Bénédiction d’une nouvelle maison

Bénédiction d’une nouvelle maison

Par Teresa Moorey ©, traduction Lune
cuisine
Extrait de Magic House, éditions Ryland Peters and Small.

Une fois que vous avez emménagé dans votre nouvelle maison, vous pourrez ne pas vous sentir complètement installé. Vous aimeriez faire vôtre ce lieu spirituellement aussi bien que matériellement. En un sens, vous avez besoin de courtiser l’esprit des lieux, car votre maison doit vous désirer autant que vous la désirez. Offrez à votre nouvelle maison une bénédiction particulière.

Pour ce sortilège, vous aurez besoin d’un brin de bruyère blanche ou de thym. La bruyère est réputée porter chance, et le thym a le pouvoir d’attirer les fées. Les fées sont les Esprits de la Nature, et la bonne volonté de ceux qui vivent à proximité ne peut être qu’un avantage ! Vous aurez également besoin d’un bol ou d’un calice blanc, argenté ou de couleur claire, d’une bougie argent dans un bougeoir en argent (ou argenté), une feuille de basilic pour chaque pièce, du vin blanc, du raisin blanc ou du chocolat blanc – et la lumière de la Pleine Lune.

Remplissez votre bol d’eau – de préférence d’eau de source – et laissez-le à l’extérieur, au clair de lune pendant une heure environ. Placez votre eau « Chargée par la Lune » sur un plateau avec la bougie argent, les feuilles de basilic et la brindille de bruyère ou de thym. Allez de pièce en pièce dans l’obscurité, avec pour lumière celle de la bougie et de la lune. Utilisez la brindille de bruyère ou de thym pour asperger d’un peu d’eau lunaire la circonférence de chaque pièce, en disant :

« Puisse ma maison être bénie, puissent les pouvoirs invisibles m’accueillir comme je les accueille, pour le bien de tous, dans la lumière de la Déesse. »

Placez une feuille de basilic dans chaque pièce, en disant :

« Herbe de Mars, protège cette pièce. »

Si vous trouvez bizarre de faire cela, faites-le avec un compagnon. Vous pourrez jouer de la musique douce, si vous le souhaitez.

Lorsque vous aurez béni chaque pièce, sortez sous la lumière de la lune avec votre vin et la collation sucrée. Dîtes :

« Grande Mère, bénis-moi et bénis ma maison. Donne-moi la sagesse et la sérénité pour créer une maison sûre et agréable. »

Portez un toast à Dame Lune avec votre vin et mangez votre collation en célébration des cadeaux de la vie. (Si la Lune disparait, ne vous inquiétez, faites-le simplement à la lueur de la bougie.) Lorsque vous aurez terminé, versez avec soin l’eau du calice ou du bol sur la terre. Portez votre brindille de thym si vous voulez voir les fées, ou votre bruyère pour la chance. Laissez dehors un peu de vin et de la collation sur un plateau d’argent ou blanc, pour les fées. Les vieilles histoires racontent qu’elles ne mangent, ni ne boivent, littéralement les offrandes, mais qu’elles en absorbent l’essence avec gratitude.

Amulettes & Talismans

Amulettes & Talismans

Par Doreen Valiente ©, traduction Lune

talisman

Extrait du livre « An ABC of Witchcraft ».

Une amulette est un objet magique qui a pour but d’écarter de son propriétaire tout danger et influence maléfique. C’est un outil de protection, différent d’un talisman. Ce dernier est destiné à attirer certains bienfaits sur son propriétaire, alors que l’amulette agit comme un bouclier occulte, qui « repousse ».

Pline nous dit que l’amuletum était le nom donné au cyclamen par les gens de la campagne. Ceux-là les plantaient près de leurs maisons car ils croyaient que leur influence magique les préservait des plantes toxiques ayant le pouvoir de faire le mal. Dans le temps, on appelait également l’ambre amuletum, car on croyait qu’il éloignait les influences maléfiques et les infections.

Le mot amulette provient probablement du latin amelior, qui signifie « je repousse, ou chasse ». Toutes sortes de choses ont été, et continuent de l’être, utilisées comme amulettes, partout dans le monde. Elles sont utilisées le plus souvent pour chasser les mauvaises influences de nature occulte, la malchance en général, et le très redouté Mauvais Œil.

Les médailles de bronze (ndlt : que l’on fixe à la martingale) polies et rutilantes sont des amulettes utilisées dans ce but. Tout comme le sont les perles bleu vif du Proche-Orient. En fait, la couleur bleu vif, pur, est hautement estimée en Orient car elle repousse le mal, probablement pour sa connexion avec les cieux.

