Sur la théologie wiccane [partie 3]

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Sur la Théologie Wiccane. Par Rene Delaere & Dr. David L. Oringderff © 2002, traduction Artus.

Exemples de bi-théismes orientés sur l’éthique (politique) :

  • Le Zoroastrisme
  • Les religions pseudo-monothéistes comme le Judaïsme, le Christianisme et l’Islam.
  • La religion Yezidi et le Satanisme.

Quand Zarathoustra (Zoroastre) prêchait en Perse (environ 600 Av. JC), il parlait de « Angra Maniou », « l’Homme du Mal » et de « Ahura Mazda », « le Seigneur du Bien ». Il s’agissait de la première déclaration d’un « bien absolu » et d’un « mal absolu ». Même IHVH, selon le prophète Isaïe (Isa 45 :7), assume son autorité à la fois sur le bien et le mal. Les juifs de retour de leur exil ont ramené ce nouveau concept dualiste (le bien absolu contre le mal absolu) avec eux. Ceci a conduit à la plus grande réforme religieuse de leur histoire. Cette nouvelle façon de percevoir IHVH a été impitoyablement imposée à la population locale. Depuis ce temps, le Judaïsme est devenu un bi-théisme de facto orienté vers la politique avec IHVH et Satan en tant qu’adversaires destructifs. A la fois le Christianisme et l’Islam ont hérité de cela de la religion Judaïque. Dans l’Islam bien entendu, les deux adversaires sont appelés Allah et Iblis. Nous discuterons des Yezidis et des Satanistes plus tard.

Les bi-théismes orientés sur l’éthique (le bien contre le mal), se développent généralement en sociétés patriarcales extrêmes. Dans ces sociétés les deux forces opposées, l’Homme du Mal et le Seigneur du Bien, sont généralement des entités masculines. La nature destructrice de cette forme de bi-théisme conduit généralement au même schéma destructeur quand les tribus où les terres voisines sont conquises. Les envahisseurs s’engageront généralement dans de longs massacres des populations conquises, vues comme des adorateurs du diable, dans le but de détruire leurs dieux qui sont vus comme des aspects du « diable », et la guerre sur Terre est vue comme une conséquence naturelle de la guerre dans les Cieux.

  • Le paradoxe du bi-théisme basé sur l’éthique

A cause de la nature antithétique d’un bi-théisme basé sur l’éthique, les deux opposants s’efforcent de se détruirent l’un l’autre. Ils n’ont pas le choix que de se détester et s’exécrer l’un l’autre, et d’essayer d’éliminer l’autre camp. Il y a donc seulement deux possibilités, ce qui est très dur pour l’adorateur humain, qui préférerait être du côté du gagnant de cette guerre.

Une possibilité est de considérer que les deux sont aussi forts. Le paradoxe ici est que, comme l’histoire est toujours écrite par les vainqueurs, le gagnant sera ultimement révélé comme étant le représentant du bien et le perdant celui du mal. Mais… si les deux sont vraiment « égaux » en force, la guerre ne finira jamais, ceci rendant impossible le fait de déterminer qui est bon et qui est mauvais, et plus important, de quel coté on a envie de se placer.

La seconde possibilité est qu’une des entités (bonne ou mauvaise) est plus puissante que l’autre. Dans ce cas, le plus fort aurait du logiquement détruire complètement son adversaire après la première nanoseconde de la création de l’univers.

La première possibilité est hautement indésirable. La seconde est contradictoire avec les faits.

