Sur la théologie wiccane [partie 8]

Sur la Théologie Wiccane (Partie 8 ). Par Rene Delaere et le Dr. David L. Oringderff © 2002, traduction Artus.

  • L’éthique de la Wicca : « fais ce que tu veux, mais ne blesse personne ».

La culpabilité et la honte au service de la personne sont de la moralité, la culpabilité et la honte au service d’un état sont de la tyrannie (ndt : Je ne suis pas d’accord avec cela, la culpabilité et la honte, même au service de l’être sont des freins spirituels dont il faut se libérer pour s’épanouir. Cela n’empêche en rien d’avoir une attitude morale, bien au contraire. C’est beaucoup plus sain de ne pas faire de mal aux autres, parce qu’on a constaté personnellement que plus on cultive le négatif plus on baigne dans le négatif, que par culpabilité de ne pas suivre aveuglément une règle écrite par Gardner, un disciple de Jésus, ou n’importe quel autre leader spirituel).

On ne peut souligner assez l’importance de la différence entre la moralité de la Wicca et la moralité des bi-théismes basés sur l’éthique. Les bi-théismes éthiques ont toujours des concepts comme la « malédiction », la « culpabilité » et la « repentance », là où la Wicca utilise presque exclusivement le principe de « dommage ».

Observons quelques exemples typiques.

Un chrétien s’est fait gifler et se trouve face au choix de gifler en retour, expliquant que son geste est le « bon » choix en se référant au texte de l’Ancien Testament disant « œil pour œil, dent pour dent ». Ou il tendra l’autre joue, également en expliquant que c’est le « bon » choix en se référant au texte du Nouveau Testament. Les deux approches sont extrêmement inefficaces. La dernière approche ne contribue en rien à minimiser le dommage, au contraire, elle invite l’autre à le doubler, et elle est habituellement plutôt préconisée que mise en pratique. La première approche cherche également à doubler le dommage, quoique avec l’ancienne victime dans le rôle du persécuteur, et vice versa. Même d’un point de vue Bouddhiste, les deux méthodes conduisent simplement à doubler le « mauvais karma ». De plus, les exemples montrent la complexité des textes utilisés par les bi-théismes éthiques en s’efforçant d’incorporer toutes les situations possibles et ainsi, permettant à l’individu « rusé » de toujours trouver une explication qui justifie pourquoi sa réaction est la « bonne ». L’individu présenté avec un choix d’actions doit chercher dans les « saintes écritures » pour trouver la « bonne » réponse qui lui permettra d’éviter la « malédiction ». Cela implique généralement de demander conseil à d’autres personnes spécialisées dans l’interprétation des « saintes écritures ».

Regardons un autre exemple. Dans la plupart des cas, les « saintes écritures » d’un bi-théisme éthique contiennent un clause comme « tu ne tueras pas » qui d’un premier regard parait raisonnable. Mais que faire quand quelqu’un menace de mort votre famille, ou menace votre pays, et comment traiter les cas d’auto-défense ? La règle « simple » d’origine a besoin d’être détaillée par un groupe de sous-règles du « bon » moyen de réagir à toutes ces circonstances exceptionnelles. Et alors il y a l’exception de l’exception, etc.

Le Rede Wiccan au contraire dit juste « fais ce que tu veux, mais ne blesse personne », ni plus, ni moins. Et « personne » signifie simplement « personne » ; pas même vous, ni un autre des nombreux Enfants de la Déesse. Si A essaye de tuer B en présence de C, le problème pour C est : quel champ d’action conduira au dommage minimal pour tout ceux impliqués. Il y a un risque qu’aucun champ d’action ne conduise à aucun dommage, et le temps pour réfléchir peut être extrêmement court. Mais plus l’on arrive à transformer le Rede Wiccan en une sorte de réflexe, plus grande sera la probabilité que le plan d’action choisi soit celui qui conduira au dommage minimal qui puisse être fait. Il devrait être évident que si A est un tueur professionnel, et que l’action entreprise par C conduit à la mort de A, la probabilité que davantage de « dommage » soit fait à la société humaine sera dans l’ensemble grandement réduite. De plus, toujours en considérant que A est un tueur professionnel, si A est appréhendé, cela n’a pas de sens que A soit « puni » par la société pour avoir essayé de tuer B, pour être « maléfique », pour être « maudit ». Ce qui importe est l’action qui est prise pour empêcher A de continuer à causer plus de dommages. Comment ? Et bien par un moyen qui en toute honnêteté et en toute modestie, ce que la meilleure société peut proposer est la peine de mort pour A. Ceci est regrettable, mais en le relâchant, ou même en l’éloignant de la vie, cela peut créer plus de dommage, en incluant A. Le Rede Wiccan n’offre pas de solution de « facilité », juste une perspective différente. Le « bien » et le « mal » sont vrais dans notre perception personnelle, mais sont un mauvais critère pour des sujets religieux ou moraux. Du temps de la reine Victoria, une loi a été établie, faisant des comportements homosexuels un délit criminel. Pourquoi ? Parce que c’était un « péché ». Bien entendu, quand un jeune garçon est violé par un homme adulte, ceci ne devrait pas être pardonné, non pas parce que ceci est un « péché », mais parce que cela cause un « dommage ». La société a graduellement, mais sans vraiment le reconnaître explicitement, est passé du concept de « péché » au principe du « dommage ». Reconnaître ouvertement le concept de « dommage » comme critère principal pour nos systèmes légaux augmenterait énormément leurs efficacités.