Le bracelet-charme (ndlt : bracelet à breloques porte-bonheur), toujours populaire aujourd’hui, était connue en Grèce Antique. Un magnifique exemple d’un tel bracelet, délicatement ouvragé dans de l’or massif, et vieux de plus de 2000 ans, a été exposé au Musée de Brighton en 1960, il faisait partie de la collection du défunt Mr Moyshe Oved. C’était exactement le même type de bracelet que l’on porte de nos jours, constitué d’un certain nombre de « charmes » suspendus à une chaîne en or attachée au poignet.

Le mot « charme » est habituellement utilisée pour désigner ces petites amulettes en argent ou en or ; mais ce terme provient en réalité du latin carmen, une chanson, et désigne à l’origine l’incantation psalmodiée au-dessus d’une amulette ou d’un talisman pour la consacrer et la charger d’un pouvoir magique. Le nom est passé de l’acte à l’objet lui-même, objet qui a été « charmé ».

L’idée selon laquelle une amulette nécessite d’être consacrée pour être réellement efficace, provient d’une croyance : un « charme de chance » que quelqu’un vous donne est plus puissant que celui que vous achetez pour vous-même. En quelque sorte, la pensée bienveillante derrière le cadeau consacre celui-ci.

Nombre d’anciens symboles magiques sont considérés comme étant à la fois des amulettes et des talismans capables d’attirer la bonne fortune comme de repousser la malchance. On peut citer, par exemple, la swastika, l’ankh, l’étoile à 5 branches ou le pentagramme, et l’étoile à 6 branches ou sceau de Salomon. Ces symboles sont si anciens que leur origine réelle réside cachée dans la préhistoire, et les renversements de fortunes des nations les ont révélés au monde entier.

La pratique courante des sorcières, lorsqu’elles donnent une amulette à quelqu’un, consiste à choisir un petit objet étrange et inhabituel, qui fait forte impression sur l’esprit du bénéficiaire. Elles charmeront ensuite l’objet grâce à quelques cérémonies ou formules magiques, et le donneront à la personne, en leur disant habituellement de le garder secret et de ne le montrer à quiconque. C’est de la psychologie pratique. Les gens peuvent souvent se croire chanceux ou malchanceux. S’ils ont accepté l’idée que rien de ce qu’ils feront ne pourra prospérer, alors ils sont voués à l’échec et à la malchance, ce qu’ils entreprendront sera perdu d’avance. La vie étant ce qu’elle est, tout le monde à un moment donné ou un autre rencontre des embûches sur son chemin, et peut être en proie à une dépression ou des pensées négatives. L’acquisition d’une amulette peut changer l’orientation de leurs pensées, leur redonner confiance, et ainsi faire tourner la chance en leur faveur, réellement et efficacement.

Amulette de Chance de Mère Nature

Amulette de Chance de Mère Nature

Par Teresa Moorey ©, traduction Lune

Pierres trouées. Collection personnelle.
Pierres trouées. Collection personnelle.

Pour une bonne fortune générale, vous aurez besoin d’une pierre trouée (une pierre percée naturellement par l’érosion). Elles sont sacrées pour la Grande Mère, la Déesse de la nature, car le trou représente l’utérus de la vie d’où toutes choses proviennent.

Si vous ne pouvez vous procurer une Pierre Trouée, utilisez un substitut ou créez-en une à l’aide d’argile qui durcit à l’air.

Lavez votre pierre dans un cours d’eau, en la visualisant purifiée de toute chose négative. Enduisez-la d’huile de cannelle (ou vous pouvez substituer de la cannelle en poudre à l’huile). Tandis que vous faites cela, imaginez toutes sortes de bonheurs frapper à votre porte.

Terminez en tenant la pierre dans vos paumes et en projetant de la chaleur et du bonheur en elle. La Pierre Trouée est à présent un aimant à bonne fortune.

Enfilez un ruban vert dans son trou et suspendez-la au-dessus ou près de la porte d’entrée. Redescendez-la et rechargez-la ainsi souvent, particulièrement à la pleine lune, en la nettoyant à nouveau et en répétant le sortilège.

Source : Magic House, pratical magic for a harmonious home par Teresa Moorey, éditions Ryland Peters & Small.

