Onctions

Par Gerald Gardner, Traduction Tof



Je n'ai jamais connu de sorciers qui s'oignait tout le corps, mais on m’a montré une recette d’huile d’onction. Elle est composée de verveine ou de menthe pilée et macérée dans de l’huile d'olive ou du saindoux, durant la nuit, elle est ensuite filtrée dans un tissu. Des feuilles fraîches sont ensuite ajoutées et le filtrage est répété trois ou quatre fois jusqu'à ce qu'il soit fortement parfumé et prêt à l’usage. Il est dit que s'ils vivaient dans un endroit où ils ne pouvaient être vus, ils se dépouillaient et frottaient d'huile leur peau et allaient nu au sabbat. Ceci leur tenait assez chauds jusqu'à ce qu'ils entament la danse. Parfois ils mélangeaient de la suie à de l'huile pour ne pas être vu de nuit.

Une des accusations contre les sorciers était qu'ils allaient invisibles dans la nuit, et, on peut le noter, la verveine était censée conférer invisibilité. Ils ont une huile parfumée très puissante, dont, de nos jours, ils parlent comme d’une huile d’onction. Elle n’est employée que par les femmes, qui s’en tamponnent les épaules, derrière les oreilles, etc., comme un parfum ordinaire. Quand ils se sont réchauffés par la danse, l’huile dégage des vapeurs très fortes, et doit produit un effet très curieux.

Ce qui est fait, est un grand secret; ils ont dû s’en passer pendant la guerre et pendant un certain temps encore après, mais les privations ont cessé. Ils venaient nus aux réunions parce que s'ils étaient découverts, ils n’avaient pas le temps de s'habiller et ainsi ils auraient laissé leurs vêtements derrière eux ce qui pouvait les trahir. Ils avaient constaté que les soldats laissaient habituellement une fille nue partir, alors qu’une personne vêtue était arrêtée. Les corps huilés glissants les rendaient plus difficiles à attraper. En hiver, pour leurs réunions, ils s’abritaient dans une caverne ou une ruine, où ils pouvaient allumer des feux et être au chaud.

Ils portaient des vêtements en y allant et en revenant… On m’a aussi dit que dans la plupart des villages les sorciers se sont arrangés pour que la première et dernière maison soit occupée par un membre du culte, et n'importe quel sorcier étranger, voyageant, pouvait aller où il serait sûr de trouver aide et protection. Dans les villages les membres du culte entraient vêtu dans cette maison et s’y oignaient. Les occupants de la maison ne s’occupaient jamais du sabbat, mais dès que le dernier sorcier avait quitté la maison ils se montraient à autant de personnes que possibles dans le village, de sorte que s'il devenait notoire qu'un sabbat avait été tenu dans le voisinage ils étaient eux-mêmes au-dessus de tout soupçon. (G1 53)

Après avoir écrit ceci j'ai reçu une lettre datée du 19 septembre 1952, m'indiquant qu'une réunion s’était tenue dans un bois dans le sud de l'Angleterre environ deux mois avant, respectant la nudité traditionnelle (heureusement il faisait chaud). Ils ont invoqué le cercle avec l'Athamé, ont fait les danses de fertilité sur des balais, ont suivi les rituels de saison aussi bien que d'autres, et ont dansé de vieilles danses. La lettre mentionnait également trois réunions à l'intérieur ces derniers mois, tout avait été fait de manière satisfaisante et les sorts ont agit ! (G1 64)

« Après cela deux prêtres sont venus au calvaire, et le premier a ordonné à Perceval s’éloigner de la croix » ; et lorsqu’il l’a fait, le prêtre s’est agenouillé devant la croix et l'a adoré, s’est agenouillé et a embrassé longuement en manifestant une grande joie. Et l'autre prêtre est venu ensuite et a apporté une grande baguette, a poussé le premier prêtre de côté, et a battu la croix de sa baguette.

Perceval le regardait avec grand étonnement, et lui dit, « monsieur, à ce que je vois vous n'êtes pas prêtre. Pourquoi faites-vous un tel sacrilège ? » « monsieur, » répond le prêtre, « ce que nous pouvons faire ne vous concerne en rien ». Si ce n’avait pas été un prêtre, Perceval se serait fâché, mais il ne souhaitait pas le blesser. Alors il est parti... » (note originale: Dr. Sebastian Evans, , The High History of the Holy Grail, pp. 89, 191.)

Plus tard le Roi Hermite explique que les deux prêtres aimaient également le Christ, et que celui qui a battu la croix l’a fait parce que ça avait été l'instrument de la douleur et de la passion de notre seigneur. Cette explication peut-elle avoir été insérée pour expliquer et justifier une cérémonie où il est dit que les templiers embrassaient, battaient, ou profanaient la croix ?

La Haute Histoire du Saint Graal a été écrite environ en 1220; elle semble prouver qu'alors la cérémonie était ancienne et avait une explication légitime aux yeux de ceux qui y participaient. L'auteur était probablement un prêtre ou un templier qui connaissait et approuvait leurs pratiques, et probablement souhaitait les expliquer en contrant toutes les rumeurs qui avaient été répandues.

J’ai constatait que les sorciers ont un rite qui implique d'embrasser et puis de battre un objet, avec l'intention de la charger en puissance. Ce n'est pas une croix et ils n’en parlent pas ou n’y pensent pas comme une croix; mais lire ce texte m'a fait remarquer qu'un observateur à une petite distance pouvait facilement la confondre les deux objets. Elle est plutôt cruciforme. Si les templiers employaient l’ancienne magie, ils étaient susceptibles d'exécuter ce rite…(G1 79

| nouveautés | forum | livre des ombres | rechercher | livre d'or | contact |

Webmasters : Lune & Artus - 1ère mise en ligne : Beltane 2003 - Mise à jour : 31/05/2009 - Nombre d'articles : 815