Guérison avec l’aide des sorts

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Sortilèges. Par Stewart & Janet Farrar. Traduction & adaptation : Lune. Extrait de The Witches’ Way, éditions Phoenix.

  1. Introduction : à propos de la guérison
  2. Guérison et plantes
  3. Guérison et sortilèges (vous êtes ici)
  4. Guérison et aura (à traduire)
  5. Guérison et psychologie (à traduire)

Les principes et techniques pour lancer des sortilèges sont traités en détail dans le chapitre suivant. Toutes les méthodes décrites (sortilèges par l’image, sortilèges de la bougie, magie des cordelettes, magie des « mains jointes », création de formes-pensées) peuvent être employées à des fins de guérison ; et tous les supports suggérés (comme l’usage de couleurs appropriées et des noms du Dieu et de la Déesse qui conviennent) sont également utiles dans les sorts de guérison.

Chaque méthode possède ses avantages :

  • Avec le sortilège par l’image, il est plus facile de focaliser volonté et imagination sur une zone particulière du corps.
  • La magie des cordelettes ou des mains jointes s’intègrent bien dans un rituel d’esbat en coven.
  • Nous trouvons que le sortilège de la bougie est particulièrement adapté, pour une sorcière solitaire ou deux sorciers qui travaillent en partenariat, à qui l’on demande une aide immédiate pour une guérison, mais qui ne peuvent échapper complètement à leurs tâches quotidiennes ; ce sortilège est également approprié lorsqu’un soutien est nécessaire à des heures spécifiques, par exemple pour une opération, un accouchement ou la phase critique d’une maladie.

Le travail avec les formes-pensées est très efficace lorsqu’il est nécessaire d’obtenir un effort important de la part d’un groupe ou d’un partenariat, tout spécialement lorsque plusieurs facteurs interviennent dans la situation : par exemple, lorsque l’on doit prendre en compte le comportement de la famille du patient, la météo ou le risque d’un contact infectieux avec des enfants. Afin de maîtriser plus facilement tous ces facteurs, la forme-pensée peut être conçue « sur mesure »… Comparativement à ce qu’il serait possible de faire avec le sortilège par l’image.

Il existe une forme de sortilège qui est spécifique au travail de guérison : l’emploi d’une doublure. Un membre du coven, de même sexe que le patient et, dans la mesure du possible, possédant un âge et des caractéristiques physiques similaires, est choisi pour servir de doublure : par exemple, un homme d’une trentaine d’années, avec des cheveux foncés, à la carrure robuste et de taille moyenne. Le coven le perçoit comme une réplique temporaire du patient, une sorte d’écran de télé à deux sens. Et ce double se perçoit lui-même ainsi, en se concentrant sur la formation d’un fort lien astral avec le patient absent physiquement. Le travail de guérison est alors accompli, en utilisant la doublure comme un canal. Certains covens trouvent cette méthode très efficace, mais elle comporte ses dangers : celui de l’infection psychique du « double » par le patient étant la plus évidente. Il faut prendre grand soin de le protéger, et les membres du coven doivent avoir confiance en leurs capacités à le faire. Nous vous recommandons d’avoir une personne, dont le pouvoir de guérison et la sensibilité psychiques sont connus, qui prenne fermement en charge l’opération. De façon générale, il est préférable que cette méthode soit seulement utilisée par des covens très expérimentés.

(À propos des problèmes d’infection psychique ou éthérique du guérisseur, voir p. 231.)

Lorsque le/a patient/e est un membre du coven et présent/e pour le travail, la méthode de canalisation du pouvoir en lui/elle peut être extrêmement efficace. Nous l’avons appris (comme c’est souvent le cas) à la dure, suite à un accident magique. Nous faisions encore partie du coven des Sanders et Alex mettait en scène des rituels pour une équipe allemande de tournage en visite. Lors d’une séquence, nous faisions une démonstration de magie des cordelettes, sous forme de roue, les cordes formant les rayons de celle-ci, avec un homme et une femme à chaque bout d’une corde (voir p. 239). Avec son sens infaillible pour l’effet visuel, Alex avait placé l’une des quatre sorcières, Wendy, allongée sur le dos sous le centre de la roue « comme point focal pour le pouvoir », alors que nous, qui tenions les cordes, nous déplacions de plus en plus vite dans le sens des aiguilles d’une montre. Les cameramen étaient ravis de l’effet rendu par ces figures en mouvement et du tournoiement de la roue de cordes. Et alors que nous entrions tous dans l’esprit de la chose, nous pouvions sentir l’édification d’un formidable pouvoir. Après un moment, le directeur à crier « coupé ! » et nous nous sommes mis en place pour la séquence suivante.