Pentagramme, Pentacle – comment le dessiner

Pentagramme, Pentacle – comment le dessiner

Extrait du site Folkart & Craft Exchange, traduction Lune

Suivez simplement les étapes ci-dessous et vous verrez comment il est facile de fabriquer une parfaite étoile à cinq branches


"Pentagramme"

1. Remarquez dans le graphique ci-dessus que les lignes rouges forme un pentagone. Une étoile à 5 branches est créée tout d’abord par le dessin d’un pentagone. Mais pas n’importe quel pentagone. Ce pentagone doit avoir tous ses côtés et angles égaux. Pour calculer la taille d’un angle, l’équation est la suivante : 3 x 180 divisé par 5 (le nombre de côtés) = 108 degrés. Tous les angles nécessitent de faire 108 degrés pour le pentagone. A présent que je vous ai donné tous les indices pour votre pentagone, mettez-vous au travail et dessinez un pentagone.

2. Après avoir dessiné le pentagone, vérifiez vos angles et assurez-vous que chacun fait 108 degrés. Les angles dans le graphique ci-dessus sont colorés en bleu clair. Chacun de ces angles dans le pentagone doit mesurer 108 degrés. Ensuite, marquez tous les centres de vos lignes par un point ou un petit trait.

3. Tracez une ligne à partir de chacun de vos centres vers le milieu des angles opposés. Ce sont les lignes noirs du graphique ci-dessus.

4. Vous devez être à présent capable de voir comme l’étoile est formée à ce niveau. Basiquement, reliez simplement les lignes des angles aux lignes du centre que vous avez créé à l’étape 3. Ce sont les lignes bleues du graphique ci-dessus.

5. Vous devez à présent avoir devant vous une étoile à 5 branches et vous devez être fier de votre réalisation car vous avez créé quelque chose qui donnait, même aux grecs, toutes sortes de maux de tête.

Voler sur un balai

Voler sur un balai

Par Alexander Kuklin, traduction et adaptation Lune

Chapitre 9 – Voler sur un balai

« Au cours de certains rituels… une baguette phallique est utilisée »

Janet & Stewart Farrar, The Witches’ Way

La sorcière sur son balai vit toujours dans notre imaginaire depuis notre enfance. Les livres de contes de fée regorgent d’images fascinantes de vieilles et mauvaises sorcières conduisant leur balai et qui, occasionnellement, hantent les rêves de leur jeune auditoire. La sorcière et son balai restent inséparables. Cette image est universelle, à la fois sur l’ancien et sur le nouveau continent.

La croyance populaire selon laquelle les sorcières conduisent un balai pour se rendre sur les lieux de leurs réunions se reflétait dans l’Art de l’époque. La représentation la plus ancienne d’une sorcière sur son balai est celle de la cathédrale de Schleswig en Allemagne, elle daterait de 1280. Dans la plupart des livres, les sorcières sont dépeintes complètement nues sur leur moyen de transport.

Le balai était utilisé, non seulement pour le transport, mais aussi comme moyen de dissimuler l’absence de la sorcière durant la nuit. Selon les confessions d’Isobel Gowdie, d’Auldearn, dans le comté de Nairn, en 1662, elle et ses complices plaçaient un balai dans le lit, à côté de leur mari, qui aussitôt prenait l’apparence d’une femme. Dans ce cas, les véhicules qui menaient au Sabbat étaient des chevaux, que les femmes créaient à partir d’une paille ou d’une queue de haricot. Les aveux d’Isobel furent extorqués sous la torture et comme le dénonce le Professeur Cohn, celle-ci a exploité le folklore féerique local afin de satisfaire ses interrogateurs.

A la place du balai, dans le folklore bulgare, et plus particulièrement dans la partie occidentale du Grand Balkan, une représentation du monde de féerie appelée krosnojhazlitsa porterait un fuseau. Le nom vient de krosno, qui signifie fuseau et jhaz, bassin d’eau. Les krosnojhazlitsi (pluriel) sont des femmes qui dansaient sur les rivières et blessaient quiconque s’approchait de leur lieu de rencontre.

Dans son livre « The roots of Witchcraft », Harrison suggère que le verbe « ride » (ndlt : chevaucher, conduire en anglais) est un euphémisme pour « Congrès Sexuel ». Il va plus loin en supposant que l’expression « entre les jambes des sorcières » est aussi un euphémisme et qu’il faut comprendre « entre » comme « dans », « à l’intérieur ». Selon Harrison , le balai n’est rien d’autre que l’équivalent médiéval de l’ancien objet rituel nommé Olisbos ou comme les écrivains classiques l’appellent : Penis Coriaceus. C’est le cuir cuit et moulé que les femmes portent au cours des processions des bacchanales et le pénis artificiel que le Diable est réputé porter durant les réunions de Sabbats.

