Le calice sous la pleine lune et l’effroyable seigneur de la mort

Extrait de Rebirth of Witchcraft de Doreen Valiente. Traduction & adaptation Lune.

Ndlt : dans son livre Rebirth of Witchcraft, Doreen Valiente explique quels outils étaient utilisés au sein du clan Tubal Caïn dont elle a fait partie. Pour résumer, ces outils consistaient en : un couteau, un bâton (ou « stang » dont le sommet est fourchu et la base taillée en pointe pour être fichée en terre lors des rituels en extérieur), une corde, un calice (de préférence une corne) et une pierre (naturelle à aiguiser.)

Le calice était utilisé lors de l’Esbat de la pleine lune pour porter un toast rituel aux Dieux anciens. La pleine lune devait être reflétée dans le vin dont était rempli le calice, avant que le toast ne soit porté. Pour ce faire, la prêtresse brandissait un petit miroir de façon à faire refléter la lumière de la lune dans le calice, tandis que le coven arpentait le cercle neuf fois, dextrogyre, autour d’elle. Ensuite le prêtre s’avançait, une lanterne allumée dans la main gauche et le couteau rituel dans la droite. Il prononçait une formule à l’adresse de la prêtresse, à laquelle elle répondait. Ensuite, il affutait rituellement le couteau avec la pierre, le plongeait dans le calice et avec la lame remuait trois fois le vin. Il retirait le couteau du vin et en projetait des gouttes aux quatre quartiers, est, sud, ouest et nord. Il embrassait la prêtresse, buvait au calice et le passait,  dextrogyre, autour du cercle pour le reste du coven. Une autre femme tendait les gâteaux sur un plateau.

Il y avait de nombreuses versions pour les paroles utilisées. L’une d’entre elles était :

Au nom de l’Ancien, nous mangeons ce pain,
Dans un redoutable effroi et une grande terreur.
Au nom de Notre Dame, nous buvons ce vin,
Et à nouveau, Elle nous réunira en notre demeure.

Comme dans la version de l’Art de Gerald Gardner, l’Ancien ou le Dieu Cornu était le maître de la mort et ce qui est au-delà, ainsi que le pouvoir de la fertilité masculine, alors que la Déesse était celle qui donnait la vie. D’où « le redoutable effroi et la grande terreur ». Mais dans les rituels de Cochrane, l’accent mis sur l’Ancien en tant que Seigneur de la Mort me semble, en les relisant, beaucoup plus obsessionnel que chez Gerald Gardner.

Je me souviens que Cochrane m’avait narré une vision, qu’il avait eue, du Dieu Ancien, comme un être considérablement ancien, massif comme le sont certains grands et vieux arbres des noires forêts, terrifiant et pourtant totalement doué de sensibilité, il sentait les feuilles mortes et la terre fraichement retournée. Cochrane était couché dans son lit la nuit lorsqu’il a pris conscience de cette immense présence dans la chambre. Il n’était pas effrayé mais intimidé et incapable de bouger jusqu’à ce qu’elle disparaisse. « Il était si ancien » m’a-t-il dit « aussi ancien que le commencement du monde. »