Fête de Bridget, les 1er et 2 février [folklore mannois]

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Extrait de The Folk-Lore of the Isle of Man, par A. W. Moore [1891]. Traduction & adaptation : Lune.

  • Le 1er février, Laa’l Breeshey.

« La fête de Bridget. » Lorsque la fête de cette illustre sainte irlandaise était célébrée.

Une église paroissiale, un couvent et pas moins de sept anciennes keeills ou chapelles portent son nom sur l’Île de Man, où elle semble avoir été la grande favorite. Une ancienne coutume en usage au cours de cette journée consistait à récolter du jonc, puis se tenir sur le seuil avec ce jonc, pour inviter Sainte Bridget à entrer et passer la nuit, en disant :

Brede, Brede, tar gys my thie, tar dys thie ayms noght. Foshil jee yn dorrys da Brede, as lhig da Brede cheet stiagh.

Bridget, Bridget, viens chez moi, viens chez moi cette nuit, ouvrez la porte à Bridget et laissez entrer Bridget.

Après que ces paroles eurent été répétées, le jonc était répandu sur le sol en guise de tapis ou de lit à son endroit. On dit aussi que la paille était parfois utilisée à la place du jonc.

Martin (Western Isles, p. 119.) décrit une coutume similaire, telle que pratiquée sur certaines autres îles de Sodor (ndlt : Sodor désignait les Hébrides et l’île de Man) : « La maitresse et les servantes de chaque famille prennent une gerbe d’avoine et l’habillent avec des vêtements féminins, elles la placent dans un grand panier et déposent à côté un grand bâton en bois. C’est ce qu’elles appellent le lit de Briid. Puis la maitresse et les servantes s’écrient trois fois :

Briid est venue, Briid est la bienvenue.

C’est ce qu’elles font juste avant d’aller se coucher et lorsqu’elles se lèvent le lendemain matin, elles cherchent parmi les cendres, s’attendant à y voir les traces du bâton de Briid et si elles les trouvent, elles y voient un véritable présage de bonnes récoltes et une année prospère. Si elles ne les trouvent pas, elles prennent cela pour un mauvais présage. » (Voir chapitre VII.)

Il existait divers dictons météorologiques à propos de ce jour-là, comme :

Laa’l Breeshey bane. Dy chooilley yeeig lane.

Blanche est la fête de Bridget, tous les fossés sont complets.

C’est-à-dire : s’il neige à la Sainte Bridget, le printemps sera doux et humide. 

Choud as hig y skell ny-gall-ghreinney stiagh Laa’l Breeshey, hig y sniaghtey roish Laa Boayldyn.

Si les rayons de soleil participent à la fête de Bridget, la neige précèdera le 1er mai.

C’est-à-dire : s’il fait doux à la Sainte Bridget, il y aura un printemps froid.

  • Le 2 février :

La fête de la Purification de la Vierge Marie ou le jour de la Chandeleur, appelée en mannois Laa’l Moirrey ny gianle, « la Fête de Marie des Chandelles », semble avoir remplacé la fête de Sainte Bridget, depuis que cette sainte irlandaise est tombée dans l’oubli, puisque les pronostics météorologiques de ce jour-là sont pratiquement identiques à ceux de la fête de la Sainte Bridget. Il existe une superstition universelle dans toute la chrétienté qui veut que le beau temps ce jour-là indique un hiver prolongé et une mauvaise récolte, en revanche, si le temps est exécrable, c’est de bon augure. Sir Thomas Browne, dans Vulgar Errors, cite un distique latin qui exprime cette idée :

Si sol splendescat Maria purificante,
Major erit glacies post festum quam fuit ante
;

Dont la version écossaise est :

Si le jour de la Chandeleur est sec et beau,
La moitié de l’hiver est encore à venir et plus ;
Si le jour de la Chandeleur est humide et mauvais,
A Yule, la moitié de l’hiver s’est déjà achevée.

Le proverbe mannois correspondant à cela met en garde les fermiers : 

Laa’l Moirrey ny gianle,
Lieh foddyr as lieh traagh
.

Le jour de la Chandeleur (ou Fête de Marie des Chandelles),  moitié paille et moitié foin.

C’est-à-dire : S’il fait doux à la Chandeleur,  la moitié du stock de fourrage ne devra pas être encore entamée, car une période hivernale s’ensuivra aussi longue que la précédente.

Le Mardi Gras, en mannois Oie Ynnyd, « Veille du Jeûne », semble avoir été observé sur l’Île de Man à peu près de la même manière qu’en Angleterre. Autrefois, pour le déjeuner ce jour-là, il était coutume de manger du sollaghan, composé de gruau d’avoine et de jus de viande, au lieu de le manger au petit-déjeuner comme habituellement ; tandis que le dîner se composait de viande et de pancakes. Nous supposons que le dicton mannois suivant est un avertissement contre le fait de continuer à manger des plats aussi fastueux :

Ec shibber Oie Ynnyd my vees dty volg lane;
My jig Laa Caisht yiow traisht son shen
.

Au dîner de Mardi Gras, si ton ventre est plein ; Avant Pâques, tu pourras jeûner (avoir faim) pour ça.