Crâne et os croisés

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Retour au sommaire « Les propos de Gardner ». Traduction & adaptation : Lune.

Elles m’ont dit que jadis, parfois lorsque le Grand Prêtre n’était pas présent, un crâne et des os croisés étaient utilisés pour représenter le dieu, la mort et la résurrection (ou la réincarnation). De nos jours, la Grande Prêtresse prend la position qui représente le crâne et les os ou la mort, puis elle change de position pour prendre celle du pentacle, qui représente la résurrection durant les rites.1

Jaffet, un chevalier du sud de la France, a déclaré lors de son sacre, qu’on lui avait montré une tête ou une idole et dit : « tu dois adorer ceci comme notre sauveur et le sauveur de l’Ordre du Temple » et  il a été contraint d’adorer cette tête en lui embrassant les pieds et en disant : « béni soit celui qui sauvera mon âme. » Cettus, un chevalier reçu à Rome, a fourni un récit très similaire. Un Templier de Florence a déclaré qu’on lui avait dit : « Adore cette tête ; cette tête est ton dieu et ton Mahomet » et il a ajouté qu’il l’avait adorée en lui embrassant les pieds.

Il semble que nul n’ait demandé comment il était possible d’embrasser les pieds d’un crâne. Peut-être peut-on l’expliquer par certains rites ressemblants à la pratique des sorcières suivante : jadis, on disait que « lorsque le dieu n’était pas présent, il était représenté par un crâne et des os croisés » (« la Mort et ce qui est au-delà », ou « le paradis et la régénération ».)

De nos jours, ceci est symbolisé par la Grande Prêtresse, debout les bras croisés pour représenter le crâne et les os croisés. L’adorateur embrasse les pieds de la Grande Prêtresse en disant une sorte de prière qui commence par : « béni soit… » et l’intention suit, indiquée par Jaffet et les autres. Les paroles ne sont pas exactement les mêmes, il est fort peu probable qu’elles l’aient été : il parlait sûrement français, français qui a été ensuite traduit en latin monastique pour être retraduit en anglais de nombreuses années plus tard : sans aucun doute les paroles des sorcières ont aussi été modifiées. Je me souviens d’une sorcière (ndlt : mâle, voir note de l’introduction) allemande qui m’a dit lors de sa première initiation aux rites anglais : « mais c’est de la pure poésie ! » Bon, rien de tout cela ne rime, mais c’est beau, bien que très inégal, ce qui prouve, à mon avis, que des personnes avec un penchant pour la poésie ont accompli un grand travail de réécriture ces deux cents dernières années.

Au cours de cette prière à la Grande Prêtresse, celle-ci ouvre les bras dans la position du pentacle. Elle représente alors la déesse ou la régénération, signifiant que la prière est accordée. « Ainsi, elle a été à la fois le dieu et la déesse, le mâle et la femelle, la mort et la régénération, on pourrait dire bisexuée. »2

1 Gardner 1 17

2 Gardner 1 80

Photo : Lady Owlen dans la position de la déesse et Loïc dans celle du dieu.