James ‘Cunning’ Murrell : le sorcier blanc d’Hadliegh

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Par Jack Daw, traduction & adaptation Lughnasadh.

James Murrell est le septième fils d’un septième fils (une information qui dans le passé, donnait une grande importance magique à la personne), à Rochford en 1780. La Rochford Hundred, une zone du sud-est de l’Essez a la réputation d’être “Le Pays des Sorciers” à cause de son grand nombre de sorciers et sorcières. De tous ses frères et sœurs, il est le seul à avoir reçu une éducation.

Avant de devenir un rebouteux*, il a été un temps apprenti arpenteur, mais il a aussi travaillé, plus tard, pour un chimiste de Londres. Vers 1812 il s’est établi en tant que fabriquant de souliers à Hadleigh, Essex, jusqu’à ce qu’il entre en contact avec un(e) sorcier(ère) nommé Neboad. De Neboad, Murrell a reçu un enseignement des Arts magiques et un livre de magie et de conjurations. Au début, il semblait que Murrel était plutôt cynique envers les pouvoirs magiques, mais ceci a vite changé. Après avoir fait plusieurs rituels pour aider des gens, il réalisa avec surprise qu’ils avaient marché ! Il a arrêté le commerce et la fabrication de souliers et est devenu à temps plein un rebouteux et a vite été connu en tant que le rebouteux d’Hadleigh. Il s’est marié et a eu vingt enfants.

Cunning Murrell vivant dans un petit cottage au bord de l’eau, dans une ruelle qui donnait sur la porte sud de l’Église de Hadleigh (NdT: je reste confus par rapport à sa maison… désolé). C’est dans sa maison que Murrel faisait sa Magie et c’était à cet endroit que les gens venaient pour demander de l’aide. Mais souvent, après beaucoup de délibérations, parce que les services d’un grand magicien ne devaient jamais se faire à la légère, les gens hésitaient longtemps avant de venir cogner à sa porte. Quand la porte s’ouvrait, ils étaient accueillis par un petit homme dont les yeux verts étaient perçants et qui possédait un teint vermeil. Il portait souvent un manteau bob tailed (NdT : Les mots bob tailed restent totalement mystérieux pour moi) pour avoir une aura de grande autorité. En fait, la réputation de Murrell en tant que rebouteux était inégalée. Pas seulement auprès des gens du coin, mais aussi auprès de clients riches et aristocrates extérieurs à son secteur. Au plus haut de sa célébrité, le bureau de poste d’Hadliegh recevait trois fois plus de courrier pour Murrell que pour le reste du village. Il possédait un immense savoir des herbes médicinales, de l’art des rebouteux, de la Magie et de l’astrologie. Il possédait un bon nombre de Grimoires manuscrits, mais aussi des livres d’astrologie, de plantes et de magie incluant « The Magus » par Frances Barrett.

La pièce de sa maison dans laquelle Murrell recevait ses clients était pleine de bouquets d’herbes en train de sécher, suspendus au plafond. Dans un coin, il y avait son coffre (maintenant au Central Museum de Southend), dans lequel il gardait ses livres de magie et ses papiers. Sur une table, on pouvait voir un couteau magique, un crâne humain et d’autres outils magiques. À côté du feu, il y avait un gros télescope de laiton et à côté du télescope, un grand fauteuil noir dans lequel le rebouteux s’asseyait.

Il ne demandait normalement pas plus d’un shilling pour ses services et quelques fois, il se contentait de six pences ou de ce que la personne pouvait lui donner. Mais si on lui demandait d’appeler les forces des autres mondes, il demandait généralement une demi-couronne.

