit avoir exaspéré certaines Déités dédiées aux règles autoritaires et hiérarchiques, ou certaines églises dérivées d’une interprétation répressive de la légende, comme l’était ‘Église Médiévale Chrétienne. »

Il y a pas mal de polémique sur le fait que les sorcières des îles Britanniques travaillent régulièrement nues ou non – bien que le climat de ces îles favorise les rites en intérieur, il y a une autre raison à cela : le secret, les preuves à ce sujet seraient bien maigres. Mais il y a aussi, par exemple, les danses nues pour la fertilité des récoltes qui y prennent incontestablement place (nous citions un cas de mémoire de cette forme tiré de Co. Longford on p.86 d’Eight Sabbats for Witches.) Et de nombreux experts ont écrit sur les « onguents de vol » des sorcières que l’on frottait sur tout le corps et qui produisait une sensation de lévitation ; les utilisateurs de ces substances puissantes et dangereuses ne se seraient guère rhabillés alors que l’onguent était toujours actif sur leur peau.

Les peintures et dessins continentaux de sorcières les montrent souvent nues (voir illustration 14 de ce charmant exemple flamand), ce qui nous suggère que cette pratique était bien connue pour ça.

Que cela soit vrai ou non, l’habitude wiccane « du travail vêtu de ciel » est principalement un phénomène du revival du XXe siècle (du moins dans les îles Britanniques) ou la perpétuation d’une coutume secrète venant d’une époque « clandestine », ce n’est guère important. La nudité rituelle a toujours fait partie de la pratique païenne chamanique et même (comme nous l’avons vu) du judaïsme antique ; sa répartition géographique, quelle que soit la période, est secondaire au principe. Ce qui importe, c’est sa validité pour les sorcières aujourd’hui.

Il y a quelques bonnes raisons à ce que les sorcières travaillent vêtues de ciel.

Tout d’abord, parce que c’est un antidote évident au péché originel de la période patriarcale : la division entre l’esprit et le corps. « Dans la division du monde, l’esprit combat avec la chair, la culture combat avec la nature, le sacré combat avec le profane, la lumière combat avec l’obscurité » (Starhawk, « Femmes, magie et politique »). C’est de cette dépréciation typiquement patriarcale du principe créatif de polarité qui s’inscrit dans un dualisme faussé du bien contre le mal dont nous parlons dans la section XI, « The Rationale of Witchcraft ». Les sorcières renient cette attitude. Elles soutiennent, tout comme les kabbalistes, que « toutes les Séphiroth sont pareillement saintes » ; elles insistent sur le fait que le bien est en fait macrocosmique et microcosmique et fonctionne avec la polarité, et, que le mal est son déséquilibre ou son refus. L’église chrétienne en particulier (non pas comme Jésus qui parlait du temple de son corps) fut responsable de l’identification du corps avec le mal et de l’esprit avec le bien, les mettant en conflit l’un l’autre, au lieu de voir le corps comme la manifestation incarnée des niveaux intérieurs, par laquelle ces niveaux enrichissent et étendent leur expérience.

(à suivre)