Tous les bi-théismes basés sur l’éthique, assez étrangement, choisirons la seconde hypothèse. Ceci les laisse avec une tâche qu’il est impossible de résoudre, la contradiction au travers des mécanismes étranges et complexes. Ils doivent par certains moyens essayer d’expliquer pourquoi le Seigneur du Bien, bien que plus puissant que l’Homme du Mal, ne l’a pas encore vaincu et purgé toute la création de toute piste et trace de malédiction et de mal. Généralement, ils placent la contradiction dans le contexte d’une lutte contemporaine qui se terminera un jour, mais pas aujourd’hui. Quelque part, dans un futur distant, le « Bien » triomphera du « Mal » une fois pour toute. Ceci conduit à une situation ou le Bien est plus puissant que le Mal, et éventuellement « détruira » le Mal. Donc, les « fidèles » ont un intérêt particulier en choisissant le côté du Bien. La raison de remettre à plus tard la victoire finale du bien sur le mal est alors expliquée par des concepts comme « la Liberté de choix » et la « souffrance ». Les fidèles ont à prouver qu’ils sont capables de choisir « librement » le coté du Bien, sans le confort de « connaître » l’issue finale. Ils ont aussi à « souffrir » parce que le Bien tolère le Mal dans le but de créer l’apparence d’une égalité de pouvoir. Pire encore, ils créent une impression que dans certains domaines, le Mal est en fait plus puissant, et est en guerre permanente contre les « fidèles ». Comme les bi-théismes basés sur l’éthique ou la politique sont presque toujours fanatiquement patriarcaux, le domaine le plus puissant du Mal est incarné dans les concepts et archétypes féminins : la matière, la terre, la femme, ou la nature. Mais ceci conduit ultimement à la détresse psychique. L’exemple typique de cela dans les religions Judéo-Chrétiennes est celui de Job, qui fait le « bon » choix malgré toutes les preuves du contraire. Jung a fait des observations très instructives dans sa Réponse à Job, ce qui a entraîné pas mal de condamnations de la part des théologiens et des psychologues contemporains.

  • Le personnage destructeur de l’éthique dans un bi-théisme orienté sur l’éthique

Le personnage destructeur de cette bataille entre le bien et le mal personnifié et déifié est supposé continuer « éternellement jusqu’à la fin des temps » (à la fin de l’univers tel que nous le connaissons) se reflète dans la psyché humaine du fidèle. Robert Louis Stevenson a démontré ceci admirablement dans Dr. Jekyll et Mr. Hyde en s’attachant à distiller tous les composants « mauvais » de sa propre psyché humaine et les réunissant avec l’ultime but de les enlever et de les éliminer. Il y réussit uniquement en créant Hyde. La morale de l’histoire est que cette personne, s’efforçant de devenir un Jekyll « parfait et purement bon » terminera en sombrant de plus en plus dans Hyde « parfait et purement mauvais ».

Les pères de l’église Chrétienne comme Paul et Augustin ont fait des découvertes similaires, en énonçant : « je tâche avec tout mon coeur de faire le bien et continuellement je suis confronté avec le fait que je fais le mal. » Ceci nous laisse avec deux questions plutôt inquiétantes :

Pourquoi quelqu’un (même un Saint ou un Apôtre) choisi toujours le mal au lieu du bien ?

Pourquoi le mal semble toujours gagner ?

La réponse à la première question est encore un paradoxe. Il est impossible de « vouloir » ce qui est « mal », à moins que la personne qui « veut » cela, pense manifestement que c’est une « bonne » idée. Le mal absolu et parfait est au delà de la compréhension et de la nature humaine. Les bourreaux de l’inquisition étaient persuadés que ce qu’ils faisaient à leurs victimes était « bien ». Plus récemment, mais ceci est tout autant absurde, la notion « d’épuration ethnique » considérée par certains comme un service rendu à l’humanité.

La réponse à la seconde question est également un paradoxe. Quelque soit le stratagème que l’on emploie pour codifier le « bien » et le « mal », en élevant ceux-ci dans le dimension Divine, cela ne peut camoufler le caractère destructif d’un bi-théisme orienté sur l’éthique. Le résultat final cela destructif et la volonté destructive a toujours été codifiée dans la catégorie du mal. Nous ne devons pas oublier, quand nous traitons avec le Niveau II, à quel point celui-ci se reflète dans la psyché humaine. Plus quelqu’un tente fanatiquement d’obtenir la suprématie du « bien », plus celui-ci réalisera irrévocablement le « mal » ; plus quelqu’un tente désespérément d’être Jekyll, plus il deviendra irrévocablement Hyde.

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