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Auteur Fil de discussion: La stregheria...  (Lu 1428 fois)
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xxxNellyxxx
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« le: 14 Août 2007 à 01:39:52 »

Est-ce que vous avez des renseigmements sur la sorcellerie Italienne? Plus exactemet sur au Piemont ou en Toscanne.
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Nell
xxxNellyxxx
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« Répondre #1 le: 14 Août 2007 à 02:00:29 »

Autre chose...Un feeling:
mon arriere grand mere, immigree piemontaise en France au debut du 20eme siecle s'appelait Artemisia. Je me suis toujours posee des questions a son sujet. A priori, en "bonne Italienne", a 80 conte 1, elle etait ultra catholique(tous ses enfants etais bathises...
Et pourtant, le peu de ce que je sais d'elle( je le tiens de ma mere) parle d'une femme toujours fourree dans les collines, a cueillir des herbes et le diner du jour: une femme qui connaissait les saisons: savais poser des pieges: connaissait les racines, les champignons, les pousses qui l'aideraient a nourrir sa famille...
Avec un nom pareil, ce sont trop de coincidences ou est ce que je m'imagine une descendence sorciere par ce que ca m'arrange???
Pour en avoir le coeur net, je fais une recherche google sur le nom "SANTA ARTEMISIA"(apres tout nous parlons d'une femme tres connue pour prier Sainte Antoine de Padoue( vous savez celui qui retrouve tout!).
Et la! Vlan! Au momment ou j'etait a peu pres convaincue que cette femme extraordinaire n'etait pas pour autant sorciere voila ce que je trouve sur le net :http://www.stnicholascenter.org/Brix?pageID=63
Qu'en pensez vous?
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Nell
alkooloid
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« Répondre #2 le: 14 Août 2007 à 11:19:12 »

en écrivant "stregheria" dans google, tu trouves plein de choses! et puis, j'ai vu cité plein de fois "Aradia, l'évangile des sorcières" que tu peux trouver (il me semble) sur le site même des portes du sidh. sinon, il y a les vieilles études d'ernesto de martino, mais ça concerne les pouilles (sud-est italien, dans le talon de la botte). ps : je crois que tout le monde peut se dire "sorcière" et beaucoup d'entre-elles (eux) ont un gros bagage catholique. saint antoine de padoue (qui ne sert pas que pour les objets perdus!), le culte des saints, c'est une forme de polythéisme à la catholique, il a été réinstauré par la vatican (je sais plus quand, au 18è siècle je crois) pour retrouver un peu plus de monde dans ses églises... je sais de quoi je parle, je suis très concerné par tout ça. Tire la langue
« Dernière édition: 14 Août 2007 à 11:22:41 par alkooloid » Journalisée
xxxNellyxxx
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« Répondre #3 le: 14 Août 2007 à 13:36:02 »

Merci pour les tuyaux, je ne sais pas si vous parlez Italien mais j'ai deniche quelquechose de tres interressant garace a vous: http://www.materterra.it/Article65.htm
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Nell
Cassandre
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« Répondre #4 le: 21 Août 2007 à 19:58:20 »

Si tu lis l'anglais Nelly, il existe un très bon auteur sur le sujet, Raven Grimassi.
Il a écrit plusieurs ouvrages dont "Italian Witchcraft" (anciennement "ways of the strega") et également "Wiccan Mysteries".
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Lune
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« Répondre #5 le: 22 Août 2007 à 20:54:19 »

Je poste un bout d'une traduction que je n'ai pas fini :

Stregheria & Magie Vernaculaire en Italie...
Par Sabina Magliocco ©, traduction & adaptation Lune

Titre entier : "Stregheria et Magie Vernaculaire en Italie : Une Comparaison"

(Traduction partie I)

La distinction entre la Stregheria contemporaine et la magie, la guérison, la pratique spirituelle traditionnelles italiennes a été récemment le sujet de vifs débats sur nombre de listes de discussion et sites web. Dans ce bref essai, je tenterai de résumer certaines de mes publications universitaires sur ce thème pour un public non-universitaire et afin d’encourager davantage de recherche, questions et discussions sur ce sujet. Je me dois de faire état de mon approche universitaire : en tant qu’anthropologue et folkloriste, je considère la Stregheria et la magie vernaculaire italienne comme d’importantes facettes de leur culture respective. Mon intention n’est pas de soutenir ou de nier l’authenticité de l’une ou l’autre mais d’aider les lecteurs à comprendre les contextes dans lesquelles elles se sont développées et comment la plus ancienne a poussé des bases de la plus récente dans la conjoncture de la diaspora Italo-américaine.