Cette nuit-là, nous sommes rentrées dans le même véhicule que Wendy, et la pauvre fille souffrait mille morts de maux de tête  aveuglants.

Malheureusement, personne n’avait pensé à choisir un objectif utile pour diriger le pouvoir qui avait été érigé presque par inadvertance ni à ancrer Wendy à la terre immédiatement après. Ainsi, Wendy continuait à déborder d’un pouvoir non libéré, pour lequel elle aurait dû être un canal et non une voie sans issue. Et bien que nous avions réalisé ce qu’il s’était passé, ni nous ni Wendy n’étions assez expérimentés pour arranger les choses.

Mais les maux de tête de Wendy nous ont appris que la technique pouvait être mise en pratique utilement et en toute sécurité. Nous avons également appris une leçon que tout coven en relation avec les médias devrait retenir : même un rituel mis en scène met en œuvre le pouvoir et, en effet, dans l’atmosphère survoltée d’un lieu de tournage ou d’un studio de télé, on peut en ériger énormément ; il faut donc toujours lui fournir un exutoire constructif, même si c’est seulement pour guérir le rhume de la scripte. On peut toujours trouver un objectif utile.

À ce sujet, les artistes qui mettent en scène des invocations d’entités sinistres comme ressort dramatique cherchent les ennuis. Nous nous souvenons d’un groupe de rock célèbre à Londres qui, il y a quelques années, lors d’une représentation avait mis en scène un magicien faisant usage de telles invocations afin de ramener sa bien-aimée à la vie. À première vue, il s’agissait d’une simple représentation dramatique et judicieusement spectaculaire, mais l’une des artistes a fait une crise, un autre a été sévèrement brûlé et a manqué de se prendre un coup d’épée, et d’autres choses encore ont tourné dangereusement.

Certains artistes sont certes plus prudents. On nous a demandé une fois de conseiller une compagnie amateur sur l’autodéfense psychique pour des acteurs et actrices qui jouent dans les scènes où il est question de sorcières, dans leur production de Macbeth. Nous avions pris la requête au sérieux et nous nous sommes fait d’intéressants amis.

Ces incidents faisaient partie de la vague d’intérêt pour l’occulte du début des années 70 (intérêt surtout pécuniaire pour les professionnels du showbiz) et ont fait quelques victimes.

La mort d’une célébrité de la pop a été attribuée par beaucoup à une attaque de magie noire de la part de quelqu’un qu’il avait offensé. Mais Janet qui le connaissait bien pense que sa mort est liée au fait qu’il avait bricolé musicalement avec les Appels Énochiens, avec une connaissance insuffisante, et qu’il « avait essayé de pratiquer la magie d’Abramelin sur scène ». Il a été dépassé par les évènements d’une manière funeste.

Un tel dilettantisme et manque d’informations est un cocktail explosif : et ce sont les signes qu’une nouvelle vague de rentrées d’argent pour le showbiz est en route. Les occultistes sérieux et les sorcières qui ont des amis dans la profession doivent se tenir prêts pour les premiers soins, et aussi avec un bon conseil ; et ce conseil devrait être : si les artistes veulent vraiment être en phase avec l’esprit de l’époque, ils devraient regarder du côté du paganisme « propre » et de la relation des humains à Gaïa, plutôt que de jouer superficiellement avec les symboles les plus alambiqués et spectaculaires d’un occultisme arraché à son contexte. Il existe de nombreux et excellents artistes qui sont de véritables sorciers et païens ; mais ils donnent du sens, ressentent et comprennent ce qu’ils transmettent. Ce ne sont pas des dilettantes qui veulent s’en mettre plein les poches.

Ceci peut sembler être une digression du sujet de la guérison ; mais c’est un domaine qui nécessiterait un grand travail de guérison.

Suite : guérison de l’aura (à traduire)