Dieux

Par Gerald Gardner, Traduction Tof



"Diana" a écrit un article particulièrement remarquable dans lequel elle protestait car elle était cataloguée comme membre d’un culte démoniaque. "Les sorcières adorent les anciens Dieux de la terre de Grande-Bretagne, dont la tradition est enracinée profondément dans le sol britannique. Les anciens Dieux ne sont pas morts, je le sais par expérience." (GGW 199)

C’est ce qui a influencé et influencera l’âme de ce pays. J'ai déjà parlé de la loyauté des Wica envers les Dieux antiques de ces îles. Il ne s’agit pas de superstition ou d’une manière de parler. Les initiés me comprendront lorsque je dis que les Dieux sont réels, non comme personnes, mais comme véhicules de puissances. Ceux qui cherchent à comprendre trouveront sur ce point matière à réflexion dans des ouvrages tels la « Cabale Mystique », de Dion Fortune, et «The Art of Creation », d’Edward Carpenter.

Brièvement, cela peut expliquer que la personnification, par les croyants et les pratiquants, d'un type particulier de puissance cosmique sous la forme d’un Dieu ou d’une Déesse, au cours des siècles, font que ces « Dieux » ou images magiques ont une réalité agissante sur les plans intérieurs, et sont un procédé par lequel ce type de puissance cosmique peut être utilisée. La croyance des pratiquants n’est pas vaine ; s’ils ont eux-mêmes construit cette image magique, la puissance qu’ils personnifient est réelle et objective, si la construction a été faite de manière adéquate.

Naturellement, la Wica n'est pas le seul groupe qui cherche à contacter les Dieux. Il y a d'autres groupes occultes qui emploient une technique comparable, et leurs objectifs sont les mêmes, à savoir apporter grâce à la puissance divine de l’aide, l’illumination et l’élévation de l'humanité à ce moment crucial et passionnant de son histoire.

Mais, autant que je sache, ces groupes travaillent généralement avec les Dieux et les Déesses égyptiens et grecs, et je ne pense pas que ces contacts soit aussi puissants ici qu'ils seraient sur leur sol natal ; considérant que les divinités Wica sont les anciennes divinités britanniques, et sont partie intégrante de la terre elle-même (un pays n’existe pas uniquement sur le plan physique, et l'homme ne vit pas que de pain.)

La vénération des Wica pour les anciens sites sacrés tels que Stonehenge et de Glastonbury n’est pas que sentimentale. Ceux qui sont sensibles aux vibrations sauront que ces endroits possèdent une vie propre, et, d’après ce qui nous a été dit, eux non plus n’existent pas uniquement sur le plan matériel. Ils concentrent des points influents et la puissance des plans immatériels, ce sont des endroits où la séparation entre les différents plans est plus fine qu'ailleurs; et la "superstition" qui dit qu’il est dangereux de déplacer ou d’abîmer les vieilles pierres est fondée sur ce fait.

Je réalise tout à fait que ce que j'ai écrit, au sujet "des images magiques", "des plans intérieurs", "de l’âme d'une nation", etc., etc., ressemblera pour beaucoup à des élucubrations d’un fanatique. Cela ne me préoccupe pas du tout, car dans ce chapitre je n'ai pas écrit pour la masse, mais pour les rares qui comprendront. Souvenez-vous, beaucoup croient, pratiquent et aiment la Wica. (G2 260-261)

Je ne dois pas, toutefois donner l'impression que le peuple de la Grande-Bretagne antique n’a adoré qu’un seul Dieu et une seule Déesse, qui étaient exactement les mêmes dans tout le pays. Il y a très longtemps le pays était partagé en un grand nombre de tribus, qui, naturellement, ont vécu dans les lieux différents les uns des autres. Par exemple, ceux qui vivaient au bord de la mer concevaient leur Dieu comme le Dieu de la mer; ceux qui vivaient de l'agriculture honoraient cet aspect de la divinité qui se manifestait par le cycle annuel de la verdure et de la croissance des plantes, ou la fertilité des bétails ; et les chasseurs avaient le Dieu de la chasse. En outre, ces tribus avaient différents dialectes, et même des langues différentes, et ainsi les noms des Dieux changeraient d'une région à l'autre. Le concept même des Grands Anciens n’est conservé que dans de vieux ouvrages et dans la mémoire de vieux chercheurs. Les gens se souviennent, la terre elle-même se souvient. (G2 165-166)

Il faut comprendre clairement que la sorcellerie est une religion. Son Dieu est le Dieu cornu de la chasse, de la mort et de la magie, qui, comme Osiris de l'Egypte, règne sur le royaume des ombres, son propre paradis, situé dans une colline creuse, ou dans un endroit qui n’est accessible que par une caverne, où il accueille les morts et leur assigne leurs places; là ils seront préparés, selon leurs mérites et leur sagesse, pour une renaissance sur cette terre dans un nouveau corps, pour laquelle ils seront préparés par l'amour et puissance de la Déesse, la Grande Mère, qui est également la Vierge Eternelle et l'Enchanteresse Primordiale, qui donne la renaissance, transmutation, et amour sur cette terre. Dans son respect et au moyen de rituel, la puissance nécessaire sera amplifiée pour permettre cet accomplissement.

Mes sorciers parlent de lui (le Dieu tribal) comme d’un Dieu de la "mort et au delà de ce qui s'y trouve": ils parlent ainsi non seulement de la vie dans le prochain monde mais aussi de résurrection (ou de réincarnation). Il règne sur une sorte de terrain de chasse enchanté, où les gens ordinaires vont et retrouvent leurs semblables ; cela peut être plaisant ou désagréable selon votre tempérament.