La Stregheria est une variété Italo-américaine de la Sorcellerie Néo-Païenne. Elle doit ses origines à Aradia ou l’Evangile des Sorcières (1889), une collection de sortilèges, poèmes et légendes que le folkloriste amateur Charles G. Leland revendique provenir d’une diseuse de bonne-aventure florentine nommée Maddalena. Selon Leland, Maddalena appartenait à une famille de sorcières qui pratiquait une forme de religion païenne centrée sur l'adoration de la déesse de lune Diana. Leland interpréta le matériel collecté selon les théories du folklore populaire de la fin du 19ème siècle : comme survivant d’antiques religions païennes, particulièrement celles des romains et des étrusques, dont les civilisations ont régné sur l’Italie méridionale. Il surnomma la sorcellerie « la vecchia religione » (la vieille religion). Dès le début, le travail de Leland fut controversé. Certaines parties de ce matériel – comme la conjuration des citrons et des épingles, par exemple – sont analogues au folklore italien. D'autres bribes semblent être les versions de comptines populaires italiennes, réécrites pour convenir à l'idéologie de Leland. Et le personnage d'Aradia semble être basé sur une figure du folklore médiéval italien : l’Herodias biblique (Erodiade en italien), qui, selon la croyance populaire, volait à travers les airs, la nuit, à la tête d'un cortège fantomatique. Mais ces petites bribes de folklore n'apparaissent nulle part ailleurs dans la tradition italienne comme élément d'un unique texte. Si l’Evangile des Sorcières avait été un document authentique issu d'une tradition populaire, d’autres versions de celui-ci auraient été recueillies par les folkloristes ou historiens italiens. Aucun ethnologue italien n’a encore retrouvé de texte similaire. C’est pourquoi, Aradia de Leland a toujours été soupçonné d’être un faux, un article truqué. Plus récemment, l'historien Robert Mathiesen a proposé une nouvelle explication : Aradia doit être interprétée comme un texte dialogique et intersubjectif - un produit de l’étroite interaction de Leland et Maddalena, pendant laquelle Maddalena a choisi et réinterprété certains morceaux du folklore de manière à intéresser son riche client. Le résultat est un document dans lequel de nombreux éléments issus du folklore ont été introduits et assemblés de manière si peu commune que cela leur donne une interprétation unique et atypique.

En dépit des controverses qui l’entourent, le texte de Leland est devenu assez influent : il a assimilé la magie populaire à une antique religion impliquant l’adoration d’une déesse, et a situé tout cela en Italie. Leland a clairement influencé Gerald B. Gardner, qui est largement crédité du développement de la Wicca dans sa forme actuelle et via Gardner, une génération entière de Sorcières. Léo Louis Martello (1933-2001) fut l’un des tous premiers à se présenter ouvertement en tant que pratiquant de la Sorcellerie italienne. Martello a prétendu avoir été initié, jeune homme, par un membre de la famille. Il a décrit une tradition secrète héréditaire basée sur une version sicilienne du mythe de Proserpina (Persephone). Avec la prêtresse Lori Bruno, également pratiquante héréditaire, il a fondé le « Trinacrian Rose of New York City », un des premiers covens italo-américain d’Amérique du Nord.

