J'ai bien aimé ses livres et sa façon d'écrire. Maintenant, il est vrai qu'il ne faut jamais s'en tenir à une seule source. Le premier livre que j'ai lu sur le chamanisme fut un roman "La forêt les dévora de Robert Gaillard". J'appris par la suite que bien qu'étant roman, cette oeuvre contenait de réelles observations anthropologiques. Casténeda, présenté comme anthropologue fut sans doute plus un bon romancier nous présentant un sympathique Don Juan peut être non vraiment yaqui. Ses expériences du péyolt semblent fort différentes de ce qui en fut rapporté par Henri Michaux. Enfin, ce qu'il entreprit par la suite et ce que poursuivirent ses héritiers semble bien éloigné d'une sagesse chamanique. (Quelque part, devenir gourou est un signe de vieillesse car c'est arrêter son chemin en croyant que tout et fait. S'arrêter est le droit de chacun mais encore faut-il alors savoir se taire). Mais d'autre part, Lévis Strauss, encensé, fut ensuite controversé, par de sérieux psychanalystes traditionalistes simplement du fait d'être amis avec Lacan. Alain Touraine et Jean Ziegler semblent bien différents aujourd'hui que ce qu'il pourrait transparaitre de leurs écrits de jeunesses.
Il est donc bon de marquer la nécessité de précaution pour tout oeuvre. Un semblant de vérité peut se forge par la confrontation de diverses visions mais non par une pensée unique. Maintenant, quant a être cinglé, je n'ai pas attendu de lire Castaneda

et "Bienheureux les fêlés, car ils laissent passer la lumière !" (Anonyme - cité par Manoury). De toute façon je ne sais où se trouve la vérité et je doute le savoir vraiment un jour. C'est peut être heureux ! En ce point se cristallise la faiblesse de validité de la pensée humaine et l'enracinement de l'approche magique, instinctive et poétique.
( Ouf, j'essaye de rattraper l'image négative que j'ai pu générer de moi mais peut être que je m'enfonce encore plus)

Pitié pour l'artiste, il n'a pas la science infuse, il cherche a tracer son chemin et de comprendre, peut être un jour, les raisons qui le poussent.
Définir la sorcellerie moderne reste difficile et, quelque part, chaque "sorcier" a sa propre définition. La magie est présente en tout mais la vision qu'elle va générer en nous, hors les multiples références, lectures ou théories, dépendra peut être, en dernière analyse, de notre instinct profond, de cette façon de retrouver "La déesse sauvage".
Et puis, en fin de compte, et si la magie consistait surtout dans la re-découverte de notre instinct de connections au grand tout et a ses divers éléments, avatars ?