Le principe du « dommage » accentue également la responsabilité individuelle. Quand A cause un accident mettant B pour cinq ans dans une chaise roulante, c’est un non-sens que A pense « j’ai une bonne assurance, mon assurance paiera B et j’ai donc déjà payé pour mon « péché ». Pas question : A a causé un dommage, donc A devrait essayer de « réparer » le « dommage ». En vérifiant que le montant payé par l’assurance était « raisonnable », en payant un séjour à B, en « assumant » le dommage et en faisant tout ce qui est possible pour « réparer » le « dommage », en n’ayant pas de répit tant que l’on n’est pas sûr que l’on ne peut rien faire d’autre pour le réparer ou le réduire au minimum (aller plus loin ne serait pas une aide pour B mais commencerait à causer des dommages à A et donc serait inefficace).

  • Structurer le multivers de Niveau IV

En regardant plus précisément au Niveau IV, ce niveau du Divin est basé sur l’hypothèse « en bas, comme en haut » ou plus précisément, « en bas comme en haut et au milieu ».

  • Exemple 1 :

Le Taureau, le taureau, et le taureau. Le Taureau est le Taureau dans le ciel. Il est représenté par une constellation appelée Taureau, ou plutôt par le concept astrologique du signe zodiacal du Taureau. Cependant, ce Taureau dans le ciel (en haut) est représenté par de nombreux taureaux sur terre (en bas). Chaque « taureau » est lié au « Taureau ». Chaque « taureau » est une ombre du « Taureau ». Ceci est aussi proche que possible de Platon, pur et non dilué. Mais nous savons aussi que d’après l’astrologie, le « taureau » est également un groupe de qualités dans la psyché humaine : des choses comme le besoin de défendre son territoire, mais aussi la tendance à la paresse. Il est peu important que le Taureau ou le taureau ait été le « premier ». Il se peut que le champ morphique ou la force divine de Taureau, cherchant à se manifester, ait employé les motifs de l’évolution pour créer l’excellents taureaux. Donc, on peut dire que chaque « taureau » est une manifestation et une représentation du « Taureau ». Cependant, l’inverse est également vrai : l’existence des « taureaux » crée un champ morphique ou une énergie divine qui peut être appelée « Taureau ». Nous trouvons la conscience de l’existence de ce motif d’énergie divine au travers de nombreux taureau ailés dans la Mésopotamie ancienne. Dans les fresques sur le murs du palais de Chronos en Crête, et dans le mythe du Minotaure. Dans les peintures rupestres de la culture des Cro-Magnons magdaléniens. Nous trouvons le lien entre « taureau » et « Taureau » dans le concept de la chasse : le « vrai » chasseur cherchera le contact visuel avec le taureau et avant de le tuer demandera à l’animal de donner sa vie pour la survie de la tribu. Ensuite, autour du feu, il chantera l’esprit du « taureau » pour le « Taureau » des étoiles. S’il ne faisait pas cela, l’énergie du champ morphique du Taureau s’affaiblirait lentement, et les taureaux sur la terre se développeraient moins, pour finalement s’éteindre.

En plus du Taureau et du taureau, il y a aussi le taureau : certaines personnes ont le Taureau comme animal totem ou sont nées sous le signe du Taureau. Et d’une manière générale, chaque être humain a dans sa psyché des « qualités » qui sont liées au Taureau. Donc nous avons le Taureau au ciel (en haut), le taureau sur terre (en bas) et le taureau du royaume intermédiaire de la psyché humaine. Et chacun de trois est lié aux autres, chacun ne peut exister sans les autres.

  • Exemple 2 :

Le Bouleau, le bouleau, et le bouleau. Dans la Wicca Greencraft, les trois nations ont chacune leur place dans l’Arbre de Vie et le Bouleau est sur le chemin de la Lune (l’inconscient) vers le Soleil (le conscient). Donc le Bouleau représente le pouvoir de devenir conscient des « choses » qui peuvent être là depuis longtemps, mais qui ont été mises de coté dans l’inconscient. Le Bouleau peut ramener cela à la conscience. Ceci est réalisé en faisant le lien entre le « bouleau » par le « bouleau » avec le « Bouleau ». Le « Bouleau » est le champ morphique coulant entre ce qui est inconscient et ce qui est conscient. Le « bouleau » est une famille d’arbres. Le « bouleau » est une capacité dans la psyché humaine. L’idée même du niveau IV de la divinité est que les êtres humains, en ouvrant leur esprit, en « contactant », « touchant », « chantant pour », « communiquant avec » un représentant de la famille du bouleau, un « bouleau », peuvent au travers de ce bouleau entrer en contact avec le champ du Bouleau et activer le bouleau dans leur propre psyché.

Le défi d’une vraie religion de la « nature » est de structurer ce triple Multivers des royaumes du Haut, du Bas et du Milieu, le cosmos, la terre et la psyché (ndt : dans une perspective chamanique, le monde d’en haut est effectivement lié au cosmos, mais celui du milieu à la terre et celui du bas à la psyché). Les preuves que nous avons de l’existence des calendriers-arbres Celtiques et de la vénération des arbres, les preuves que nous avons que les tribus qui ont fondé Rome à l’origine avaient chacune leur propre animal de pouvoir, tout comme les tribus de l’ancienne Irlande, démontrent une conscience du besoin de structurer ce multivers. La tradition Celtique des arbres est probablement le modèle le plus structuré pour cela.

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