Selon vos mérites vous serez réincarné, dans un lieu ou un autre, dans une forme ou une autre; mais le Dieu a un paradis spécial pour ses adeptes, qui ont déjà conditionné leur corps et leur esprit sur terre, et sont préparés plus rapidement à la réincarnation. La puissance de la Déesse vous assurera un retour parmi vos proches. Ceci est affirmé de nos jours par les cercles sorciers. Cela semble impliquer une série éternelle de réincarnations ; mais je dis qu'à un moment vous pouvez devenir l'une des Puissances, que l’on nomme également les Grands Anciens. Je n’ai rien pu apprendre à leur sujet, mais ils semblent être comme des demi-Dieux -- on pourrait également les appeler des saints. (G1 32)

Ils pensent que Dieu et la Déesse les assistent dans leur magie, comme eux-mêmes assistent le Dieu et la Déesse à leur tour exsudant de la puissance par la danse ou d'autres méthodes. En fait, ils semblent considérer les Dieux plus comme des amis puissants que des déités à adorer. Ils ne peuvent honorer un Dieu tout-puissant, qui peut simplement dire : "Que la paix soit. Qu’il n’y ait plus ni maladie ni misère", et toutes les guerres, maladies et misère cessent, et qui pour des raisons qui lui sont propres ne le fait pas, et qui maintient des hommes dans la crainte et la misère.

Ils admettent tout à fait qu'il doit y avoir un certain grand "moteur", une Déité suprême; mais ils pensent que s'elle ne leur donne aucun moyen de la connaître c’est qu’elle ne veut pas être connue; et probablement, qu’à notre stade actuel d'évolution nous sommes incapables de la comprendre. Ainsi elle a créé ce qui peut être considéré comme divers Sous-Dieux, qui se manifestent comme les Dieux tribaux des différents peuples ; comme l’Elohim des juifs, l'Isis, l'Osiris et le Horus des Egyptiens, et le Dieu Cornu et la Déesse des sorcières. Ils ne peuvent expliquer pourquoi on ne devrait adorer que nos Dieux nationaux, ou pourquoi on devrait les en empêcher. (G2 26-27)

En réponse à d'autres questions, on m'a indiqué ceci, et je pense que cette croyance doit remonter à quatre ou cinq cents ans au moins :

Dans la croyance chrétienne vous avez un bon Dieu, ou qui est bon pour vous, et dont la parole est toute puissante et qui souhaite être honoré. Vous ne devez pas lui demander directement ce que vous désirez, mais prier un certain saint, qui est un homme mort, à ce que nous comprenons, un de ceux que nous appellerions les Grands anciens, et vous deviez donner l'argent avant d’espérer recevoir la faveur.

Mais pourquoi un Dieu tout-puissant, devrait-il avoir éternellement besoin d'argent ? Nos Dieux ne sont pas tout-puissants, ils ont besoin de notre aide. Ils souhaitent se montrer bons à notre égard, apporter la fertilité aux hommes, aux animaux et dans les champs, mais ils ont besoin de notre aide pour cela; et par nos danses et d'autres moyens nous les y aidons.

Lorsque nous mourrons nous rejoindrons les Dieux, où après nous être reposés dans leur pays magnifique si nous sommes disposés à revenir sur cette terre; et si nous réalisons les rites comme il se doit, par la grâce de la grande mère nous renaîtrons parmi ceux que nous avons aimés, et nous nous rappellerons, nous saurons et les aimerons encore, alors que ceux qui font le mal devront apprendre et s’instruire avant de pouvoir renaître, et alors ils se retrouveront parmi des étrangers.

En renaissant nous progressons, mais pour progresser nous devons apprendre, et apprendre signifie parfois souffrir. Ce que nous supportons ici dans cette vie nous rend meilleurs pour la prochaine, et nous sommes ainsi encouragés à supporter les épreuves et ennuis que nous rencontrons, car nous savons qu'ils nous aident à nous améliorer. Ainsi les Dieux nous apprennent à attendre le moment où nous ne serons plus des hommes, où nous serons devenus l'une des Puissances.

Notre culte est une religion d’amour, de plaisir et d'enthousiasme. La nature humaine est vulnérable, elle a besoin d'un peu de chaleur et de confort, pour être soulagée de la dureté, de la misère de la vie et de l'austérité froide que prêche l'église - confort non sur terre, mais dans un certain paradis lointain, au-delà de la vie.

Nous adorons l'esprit divin de la Création, qui est le Ressort du monde et sans lequel le monde périrait. Pour nous, c'est le mystère le plus sacré et le plus saint, il est la preuve que Dieu est en nous et nous commande: « allez et multipliez ». De tels rites sont accomplis dans la sainteté et la déférence. (G1 139-140)

L’on note la dualité de l’Ancien Dieu. Il distribue la fertilité à la terre et aux hommes et aux animaux; mais il est également Seigneur des Portes de la Mort. Cette dualité a fait que des étudiants en religions comparées l’ont rapproché de Janus, qui était dans l’antiquité l’époux de Diane, et était représenté avec deux visages. Les sorciers expliquent cette dualité par un rituel dans lequel ils appellent l’Ancien Dieu : "Toi qui ouvres les portes du ventre ; car toutes les choses qui sont nées doivent également mourir, qu'elles peuvent être renouvelées, tu es donc le seigneur des portes de la mort. (G2 163-164)

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Webmasters : Lune & Artus - 1ère mise en ligne : Beltane 2003 - Mise à jour : 30/07/2014 - Nombre d'articles : 861