Il demandait toujours si leurs problèmes étaient “hauts” ou “bas”, comme il disait, s’ils requéraient de l’aide magique ou matérielle. L’aide matérielle était normalement la médecine des herbes, mais si l’aide était magique, Murrell invoquait de bons esprits et de “bons anges” comme il les décrivait. Ceux-ci étaient chargés de combattre ceux qui étaient responsables du trouble de la personne. Lorsqu’il voulait trouver quelque chose de perdu, il utilisait un miroir magique (NdT : je ne suis pas sûr qu’il s’agisse d’un miroir.). Premièrement, il ensorcelait la surface de la vitre et ensuite demandait à la personne qui avait perdu l’objet de regarder dans le miroir. Après que la brume se soit dissipée, la personne était capable de voir l’objet, ou la personne qui l’a volée. Il était connu pour avoir utilisé un seau d’eau dans lequel il avait versé un étrange liquide noir pour retrouver le mari perdu d’une femme. Dans le saut, elle dit voir le bateau de son mari couler durant une grande tempête. Aucune nouvelle officielle du destin de son mari n’est jamais arrivée, mais elle savait.

Cunning Murrell était aussi un très bon astrologue et était capable de prédire des évènements des années avant qu’ils arrivent.

Il était très compétent pour soigner des animaux, utilisant habituellement les traitements conventionnels, mais toujours avec un court rituel magique. Mais il guérissait quelques fois une vache ou un cheval malade par le simple fait de le toucher avec ses mains.

Lorsqu’il voyageait, souvent sur de longues distances, c’était toujours de nuit. Fréquemment, il lui était demandé d’exorciser quelqu’un. S’il soupçonnait que la victime était ensorcelée, alors il préparait l’une de ses fameuses bouteilles sorcières. Il s’agissait d’une concoction comprenant l’urine de l’ensorcelé, avec des herbes et des clous, ils étaient mis dans une bouteille de fer, qui avait été faite par le forgeron du village et chauffée dans un feu. La pièce devait être totalement dans la noirceur, les portes verrouillées et la famille avait été avertie d’être totalement silencieuse sinon le contre-charme serait brisé. Bientôt, on devrait entendre des bruits de pas dehors, souvent suivis de coups furieux. Quelques fois, on entendait la voix de celui qui avait souhaité la maladie de la personne crier d’arrêter le contre-charme.

On croyait que Cunning Murrell était le Maître des Sorcières parce qu’il possédait le pouvoir d’arrêter tout autre sorcier et de le soumettre à sa volonté. On dit qu’il s’engagea même une fois, dans un concours, avec une sorcière de Canewdon, un village voisin, pour démontrer la supériorité de ses pouvoirs, il lui a ordonné de mourir, et alors, elle tomba par terre, morte.

Lorsque Murrell se fit vieux, il arrêta d’aider les gens avec sa magie, même s’il avait toujours le temps pour aider quelqu’un en grand besoin. Vers la fin de l’an 1860, Murrell tomba malade. Il demanda une plume et un papier et il calcula qu’il allait mourir le 16 décembre, et il attendit calmement la fin. Ses dernières heures ont été trouvées par efforts effrénés du vicaire de l’endroit qui essayait de lui administrer les derniers sacrements. À la fin, Murrell, ne pouvant plus tenir, et fixant le vicaire droit dans les yeux lui a hurlé : « Je suis le Maître du Diable! », et le vicaire sortit de la chambre en courant. Ainsi mourut James « Cunning » Murrell, l’un des plus grands rebouteux de la Mythologie sorcière britannique.

Après sa mort, son propriétaire enterra le coffre contenant les livres de magie dans le jardin de la maison. Mais l’un des fils de Murrell, Buck Murrell, les déterra immédiatement. Le contenu survécu jusqu’en 1956, où la plupart des lettres & papiers furent détruits parce qu’on les croyait sans valeur. Heureusement, l’écrivain Arthur Morrison nous a laissé une description du contenu du coffre. Il y avait des livres d’astronomie et d’astrologie, de vieux livres de médecine, un Culpepper (voir http://www.bibliomania.com/2/1/66/113/frameset.html ) annoté de la main de Murrell, et d’autres livres parlant de conjurations et de géomancie. L’un de ces livres a été donné à Murrell par Neboad qui était vieux de plus de trois cents ans. On dit que ce livre existe encore secrètement, caché quelque part près d’Hadliegh.

*J’ai décidé de traduire cunning man par rebouteux ainsi que wise woman par rebouteuse. C’est le terme qui s’en rapproche le plus je trouve, excepté « sorciers », bien sûr. Pour ce texte, entendons-nous sur rebouteux.