Le balai était lourdement enduit d’onguent de sorcière. Selon les commentaires de Harrison, un manche à balai « placé contre la membrane absorbante à l’intérieur des grandes lèvres, le délirogène pénétrerait rapidement dans les tractus vaginal et urinaire… ». Cette hypothèse est hautement probable si l’on se réfère aux minutes des procès de sorcière, relatives aux manches à balai et autres « bâtons courts » ainsi qu’à l’anatomie du vagin dont on a parlé précédemment. Le manche à balai ou autres bâtons courts étaient un moyen d’appliquer l’onguent de « vol » sur une ouverture particulièrement perméable du corps féminin*. L’idée de chevaucher un balai, en réalité, est intimement liée à son utilisation en tant que moyen d’application d’onguent.

Le manche à balai est étroitement lié à la baguette magique ou au bâton des sorciers, qui étaient considérés également utilisables pour l’équitation. Dans le sud de la France, les sorciers employaient le cornouiller sanguin (cornus sanguinea) dans la fabrication du balai.

Les balais en Europe étaient fabriqués à partir de cytisus scoparius, dont le nom commun est genêt à balai. C’est un arbuste qui pousse de 1-2 à 4 mètres de haut et fleurit de mai à juin. On trouve cette plante à travers toute l’Europe et également sur les îles méditerranéennes. Dans les montagnes écossaises, le genet à balai avait de la valeur dans l’économie rurale en tant que principale nourriture des moutons en hiver. Dans le sud de l’Europe, cet arbuste peut atteindre une plus grande taille et son bois est utilisé pour le placage.

Une autre plante qui était utilisée dans la fabrication du balai, particulièrement en Italie : ruscus aculeatus, dont le nom commun anglais est « Butcher’s Broom » [ndlt : le Balai du Boucher, (le nom commun français de cette plante n’a rien à voir avec le balai : il s’agit du fragon petit houx, fragon piquant, petit houx, fragon frelon)]. Les gens utilisaient les branches maîtresses de la plante : ils plaçaient autour du bacon et du fromage afin de les protéger des souris, d’où le nom allemand mauserdorn. En Angleterre, cette plante était employée pour fabriquer de petits balais ou brosses afin de nettoyer les ustensiles de cuisine.

Les balais du sud-est de l’Europe ont toujours été fabriqués avec du sorgho – gros mil – (sorghum bicolor). Au Moyen-Age, les méchants sorciers et sorcières italiens étaient armés de tiges de sorgho. Leur contrepartie « bénéfique », les benandanti, utilisaient comme armes des branches de fenouil (foeniculum vulgare). Lorsque nous parlons des balais des sorcières, parfois l’arbuste Witch Hazel (ndlt : traduction littérale -> Coudrier de la Sorcière, soit Hamamélis – Hamamélis de Virginie- en français) vient à l’esprit. C’est le nom commun pour hamamélis virginiana. Cette plante sorcière est originaire du Nord de l’Amérique, du Canada jusqu’en Floride. Les premiers colons utilisaient ses branches comme bâtons divinatoires pour rechercher des sources souterraines ou de l’or. Il est aussi possible que le nom ait été rapporté de l’anglais « wych hazel », qui viendrait de wican, to yield (ndlt : ramener, rapporter). L’hamamélis fut introduite en Europe en 1736 et on la fait pousser dans nos jardins pour ses fleurs tardives automnales.

L’écorce de l’hamamélis avait de la valeur pour les natifs américains pour son effet sédatif. Pendant des siècles, on a cru que l’huile d’hamamélis guérissait tout un tas de problèmes physiques. De nos jours, elle est généralement mélangée à de l’alcool et est utilisée en frictions contre les douleurs du corps. Ses feuilles et ses branches sont employées dans les produits de la toilette.

Le balai a trouvé une place substantielle dans l’art de Barbara Broughel. Dans sa série Requiem, elle présente 42 objets qui attendent comme des portraits de gens condamnés et punis pour sorcellerie au XVIIème siècle en Amérique. L’artiste a conçu des balais et autres instruments domestiques qu’elle humanise en les habillant afin de créer un mémorial pour les sorcières condamnées. Par exemple, le « portrait » d’Elizabeth Kendall, qui fut condamnée à Cambridge, dans le Massachusetts, en 1647 pour « avoir été intime avec Satan », est un balai brosse cornu orné d’un collier de lin.

Le balai n’est pas le moyen de transport principal pour aller au Sabbat, mais seulement un symbole qui reste des différents folklores. C’est l’onguent qui facilite le voyage durant la nuit.

* Le livre de M. D. Faber : Modern Witchcraft and Psychoanalysis serait grandement utile au lecteur intéressé par la psychanalyse des Sorcières et de leurs pratiques.