Les Offrandes et la Petite Fête

Téléchargez le cours : Le voyage au tambour

Les Offrandes et la Petite Fête
Par Lune © 2011-2012

Selon le Larousse en ligne, une offrande est un don fait à la divinité ou déposé dans un temple avec une intention religieuse. Ce terme provient du latin médiéval offerenda qui signifie : choses qui doivent être offertes.

Et une libation (du latin libatio, –onis), était, dans l’Antiquité, l’offrande rituelle à une divinité d’un liquide (vin, huile), que l’on répandait sur le sol ou sur un autel.

Depuis ma plus tendre enfance, j’ai vu ma mère préparer le pain chaque semaine, prélever un peu de sa pâte et la placer sur sa cuisinière à gaz près des brûleurs, et donc de la flamme. Quand je l’interrogeais à ce sujet, elle me répondait systématiquement qu’il ne fallait pas toucher cette petite boule de pâte qui finissait par cuire au fur et à mesure de la cuisson du repas car c’était la « boule du bon dieu ».

J’aimais beaucoup cette idée car le Divin était là avec nous, dans notre foyer.

Les offrandes au divin était ainsi quelque chose de normal, de quotidien. Puis, j’ai découvert une spiritualité qui me convenait mieux que la religion de mes parents. Mes premières offrandes à la Terre, aux divinités et au petit peuple ont donc été des actions naturelles pour moi. Et c’est avec la Wicca qu’elles sont devenues un moment particulier de tout rituel.

Et ce moment particulier commence lorsque je prépare ces futures offrandes. Cela implique pour moi, de les fabriquer. Dans l’idéal, j’aimerai utiliser des ingrédients qui viennent de nos propres cultures exclusivement mais nous n’en sommes pas encore à fabriquer notre farine et notre huile. Peut-être un jour. J’aime employer des ingrédients qui ont une symbolique en rapport avec le rituel auquel l’offrande est destinée. Un vin de noix pour les initiations. Un alcool de violette et un gâteau aux framboises pour les handfastings… Un petit bout de racine de mandragore dans le vin du sabbat de Samhain…

Il m’est pourtant déjà arrivé de ne pas avoir le temps de préparer une offrande et d’acheter, par exemple pour la « petite fête », un vin « brut » et des petits gâteaux du commerce. Mais ça, c’est se priver d’un moment de pure magie… et si je veux être honnête avec moi-même, je devrais dire, que ce temps je ne me le suis pas accordée.

La petite fête dans la Wicca est un moment de détente, elle arrive à la fin du rituel : après la célébration religieuse et le travail magique, et tout juste après la consécration du vin et des gâteaux. C’est à dire que le couple officiant bénit ce vin et ces gâteaux ou plus exactement ils demandent à la Déesse, incarnée par la prêtresse, de charger spirituellement et magiquement, et de bénir :

« cette nourriture en nos corps, nous conférant santé, richesse, force, joie et paix, ainsi que la satisfaction de l’amour qui est bonheur permanent. »

C’est alors le moment de partager cette boisson et cette nourriture avec les autres sorciers du cercle et avec les dieux, avec toute notre amitié et notre amour. C’est le moment de remercier la terre pour sa générosité, pour sa fertilité. C’est là aussi un moment magique où chacun intègre, en mangeant, ces bénédictions.

Mais comme je le disais plus haut, la magie et les bénédictions commencent déjà lors de la confection de cette nourriture et de cette boisson. C’est avec le pain que c’est encore plus flagrant. Lors de son long pétrissage. Un long moment qui permet de se mettre dans le bon état méditatif et incorporer à la pâte toute la magie que l’on souhaite.

Le gâteau du mariage en est un autre exemple. Aujourd’hui, les gens ne souhaitent plus s’embêter à préparer leur propre gâteau, ni le donner à faire aux femmes de la famille qui savent comment s’y prendre. Simplement parce qu’ils pensent que c’est une perte de temps. Mais c’est surtout se priver d’un cadeau précieux d’amour et de partage. C’est se priver d’une bonne dose de magie et des bénédictions. Quand j’étais enfant, je l’ai vu faire maintes et maintes fois. Les tantes, la mère, la grand-mère préparaient les gâteaux de mariage traditionnels et d’autres rites de passage (puberté par exemple), elles y mettaient tout leur amour, beaucoup de leur énergie et plein d’espoir. C’est ce que j’aime reproduire de manière plus active et sorcière quand je célèbre des handfastings, des initiations ou de simples rituels.

Photo d’entête : Couronnes de Mai. Les couronnes sont des symboles identiques aux cercles magiques. Photo : Lune.

Vin de violette
Vin de violette. Photo : Lune.