Mais le véritable héritier de Leland est Raven Grimassi, l’architecte de la Stregheria. Comme Martello et Bruno, Grimassi prétend avoir été initié au sein d’une tradition familiale de pratique magique qu’il décrit comme héréditaire, domestique et secrète. La mère de Grimassi est originaire de la région Campania, en dehors de Naples. Elle appartient à une famille dont les membres pratiquent nombre de traditions magiques, dont le bannissement du mauvais œil, la fabrication de liqueurs et huiles médicinales, et la divination. Comme les traditions décrites par Martello, Bruno et un certain nombre d’ethnologues italiens, elle se compose d’un ensemble d’enseignements secrets limités aux membres de la famille, transmis uniquement à ceux qui été pressentis pour avoir certaines capacités innées et intérêts magiques. Mais ce n’est pas cette tradition dont parle Grimassi dans ses écrits : The Ways of the Strega (1995), Hereditary Witchcraft (1999), and Italian Witchcraft (2000). Au lieu de cela, il présente une élaboration de ce que décrivit Leland : une religion semblable à la Wicca dans sa structure et pratique, avec une saveur italienne en plus via les noms de déités, esprits et sabbats. Selon lui, les Sorcières italiennes se divisent elles-mêmes en trois clans : les Fanarra du Nord de l’Italie, les Janarra et les Tanarra de l’Italie méridionale. Aucune mention n’est faite du sud de l’Italie, en dépit du fait que la majorité des immigrés italiens (venus s’installer en Amérique du Nord) , dont la mère de Grimassi fait partie, sont originaires de là-bas. Chaque tradition est dirigée par un leader connu comme un ‘Grimas’. Comme les noms des trois clans Strega, le mot “Grimas” n’est pas un mot du vocabulaire italien, ni des dialectes italiens. Les « cercles » du culte Streghe italo-américain sont appelés boschetti (“bosquet”), ils sont conduits par une Grande Prêtresse et Prêtre. Les rencontres de pleine et nouvelle lunes sont observées, ainsi que les huit sabbats. Ils vénèrent une déesse lunaire et un dieu cornu, issus du panthéon Etrusque, Uni et Tagni, également connus comme Tana et Tanus, Jana et Janus, Fana et Faunus. Les esprits ancestraux connus comme étant des Lasa, veillent sur chaque famille et divers esprits de la nature, tels Fauni, Silvani, Folletti et Linchetti jouent des rôles clefs dans la Stregheria. Les gardiens des quatre directions sont connus sous le nom de Grigori. Si les livres de Grimassi ont eu beaucoup d’influence aux Etats-Unis, les covens Stregheria qui ne sont pas de sa lignée, ne peuvent pas, de fait, suivre ses enseignements. Comme dans tout Art Néo-Païen, il y existe une grande diversité et adaptation parmi les groupes et individus. Le fil commun qui lie tous les covens Stregheria semble être leurs efforts pour donner à leurs pratiques une saveur italienne, que ce soit à travers les types de déités vénérées, la nourriture servie lors des rituels, ou l’adaptation des pratiques culturelles italiennes et italo-américaines à un contexte Païen.

Le génie de Grimassi est créateur, plutôt qu’érudit. Il ne prétend jamais reproduire exactement ce qui a été pratiqué en Italie, admettant que les Streghe ont adapté « quelques éléments Wiccan à leurs voies » (1995:xviii). Il reconnaît ouvertement qu'il « élargit » sa tradition familiale, en y ajoutant des éléments pour la reconstituer en fonction de ce qu'il imagine ce qu’était son état originel. Mais de ses tentatives de reconstruction de tradition, une toute nouvelle tradition est apparue : une tradition qui possède peu de ressemblances avec tout ce qui a été pratiqué en Italie ou au sein de communautés ethniques italo-américaines.

Bien que basée sur la magie populaire italienne, les récits historiques et compilations de folklore, la Stregheria est, comme la plupart des Sorcelleries revival, une tradition moderne. Le Folkloriste Robert Klymasz a écrit à propos des transformations du folklore après l’immigration vers une nouvelle culture. Il identifie trois schémas du folklore qui sont présents dans toutes communautés éthniques. Ceci inclut le traditionnel, avec de clairs liens aux formes du Vieux Monde ; le transitionnel, dans lequel des éléments de l’Ancien Monde se cristalisent, alors que d’autres s’adaptent au nouveau contexte, et le novateur, dans lequel un nouveau folklore se développe pour maquiller des formes plus anciennes qui ont été perdues (Klymasz, 1973). La Stregheria appartient à la dernière catégorie. Elle possède certains points communs avec la magie vernaculaire italienne, que je décrirai ci-après, mais qui sont davantages des différences que des similitudes. Sa vraie valeur réside en sa capacité à fournir aux Italo-américains contemporains un nouveau contexte dans lequel interpréter les pratiques populaires magiques qui sont restées dans leurs familles depuis nombre de générations, en donnant à ces traditions un nouvelle vie. Ainsi, elle joue un rôle vital en aidant à créer et à entretenir l’identité de ses pratiquants.

La magie vernaculaire italienne, par contraste, n’est ni une religion ni un système formel de pratiques. C’est à la fois une vision du monde et un ensemble de coutume liés à un cycle agro-pastoral qui est fortement ancré dans la vie de ses pratiquants, quasiment jamais de manière consciente. Pour la plupart de ces personnes, c’est une façon ordinaire de faire les choses et de se comporter. Alors qu’elle peut avoir des racines historiques dans les pratiques pré-chrétiennes, ce n’est définitivement pas une tradition païenne, mais elle est fermement implantée dans la matrice culturelle catholique romaine. Dans un des mes plus récents travaux, je l’ai appelée la « vision enchantée du monde», en jouant sur le trope de Max Weber : le désenchantement du monde.

(à suivre).
Journalisée
Cassandre
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« Répondre #6 le: 12 Septembre 2007 à 12:34:23 »

Essai super intéressant, qui résume bien le sujet.
Merci beaucoup Lune
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